Le sommet du G7, qui s’est tenu à Évian-les-Bains du 16 au 17 juin 2026, a réservé plusieurs surprises diplomatiques. Parmi les échanges les plus marquants, le président américain Donald Trump a affirmé avoir eu de bonnes discussions avec son homologue russe Vladimir Poutine ainsi qu’avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon Le Figaro, cette rencontre en marge du sommet marque un tournant dans les relations entre Washington et Kiev, alors que l’administration Trump avait jusqu’ici adopté une posture plus distante vis-à-vis du conflit en Ukraine.
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump a déclaré avoir eu des échanges constructifs avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky lors du sommet du G7 à Évian.
- Les dirigeants du G7 ont réaffirmé leur soutien à l’Ukraine et annoncé la production de missiles de longue portée « sous licence » en Ukraine.
- Un accord a été trouvé pour réduire la dépendance aux minerais critiques chinois, notamment pour les semi-conducteurs et les batteries électriques.
- Le G7 a appelé à la réouverture sans entrave du détroit d’Ormuz, dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient.
- Donald Trump a menacé de ne pas signer la loi FISA s’il n’obtient pas sa réforme électorale, créant une nouvelle source de tension aux États-Unis.
Un virage inattendu sur l’Ukraine
La présence de Volodymyr Zelensky à Évian a marqué les esprits. Arrivé mardi 16 juin, il a participé à une séance de travail aux côtés d’Emmanuel Macron et de Donald Trump, avant de s’entretenir en privé avec ces derniers. Selon Le Figaro, cette réunion a permis de « réaffirmer le soutien à l’Ukraine », un dossier qui avait disparu des priorités de l’administration Trump ces derniers mois. « Nous étions focalisés sur l’Iran, mais ceci va être derrière nous », a déclaré Donald Trump, laissant entendre un regain d’implication américain dans le conflit.
La Première ministre italienne Giorgia Meloni a confirmé cette évolution en déclarant : « Nous sommes parvenus à un accord avec Donald Trump sur l’Ukraine lors du G7 ». Une annonce qui contraste avec les tensions passées entre Washington et Kiev, où Zelensky était auparavant qualifié de « loser » par le président américain. Autant dire que le ton a changé, même si les détails concrets de cet accord restent à préciser.
Des annonces concrètes pour renforcer la sécurité en Europe
Les dirigeants du G7 ont acté plusieurs mesures destinées à soutenir l’Ukraine face à la Russie. Une source diplomatique a révélé que les États-Unis et certains pays européens allaient produire « sous licence » en Ukraine des missiles de longue portée et des systèmes de défense anti-aérienne. Une décision saluée par Volodymyr Zelensky, qui a qualifié cette mesure de « significative » pour la défense de son pays. Ces systèmes permettront à Kiev de renforcer ses capacités de frappe dans la profondeur, un enjeu crucial pour contrer l’avancée des troupes russes.
Par ailleurs, le G7 a réaffirmé son engagement à « accentuer la pression sur la Russie », notamment en renforçant les sanctions économiques et en soutenant les efforts de reconstruction de l’Ukraine. Emmanuel Macron a souligné que « l’unité du G7 sur ce dossier était essentielle pour envoyer un message clair à Moscou ». Une déclaration qui s’inscrit dans la continuité des prises de position européennes, mais qui prend une nouvelle dimension avec l’implication annoncée de Donald Trump.
Un sommet marqué par des tensions géopolitiques et économiques
Au-delà de l’Ukraine, le G7 a abordé plusieurs dossiers brûlants. Les dirigeants ont appelé à la réouverture sans entrave du détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le commerce mondial d’hydrocarbures. Cette demande intervient alors que l’Iran, après avoir conclu un accord avec les États-Unis, menace d’imposer des redevances pour le passage des navires. Le G7 a rappelé que « le droit de passage en transit sans entrave et sans redevance constitue la pierre angulaire du commerce international ».
Autre sujet de préoccupation : la dépendance des pays du G7 aux minerais critiques chinois, essentiels pour les technologies de pointe. Dans un communiqué conjoint, les dirigeants ont promis de « réduire les dépendances critiques » et de « faire échouer les tentatives d’instrumentalisation économique ». Une réponse directe aux restrictions imposées par Pékin en 2025 sur les exportations de ces ressources, indispensables pour les semi-conducteurs, les batteries électriques ou les systèmes d’armement.
Donald Trump en position de force à Évian
Le président américain a marqué le sommet par des déclarations fortes, notamment sur la loi FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act). Donald Trump a affirmé qu’il ne signerait pas cette loi, qui encadre la surveillance du renseignement étranger, « si ce n’est pas fait » – c’est-à-dire si son projet de réforme électorale n’est pas intégré au texte. « Je ne vais pas signer la FISA si ce n’est pas fait », a-t-il déclaré, rappelant que la sécurité nationale et les réformes électorales étaient pour lui des priorités absolues.
Son attitude lors des réunions a également surpris. Arrivé en retard à une séance de travail, il a lancé à ses homologues : « C’est moi le patron », avant de s’asseoir en souriant. Une phrase qui a suscité quelques rires, mais qui illustre la posture dominante qu’il a affichée tout au long du sommet. Pourtant, selon plusieurs observateurs, ses homologues européens auraient su le « soigner » pour faciliter les échanges, lui offrant un accueil chaleureux et des discussions apaisées.
L’intelligence artificielle et la sécurité des mineurs au cœur des débats
Un déjeuner de travail a été organisé mercredi 17 juin avec les dirigeants de plusieurs géants de la tech, dont Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic) et Arthur Mensch (Mistral AI). L’objectif ? Discuter de la sécurisation de l’intelligence artificielle, un dossier qui prend une place croissante dans les politiques publiques. Les pays du G7 devraient publier une déclaration commune sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ou 16 ans, un sujet qui fait consensus parmi les membres.
Par ailleurs, les dirigeants ont réaffirmé leur opposition à la création ou à la diffusion de contenus pédocriminels, y compris ceux générés par IA. Un principe qualifié de « non négociable » dans la conception de tout système d’intelligence artificielle. Le G7 a également appelé les plateformes numériques à coopérer avec les autorités pour lutter contre l’exposition des mineurs à l’extrémisme violent en ligne et au trafic de drogue.
Le sommet d’Évian s’est donc conclu sur un mélange de promesses et d’incertitudes, mais avec une certitude : l’implication de Donald Trump dans le dossier ukrainien change la donne. Reste à savoir si cette dynamique se concrétisera par des actions tangibles, ou si elle restera au stade des déclarations.
Cette décision vise à renforcer les capacités de défense ukrainiennes face à l’invasion russe. En produisant des missiles de longue portée « sous licence » directement en Ukraine, les pays du G7 permettent à Kiev de réduire sa dépendance aux livraisons étrangères et d’améliorer sa résilience militaire. Selon une source diplomatique citée par Le Figaro, ces systèmes incluent à la fois des missiles anti-aériens et des armes capables de frapper en profondeur le territoire occupé par la Russie.