Alors que le gouvernement finalise les contours du budget 2027, le député européen du Rassemblement national (RN) Laurent Jacobelli a clairement indiqué, lors de son passage sur le plateau des « 4 Vérités » ce 17 juin 2026 sur France 2, que son groupe voterait très probablement contre le texte si le gouvernement venait à utiliser le 49.3. Cette position s’inscrit dans un contexte où les tensions politiques s’exacerbent autour des choix budgétaires, alors que l’exécutif, jugé en « fin de vie », serait selon lui peu enclin à engager un véritable débat parlementaire.

Interrogé par le journaliste Alexandre Peyrout sur la stratégie de son parti face à un éventuel recours à l’article 49.3 de la Constitution, Laurent Jacobelli a répondu sans ambiguïté : « Très probablement » son groupe censurera le budget. Il a justifié cette posture par l’incapacité, selon lui, du gouvernement actuel à prendre des décisions budgétaires adaptées aux besoins des Français, dénonçant un déséquilibre persistant entre hausse des prélèvements et stagnation de l’activité économique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le RN menace de censurer le budget 2027 si le gouvernement recourt au 49.3, selon les déclarations de Laurent Jacobelli sur France 2 ce 17 juin 2026.
  • Le député européen justifie cette position par un budget « déséquilibré », avec des impôts en hausse et une croissance atone, selon ses propos.
  • Jacobelli critique également le recours à des « intermédiaires » comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qu’il accuse de privilégier d’autres intérêts que ceux de la France.
  • Sur le plan international, il défend un dialogue bilatéral renforcé avec les États-Unis, malgré les tensions commerciales récentes, tout en dénonçant le « poids fiscal excessif » sur les carburants.

Un gouvernement en « fin de vie » et un budget contesté

Pour Laurent Jacobelli, le gouvernement actuel, en place depuis 2022, est désormais « en fin de vie » et incapable de mener une politique budgétaire responsable. « Il n’y aura pas de débat, parce qu’on a un gouvernement en fin de vie qui est incapable de prendre les bonnes décisions budgétaires pour les Français », a-t-il affirmé, soulignant que les Français « doivent se serrer la ceinture » tandis que le budget reste déséquilibré. Il a également dénoncé l’augmentation continue des prélèvements obligatoires, alors que l’emploi et la croissance « stagnent, voire régressent ».

Le député a critiqué le manque de moyens alloués à la justice, évoquant un besoin de doubler le nombre de magistrats en France pour se rapprocher des standards européens. Il a rappelé que le système judiciaire français était aujourd’hui « à la traîne » par rapport à ses voisins, avec une philosophie centrée sur l’excuse du coupable plutôt que sur la protection de la victime. « Tant qu’exercer le coupable sera plus important qu’indemniser la victime, on aura un problème », a-t-il résumé.

Les relations franco-américaines au cœur des débats

Laurent Jacobelli a également abordé la question des relations entre la France et les États-Unis, alors qu’Emmanuel Macron reçoit Donald Trump au château de Versailles ce 17 juin pour un dîner de gala marquant les 250 ans de l’indépendance américaine. Pour le député RN, ce dialogue bilatéral direct est préférable aux négociations menées par l’Union européenne, qu’il accuse de « privilégier d’autres intérêts que ceux de la France ».

« Les États-Unis sont un partenaire turbulent et difficile ces derniers temps, mais nous avons une longue tradition d’amitié », a-t-il déclaré, ajoutant que « la France doit retrouver une voix forte dans le concert des nations », à l’image du général de Gaulle. Il a cependant tempéré son enthousiasme en rappelant que Washington n’avait pas toujours écouté Paris par le passé, tout en insistant sur la nécessité de « se dire les quatre vérités face à face » pour résoudre les différends commerciaux, comme celui portant sur les droits de douane sur les vins.

Sur la question des carburants, Jacobelli a rejeté la responsabilité des prix élevés à la pompe sur la politique de Donald Trump, imputant plutôt les difficultés à la fiscalité française. « Le problème n’est pas chez Donald Trump pour les prix à la pompe, mais il est chez nous. On doit le régler. D’abord, trop de taxes », a-t-il assené, avant de proposer une baisse de la TVA sur l’essence, passant de 20 % à 5,5 %, pour redonner du pouvoir d’achat aux Français.

Justice et sécurité : les priorités selon le RN

La question de la justice a occupé une place centrale dans l’interview, notamment après l’affaire Lyhanna, jeune victime de violences sexuelles, et les manifestations qui ont suivi pour réclamer une loi intégrale sur la prévention et la prise en charge des victimes. Laurent Jacobelli a reconnu la nécessité d’améliorer la situation, tout en rappelant que « la loi existe aujourd’hui ». « Il est interdit, évidemment, d’agresser, et plus particulièrement des enfants », a-t-il souligné, avant de dénoncer un « cumul de dysfonctionnements » dans la chaîne judiciaire.

Il a cité l’exemple des gendarmes ayant « rabroué une mère de famille dont la fille était victime de viol », évoquant une « philosophie de la justice » qui privilégie trop souvent les aménagements de peine et l’excuse du coupable. Pour le RN, la solution passe par une augmentation des moyens alloués à la justice, mais aussi par un changement de doctrine : « Il faut que la victime soit au centre de nos préoccupations », a-t-il insisté. Concernant les peines encourues pour les crimes sexuels sur mineurs, Jacobelli a rappelé que son parti était favorable à la « perpétuité réelle et incompressible », tout en réaffirmant son opposition à la peine de mort, malgré une proposition de référendum d’initiative citoyenne sur le sujet.

« Ce n’est pas constitutionnel aujourd’hui. Je répondais simplement à une question théorique sur le référendum d’initiative citoyenne. » — Laurent Jacobelli, sur l’hypothèse d’un référendum sur la peine de mort.

Et maintenant ?

La menace de censure brandie par le RN pourrait peser sur les négociations budgétaires à venir, alors que le gouvernement devrait présenter son projet de loi de finances pour 2027 dans les prochains mois. Si le recours au 49.3 devait être acté, une motion de censure serait susceptible d’être déposée, avec un vote attendu avant la fin de l’année. Par ailleurs, les relations franco-américaines resteront sous haute surveillance, alors que les deux pays doivent gérer leurs différends commerciaux et diplomatiques. Enfin, la question de la fiscalité des carburants et de la justice devrait continuer à alimenter le débat politique, dans un contexte économique marqué par une croissance atone et des finances publiques sous tension.

Laurent Jacobelli a conclu l’entretien en réaffirmant la volonté de son parti de « faire la chasse à la mauvaise taxe et à la mauvaise norme » pour relancer l’activité, tout en appelant à un « budget équilibré » et à un recentrage des dépenses sur les priorités des Français. Reste à voir si ses propositions trouveront un écho auprès de l’exécutif ou si les tensions politiques viendront, une fois encore, bloquer le processus législatif.

Le 49.3 est un article de la Constitution française permettant au gouvernement d’adopter un texte de loi sans vote parlementaire, sauf si une motion de censure est votée dans les 48 heures. Le RN, par la voix de Laurent Jacobelli, menace de censurer le budget 2027 si le gouvernement y recourt, estimant que l’exécutif, jugé en « fin de vie », est incapable de mener une politique budgétaire responsable et équilibrée.

Le RN propose de réduire la TVA sur les carburants, passant de 20 % à 5,5 %, afin de redonner du pouvoir d’achat aux Français. Laurent Jacobelli a également dénoncé le « poids fiscal excessif » sur les prix à la pompe, imputant les difficultés aux taxes françaises plutôt qu’à la politique de Donald Trump.