D’après Numerama, le constructeur chinois Geely a conclu un accord avec Ford pour racheter une partie de son usine d’Almussafes, située près de Valence en Espagne. Selon les informations publiées le 5 mai 2026 par le quotidien espagnol La Tribuna de Automoción et reprises par Numerama, ce rachat concerne spécifiquement la ligne de production « Body 3 », l’une des trois chaînes d’assemblage de l’usine.
Ce qu'il faut retenir
- Geely rachète la ligne « Body 3 » de l’usine Ford d’Almussafes, près de Valence, pour y produire ses propres véhicules électriques en Europe.
- La plateforme modulaire GEA servira de base à la fabrication de modèles hybrides, hybrides rechargeables et 100 % électriques, dont la citadine EX2.
- En échange, Ford pourrait confier à Geely la production du nouveau Bronco, un 4×4 électrique prévu pour 2027, sur la même architecture.
- L’usine, dont la production annuelle avant la crise sanitaire atteignait 300 000 véhicules, cherche à relancer ses volumes d’assemblage.
- La citadine EX2, déjà un succès en Chine avec plus de 465 000 ventes en 2025, vise le marché européen avec une autonomie annoncée de 325 km WLTP en version électrique.
Une usine espagnole au cœur d’une stratégie industrielle
Installée en Espagne, l’usine Ford d’Almussafes était autrefois un pilier de la production européenne du constructeur américain. Cependant, son activité a fortement diminué ces dernières années, notamment en raison de la baisse des ventes de véhicules thermiques et des perturbations liées à la pandémie. La ligne « Body 3 », la plus récente des trois chaînes de montage, est aujourd’hui sous-utilisée : elle n’accueille qu’un seul modèle, le Ford Kuga, dont la version thermique est majoritairement produite sur les deux autres lignes.
C’est précisément cette ligne que Geely a choisi de racheter, selon Numerama. Pour le constructeur chinois, cette acquisition représente une opportunité de s’implanter durablement en Europe en disposant de ses propres capacités de production. Pour Ford, cela pourrait permettre de redynamiser l’usine en confiant à Geely une partie de sa production, tout en bénéficiant d’un partenaire pour développer des véhicules électriques sur une plateforme commune.
La plateforme GEA, socle d’une collaboration inédite
Les modèles produits par Geely sur la ligne « Body 3 » reposeront sur la plateforme modulaire GEA (Global Intelligent Electric Architecture), conçue pour accueillir aussi bien des véhicules 100 % électriques, hybrides ou hybrides rechargeables. Cette flexibilité technologique permettra à Geely de répondre à la demande croissante en Europe pour des modèles abordables et polyvalents. Le premier modèle phare annoncé est la Geely EX2, une citadine de 4,13 mètres dotée d’une batterie LFP de 39 kWh, offrant une autonomie de 325 km selon le cycle WLTP.
En Chine, la EX2 s’est imposée comme un succès commercial, devenant en 2025 la voiture la plus vendue tous segments confondus avec plus de 465 000 exemplaires écoulés. Son arrivée en Europe vise à concurrencer directement des modèles comme la Renault 5 E-Tech, dans un marché où les citadines électriques abordables connaissent une forte croissance. Comme le souligne Numerama, ce choix stratégique s’inscrit dans une logique de volume et de compétitivité face aux constructeurs européens traditionnels.
Ford mise sur le Bronco pour relancer l’usine
Pour Ford, ce partenariat avec Geely pourrait se traduire par la production du nouveau Bronco, un 4×4 emblématique dont le retour était annoncé pour 2027. Initialement prévu pour être assemblé à Almussafes aux côtés du Kuga, le Bronco pourrait désormais adopter la plateforme GEA, une architecture modulaire initialement conçue pour les véhicules électriques et hybrides. Cette décision, si elle est confirmée, permettrait à Ford de rationaliser sa production et d’optimiser l’utilisation des capacités restantes de l’usine.
Les dirigeants de Ford n’ont pas encore précisé si la version européenne du Bronco diffèrera de celle commercialisée en Chine, où un modèle électrique est déjà en développement. Quoi qu’il en soit, cette collaboration pourrait permettre à l’usine d’Almussafes de retrouver un niveau de production proche de ses 300 000 véhicules annuels, un objectif évoqué par Numerama pour justifier cette stratégie industrielle.
Un contexte marqué par la concurrence asiatique en Europe
Cette annonce intervient alors que les constructeurs chinois accélèrent leur offensive sur le marché européen, où les véhicules électriques sont de plus en plus plébiscités. Après des rumeurs concernant un possible partenariat entre Stellantis et la marque chinoise Hongqi, c’est désormais Geely qui franchit une étape concrète en s’installant directement sur le sol européen. Comme le rapporte Numerama, ce mouvement s’inscrit dans une logique de diversification des approvisionnements et de réduction des coûts face à la concurrence des constructeurs locaux.
Pour Geely, cette implantation en Espagne représente une opportunité de contourner les barrières douanières et de bénéficier d’un accès privilégié au marché unique européen. Pour Ford, qui peine à maintenir ses parts de marché en Europe, ce partenariat pourrait s’avérer crucial pour moderniser son outil industriel et répondre aux exigences réglementaires en matière d’émissions de CO₂.
En attendant, l’usine d’Almussafes, qui emploie plusieurs milliers de salariés, devrait voir ses effectifs maintenus, voire renforcés, grâce à cette relance de l’activité. Pour Ford, cette opération pourrait aussi servir de test pour d’éventuelles futures collaborations industrielles en Europe, où la transition vers l’électrique s’accélère.
D’après Numerama, Ford cherche à relancer la production de son usine d’Almussafes, dont les volumes avaient chuté après la crise sanitaire. En confiant une partie de sa capacité à Geely, le constructeur américain espère maintenir l’activité tout en bénéficiant d’un partenaire pour produire des véhicules électriques sur une plateforme commune. Cette stratégie permettrait à Ford de réduire ses coûts et de se concentrer sur d’autres segments de marché.
Non, selon les informations de Numerama, la Geely EX2 sera produite par Geely et commercialisée sous sa propre marque en Europe. Ce modèle vise à concurrencer directement les citadines électriques européennes comme la Renault 5 E-Tech, sans lien direct avec Ford, qui utilisera la plateforme GEA pour d’autres modèles.