L’Italien Davide Ballerini (XDS Astana Team) s’est imposé jeudi 14 mai 2026 lors de la sixième étape du Giro, longue de 141 kilomètres entre Paestum et Naples, après un final marqué par des chutes en cascade sur les pavés rendus glissants par une météo capricieuse. Le Français Paul Magnier (Soudal Quick-Step), contraint de s’arrêter à 600 mètres de l’arrivée, a finalement décroché la troisième place, tandis que le Portugais Afonso Eulalio (Bahrain-Victorious) conservait son maillot rose au classement général.

Ce qu'il faut retenir

  • Davide Ballerini remporte sa première victoire sur le Giro 2026 en devançant Jasper Stuyven (Soudal Quick-Step) après un final chaotique.
  • Paul Magnier, initialement bloqué par une chute, termine troisième et renforce son avance au classement par points.
  • Quatre Italiens (Vergallito, Marcellusi, Tarozzi, Bais) ont animé l’échappée matinale avant d’être repris à 37 km de l’arrivée.
  • Un spectateur a tenté d’intimider les coureurs sur un rond-point, déclenchant une mise en garde officielle du Giro.
  • Eulalio conserve le maillot rose avant la 7e étape, qui se conclura par l’ascension du Blockhaus, une difficulté de 13,6 km à 8,4 %.

Un sprint volé dans le chaos des pavés napolitains

La sixième étape du Giro 2026 s’est terminée sous haute tension, avec un final sur 600 mètres de pavés détrempés par une pluie fine et persistante. Plusieurs coureurs, dont Dylan Groenewegen (Unibet Rose Rockets) et ses coéquipiers, sont tombés ou ont dû s’arrêter net, offrant à Ballerini l’opportunité de s’imposer seul. « Je pense que j’étais parmi les plus forts, l’arrivée me convenait vraiment. J’étais très bien placé, malheureusement les mecs devant moi sont tombés, ça m’a ralenti », a déclaré Paul Magnier à Eurosport, concédant une troisième place qui sauve néanmoins l’honneur pour l’équipe Soudal Quick-Step. « J’ai dû déclipser, j’ai fait un beau sprint mais c’était trop tard. C’est aussi dommage que Jasper (Stuyven) n’arrive pas à passer Ballerini dans le final. L’équipe avait fait du très bon travail, donc pas mal de déception quand même. »

Le classement par points sourit à Magnier, Eulalio reste sous pression

Malgré la déception, Paul Magnier consolide son maillot cyclamen au classement par points. Avec 66 points d’avance sur Jonathan Milan (Lidl-Trek), lui aussi gêné dans le final, le Français s’assure une confortable avance. De son côté, Afonso Eulalio (Bahrain-Victorious) a traversé l’étape sans encombre, protégé par le peloton. Le Portugais, qui porte le maillot rose depuis plusieurs jours, devra however faire face à une nouvelle épreuve dès vendredi : le Blockhaus, une montée de 13,6 kilomètres à 8,4 % de moyenne, qui pourrait redistribuer les cartes au classement général.

Une étape moins agitée que la veille, mais des incidents à signaler

Contrairement à la cinquième étape, marquée par la pluie, les chutes et une erreur d’aiguillage à Potenza, la sixième s’est déroulée dans une relative tranquillité jusqu’aux derniers hectomètres. Quatre Italiens – Luca Vergallito, Martin Marcellusi, Manuele Tarozzi et Mattia Bais – ont tenté leur chance en tête de course, mais ont été repris à 37 kilomètres de l’arrivée par un peloton lancé à vive allure. Le calme relatif a été troublé par un incident impliquant un spectateur : sur un rond-point, un homme a tenté d’intimider les coureurs en les surprenant par des gestes brusques, avant d’être rapidement interpellé. Le Giro a réagi via son compte officiel sur X (ex-Twitter), rappelant l’importance du respect pour les coureurs et la course : « Il y a une ligne à ne pas franchir. Ne soyez pas comme ce monsieur. »

La route se tend vers le Blockhaus, défi clé de la 7e étape

Après cette étape mouvementée, l’attention se porte désormais vers la 7e étape, programmée ce vendredi 15 mai, qui se terminera au sommet du Blockhaus. Cette ascension, longue de 13,6 kilomètres avec une pente moyenne de 8,4 %, est considérée comme l’une des difficultés majeures de ce Giro 2026. Les favoris, dont Eulalio, devront y livrer une bataille serrée pour conserver leur avantage au classement général. Les équipes auront à cœur de préparer leurs leaders pour cette montée, tandis que les sprinteurs comme Magnier tenteront de glaner des points supplémentaires au classement par points.

Et maintenant ?

La 7e étape s’annonce comme un tournant décisif pour le maillot rose. Si Eulalio parvient à résister à l’ascension du Blockhaus, son avance pourrait se renforcer. En revanche, une attaque de l’un de ses poursuivants – comme Tadej Pogačar (UAE Team Emirates) ou Primož Roglič (Red Bull-Bora Hansgrohe) – pourrait redistribuer les cartes. Quant aux sprinteurs, ils se concentreront sur les prochaines arrivées en ligne, où des opportunités pourraient se présenter après les étapes de montagne. La suite du Giro dépendra largement de la forme des leaders et de leur capacité à gérer les écarts en montagne.

« Il y a une ligne à ne pas franchir. Ne soyez pas comme ce monsieur. »
— Giro d’Italia (@giroditalia), 14 mai 2026

Paul Magnier : « L’équipe avait fait du très bon travail »

Interrogé sur son parcours, Paul Magnier a reconnu que son équipe avait « fait du très bon travail » avant de déplorer les circonstances de l’arrivée. « J’étais très bien placé, malheureusement les mecs devant moi sont tombés, ça m’a ralenti. J’ai dû déclipser, j’ai fait un beau sprint mais c’était trop tard », a-t-il expliqué, soulignant que la chute de ses adversaires lui avait coûté une deuxième place. Malgré cette déception, le Français peut se consoler avec son avance au classement par points, où il devance Jonathan Milan de 66 points.

Davide Ballerini, lui, savoure sa première victoire sur le Giro. À 31 ans, le coureur de l’équipe XDS Astana Team a profité du chaos pour s’imposer devant son compatriote Jasper Stuyven. Une performance qui pourrait marquer le début d’une belle dynamique pour la suite de la course.

La prochaine grande difficulté du Giro 2026 interviendra lors de la 10e étape, prévue le 18 mai, avec l’ascension du Passo Pordoi, un col mythique des Dolomites culminant à 2 239 mètres d’altitude. Cette montée, longue de 15,6 kilomètres avec des passages à 9 %, pourrait être décisive pour le classement général.

Paul Magnier possède une avance de 66 points sur Jonathan Milan au classement par points, comme l’a confirmé le directeur de course à l’issue de la 6e étape. Cette marge devrait permettre au Français de conserver son maillot cyclamen, sauf incident majeur.