Les feux de forêt qui ravagent la Gironde depuis plusieurs jours plongent le département dans une situation économique inédite. Selon BFM Business, plus de 13 000 entreprises, dont une majorité d’artisans et de commerces, ont été évacuées, privant quelque 130 000 salariés de leur activité. Une crise qui s’ajoute aux difficultés structurelles déjà pesantes, notamment pour le tourisme, cœur battant de l’économie locale.
Ce qu'il faut retenir
- 13 000 entreprises évacuées en Gironde, dont 7 000 artisanales et 6 300 commerciales, selon le ministre de l’Économie Roland Lescure.
- Près de 130 000 personnes ne peuvent plus travailler, un chiffre confirmé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Gironde.
- Le secteur du tourisme, déjà en difficulté, est « affecté de façon très brutale », alerte Patrick Seguin, président de la CCI.
- Un dispositif d’activité partielle a été annoncé pour soutenir les entreprises, tandis qu’une enveloppe spécifique serait en cours de préparation par l’État.
- Les incendies, d’une ampleur « jamais vue », ont détruit des bâtiments et infrastructures, plongeant les acteurs locaux dans l’incertitude.
Un bilan économique et humain sans précédent
Les incendies en Gironde, d’une intensité exceptionnelle, ont entraîné l’évacuation de 13 000 entreprises, selon les chiffres communiqués lundi par Roland Lescure, ministre de l’Économie, à l’issue d’une réunion avec les acteurs économiques locaux. Parmi elles, 7 000 entreprises artisanales et 6 300 commerces sont directement impactés. « Plus de 13 000 entreprises ne peuvent, évidemment, mener leur activité normale », a-t-il précisé. De son côté, Patrick Seguin, président de la CCI de Gironde, a estimé que 14 500 entreprises étaient concernées, soit près de 130 000 salariés dans l’incapacité de travailler.
Patrick Seguin, qui s’est rendu sur place lundi matin, a décrit une situation « folle » dans certaines zones, comme au Porge, où « tout est rasé, tout est brûlé ». « Je suis inquiet, parce que c’est difficile de voir ce que l’on voit sur le terrain. On n’a jamais vu ça, on n’a jamais vécu ça », a-t-il déclaré. La CCI a mis en place une cellule de crise accessible via le numéro 3006, dédié aux entreprises sinistrées.
Un secteur touristique en première ligne
Le tourisme, pilier de l’économie girondine, est particulièrement touché. « Le secteur du tourisme est actuellement affecté de façon très brutale », a souligné Patrick Seguin. Si les entreprises détruites restent minoritaires, plusieurs artisans et PME ont vu leurs locaux réduits en cendres. « Ces entreprises-là ont tout perdu », a-t-il insisté. Même si certaines activités comme l’œnotourisme ou la visite de Saint-Émilion restent possibles, l’image désastreuse renvoyée par les médias dissuade les touristes de venir.
« On était dans une économie qui souffrait déjà, avec une augmentation assez sensible des dépôts de bilan cette année par rapport à l’année dernière », a rappelé le président de la CCI. Les entreprises étaient déjà pénalisées par la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient. « Là, c’est un coup de massue sur une grande partie du département, qui est essentiellement touristique », a-t-il résumé. Le ministre Roland Lescure a confirmé que l’État préparait une « enveloppe spécifique » pour accompagner l’économie locale, déjà fragilisée.
Des mesures d’urgence pour limiter la casse
Face à l’ampleur de la crise, un dispositif d’activité partielle a été annoncé pour soutenir les entreprises évacuées. Roland Lescure a indiqué qu’une enveloppe spécifique serait débloquée, bien que les montants n’aient pas encore été précisés. « On a appris lors de la réunion avec le ministère qu’il y aurait une enveloppe spécifique qui allait être décidée par l’État pour accompagner l’ensemble de l’économie », a confirmé Patrick Seguin.
La CCI de Gironde a mis en place une cellule de crise pour centraliser les demandes des entreprises. Le numéro 3006 doit servir de relais unique pour les professionnels touchés. « C’est le point de relais pour toutes les entreprises », a expliqué Patrick Seguin. Malgré ces initiatives, l’incertitude plane sur la capacité des acteurs locaux à se relever rapidement.
Un contexte économique déjà tendu avant la crise
Les incendies surviennent dans un département déjà en difficulté économique. « On était dans une économie qui souffrait déjà, avec une augmentation assez sensible des dépôts de bilan cette année par rapport à l’année dernière », a rappelé Patrick Seguin. Les entreprises étaient déjà fragilisées par la crise énergétique, elle-même liée au conflit au Moyen-Orient. « Toutes les activités vont être impactées », a-t-il ajouté, soulignant que le choc dépasse le seul secteur touristique.
La Gironde, réputée pour ses vignobles et son attractivité touristique, voit son image durablement affectée. Les médias nationaux et internationaux relayant les images des incendies, la région doit désormais composer avec un déficit d’attractivité. « Vu ce que les touristes français et étrangers voient en suivant les médias, ça ne donne pas envie de venir », a souligné Patrick Seguin, tout en nuancant : « On peut très bien visiter Saint-Émilion par exemple ou faire de l’œnotourisme dans les vignobles ».
Les incendies en Gironde rappellent une fois de plus la vulnérabilité des territoires face aux catastrophes naturelles, mais aussi l’importance des dispositifs de solidarité économique. Reste à savoir si les promesses de soutien se concrétiseront à temps pour éviter un effondrement des structures locales.
Un dispositif d’activité partielle a été annoncé, ainsi qu’une enveloppe spécifique de l’État. Les montants exacts restent à préciser, mais la CCI de Gironde a mis en place un numéro unique, le 3006, pour centraliser les demandes des entreprises sinistrées.
Le tourisme est durement touché, avec une image dégradée auprès des voyageurs. Bien que certaines activités (œnotourisme, visite de Saint-Émilion) restent possibles, la baisse de fréquentation semble inévitable à court terme. La reprise dépendra de l’évolution des feux et de la communication autour des sites encore accessibles.