Google a signé un accord historique avec SpaceX, filiale d’Elon Musk, pour louer la capacité de calcul des centres de données de l’entreprise spatiale. Selon Euronews FR, ce contrat, d’une durée de 32 mois, représente un investissement total de 920 millions d’euros par mois, soit un engagement financier de près de 30 milliards d’euros jusqu’en juin 2029.

L’accord intervient à quelques jours de l’introduction en Bourse (IPO) de SpaceX, prévue prochainement. Cette opération s’ajoute à un autre contrat similaire signé avec Anthropic en mai 2026. Pour rappel, en 2015, c’est Alphabet, la maison mère de Google, qui avait investi dans SpaceX alors valorisée à seulement 12 milliards de dollars. Aujourd’hui, l’entreprise spatiale envisage une IPO sur la base d’une valorisation dépassant 1 750 milliards de dollars, un montant qui pourrait encore être revu à la hausse grâce à cet accord.

Ce qu'il faut retenir

  • Google paiera 920 millions d’euros par mois pendant 32 mois (soit 30 milliards d’euros au total) pour louer les supercalculateurs de SpaceX.
  • L’accord couvre la période d’octobre 2026 à juin 2029 et prévoit des pénalités si SpaceX ne respecte pas ses engagements en termes de puissance de calcul.
  • SpaceX exploite désormais plusieurs méga-centres de données aux États-Unis, dits « Colossus », d’une capacité totale de plus de 2 GW.
  • L’entreprise, issue de la fusion avec xAI en février 2026, affiche une valorisation estimée à 1 250 milliards de dollars.
  • Google utilise 110 000 GPU Nvidia dans les centres de SpaceX pour répondre à la demande croissante en infrastructures d’intelligence artificielle.

Un revirement stratégique pour SpaceX et Google

L’accord marque un renversement de situation notable dans les relations entre les deux entreprises. Il y a cinq ans, c’est Google qui fournissait à SpaceX des ressources de calcul pour soutenir le déploiement des services internet via les satellites Starlink. Désormais, SpaceX, renforcée par le rachat de xAI – sa filiale dédiée à l’intelligence artificielle –, devient un acteur majeur de l’infrastructure cloud, capable de rivaliser avec les géants technologiques traditionnels.

Dans son document d’introduction en Bourse, SpaceX souligne que « notre infrastructure de calcul et la stratégie qui l’accompagne nous offrent une grande flexibilité dans la manière dont nous allouons et monétisons notre capacité ». Cette diversification permet à l’entreprise de maximiser la rentabilité de ses investissements colossaux dans les centres de données « Colossus », dont la capacité dépasse les 2 GW.

Des enjeux techniques et financiers majeurs

Selon les termes du contrat, Google bénéficiera de l’accès à 110 000 GPU Nvidia, des processeurs et composants mémoire installés dans les data centers de SpaceX. La période d’utilisation débutera en octobre 2026, mais l’accord inclut une clause de dédit : si SpaceX ne parvient pas à fournir la quantité de GPU promise d’ici le 30 septembre 2026, Google pourra résilier le contrat ou accepter une livraison partielle avec des pénalités réduites après un délai d’un mois.

Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de Google pour renforcer ses capacités de calcul, alors que la demande en plateformes et agents d’IA explose, notamment parmi les grandes entreprises. NBC, citée par Euronews FR, rapporte que le géant américain cherche à anticiper une croissance soutenue de ses services cloud, face à des concurrents comme Microsoft ou Amazon Web Services.

Un modèle économique en pleine mutation

La fusion entre SpaceX et xAI a transformé l’entreprise en un acteur incontournable du secteur des infrastructures cloud. Avec une valorisation estimée à 1 250 milliards de dollars, SpaceX se positionne désormais comme un concurrent sérieux pour les géants traditionnels du cloud. L’accord avec Google, suivi de celui signé avec Anthropic, illustre cette nouvelle donne économique.

Elon Musk, à travers ses déclarations, met en avant ces partenariats comme une preuve de la pertinence des investissements réalisés dans les centres de données « Colossus ». Pourtant, le modèle d’IA Grok, développé par xAI, reste pour l’heure non rentable. Malgré cela, Musk mise sur ces accords pour démontrer la viabilité à long terme de son infrastructure.

Des défis réglementaires pour xAI

Parallèlement à ces développements, xAI fait face à des enjeux juridiques et réglementaires croissants. Le modèle Grok, utilisé pour générer des contenus, a été pointé du doigt pour la production de pornographie deepfake non consensuelle. Plusieurs enquêtes et procès sont en cours à l’échelle mondiale, notamment au Royaume-Uni où les sanctions pour violation du RGPD peuvent atteindre 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial.

Ces procédures judiciaires pourraient impacter la réputation et la valorisation de xAI, alors que l’entreprise prépare son introduction en Bourse. La question de la régulation des contenus générés par l’IA reste donc un sujet brûlant, susceptible d’influencer les décisions des investisseurs et des autorités.

Et maintenant ?

L’introduction en Bourse de SpaceX, prévue dans les prochaines semaines, sera un moment clé pour évaluer l’impact réel de cet accord avec Google. Si la valorisation dépasse les 1 750 milliards de dollars, comme le suggèrent les estimations actuelles, cela pourrait marquer une étape historique pour le secteur spatial et technologique. Pour Google, cet investissement vise à sécuriser ses capacités cloud face à une demande en IA toujours plus forte. Reste à voir si SpaceX parviendra à respecter ses engagements techniques d’ici la date butoir de septembre 2026.

Enfin, l’issue des enquêtes contre xAI pourrait influencer la confiance des marchés envers l’entreprise, alors qu’elle s’apprête à entrer en Bourse. Une régulation plus stricte des contenus générés par l’IA pourrait également redéfinir les règles du jeu pour l’ensemble du secteur.