Les travailleurs du port de Santa Cruz de Tenerife (Îles Canaries, Espagne) ont annoncé une grève pour demain, vendredi 8 mai 2026, afin de protester contre l'accostage d'un paquebot en provenance de Sainte-Hélène, territoire britannique d'outre-mer où plusieurs cas de hantavirus ont été recensés ces dernières semaines, comme le rapporte BMF - International.
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte sanitaire marqué par la détection de cinq cas confirmés et trois cas suspects de hantavirus parmi les passagers ayant débarqué à Sainte-Hélène, selon les dernières données communiquées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le navire, dont l'identité n'a pas été précisée, est en route vers les îles Canaries, où les autorités locales ont déjà commencé à évaluer les risques pour la population locale.
Ce qu'il faut retenir
- Une grève est prévue demain, 8 mai 2026, au port de Santa Cruz de Tenerife (Îles Canaries) pour protester contre l'arrivée d'un paquebot lié à des cas de hantavirus.
- Cinq cas confirmés et trois cas suspects de hantavirus ont été enregistrés à Sainte-Hélène, territoire britannique d'outre-mer.
- Le navire est en route vers les îles Canaries, où les autorités sanitaires locales évaluent le risque pour la population, jugé « faible » par le directeur général de l'OMS.
- L'OMS a informé douze pays dont des ressortissants ont débarqué à Sainte-Hélène, tout en rappelant que le risque pour les Européens reste « faible ».
- Les travailleurs du port craignent une propagation du virus via les passagers ou les équipements du navire.
Une mobilisation préventive face à l'arrivée d'un paquebot suspect
La grève, organisée par les syndicats des dockers, vise à alerter les autorités espagnoles et européennes sur les risques potentiels liés à l'arrivée de ce navire. Selon les informations disponibles, le paquebot transporte des passagers ayant séjourné à Sainte-Hélène, où plusieurs cas de hantavirus ont été identifiés ces dernières semaines. Les travailleurs du port de Tenerife, conscients des enjeux sanitaires, refusent de prendre le moindre risque et exigent des garanties supplémentaires avant tout débarquement, explique un porte-parole du syndicat des dockers, cité par BMF - International.
Les autorités locales ont d'ores et déjà mis en place des protocoles de surveillance renforcée, notamment au niveau des points d'entrée du port. Des équipes sanitaires sont mobilisées pour inspecter le navire à son arrivée et effectuer des tests si nécessaire. « Nous prenons cette situation très au sérieux », a déclaré un responsable de la santé publique des Canaries, sans pour autant préciser les mesures concrètes qui seront appliquées.
Le hantavirus, un virus rare mais aux conséquences potentiellement graves
Le hantavirus est une maladie virale transmise principalement par les rongeurs, mais qui peut également se propager par contact avec des surfaces contaminées ou, dans de rares cas, par transmission interhumaine. Les symptômes, qui apparaissent généralement entre deux et quatre semaines après l'exposition, incluent fièvre, douleurs musculaires et fatigue intense. Dans les cas les plus graves, la maladie peut évoluer vers une insuffisance rénale ou respiratoire, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 30 à 50 % en l'absence de traitement, selon les données de l'OMS.
D'après le chef de l'OMS, « ce n'est pas le début d'une pandémie », mais les autorités sanitaires restent vigilantes. « Nous avons informé les douze pays concernés par les passagers ayant transité par Sainte-Hélène », a-t-il précisé, tout en rappelant que le risque pour les habitants des Canaries est évalué comme « faible ». Pour autant, l'organisation internationale n'exclut pas la possibilité de voir d'autres cas apparaître dans les prochains jours ou semaines, en fonction de l'évolution de la situation.
L'Europe et l'Espagne face à un défi sanitaire et logistique
La Commission européenne a également réagi à cette alerte, insistant sur le fait que le risque pour les Européens reste « faible ». « Les mesures de surveillance et de prévention mises en place par les États membres sont adaptées pour faire face à ce type de situation », a souligné un porte-parole de la Commission, sans pour autant entrer dans les détails des protocoles appliqués. En Espagne, le ministère de la Santé a rappelé que les ports de croisière étaient équipés de systèmes de détection et de réponse rapide en cas de suspicion de maladie contagieuse.
Côté espagnol, les autorités des Canaries ont déjà activé des cellules de crise pour coordonner la réponse à cette éventuelle arrivée de cas. « Nous suivons les recommandations de l'OMS et de l'ECDC [Centre européen de prévention et de contrôle des maladies] », a indiqué un responsable régional, précisant que des tests pourraient être réalisés sur les passagers si nécessaire. Pour l'heure, aucun cas n'a été signalé sur le territoire espagnol, mais la vigilance reste de mise.
Cette crise rappelle également l'importance de la coordination internationale face aux risques sanitaires transfrontaliers, un enjeu qui sera probablement au cœur des débats lors de la prochaine réunion du Conseil de l'Europe, prévue en juin 2026.
Le hantavirus provoque généralement de la fièvre, des douleurs musculaires et une fatigue intense. Dans les cas graves, il peut entraîner une insuffisance rénale ou respiratoire. La transmission se fait principalement par inhalation de particules infectieuses provenant des excréments de rongeurs, mais des cas de transmission interhumaine ont également été signalés, bien que très rares.