Depuis l’accord signé en février 2026 entre les États-Unis et l’Iran, censé apaiser les tensions au Proche-Orient, les conséquences économiques pour Dubaï restent bien réelles. Selon Libération, c’est la main-d’œuvre immigrée asiatique de l’émirat qui subit de plein fouet la dégradation du marché du travail. Les emplois s’effondrent, les touristes se font rares, et les migrants du Golfe subissent une fois de plus le contrecoup d’une crise qu’ils n’ont pas provoquée.

Ce qu'il faut retenir

  • L’accord Washington-Téhéran de février 2026 n’a pas enrayé la baisse des emplois pour les travailleurs immigrés à Dubaï, selon Libération.
  • La disparition des touristes et la réduction des activités économiques locales ont entraîné la suppression de nombreux postes.
  • Les travailleurs asiatiques, souvent recrutés sous contrats précaires, sont les premières victimes de cette crise.
  • Cette situation illustre la vulnérabilité des migrants dans la région face aux chocs géopolitiques.

Un accord de paix sans effet sur le terrain

Le 14 février 2026, Washington et Téhéran ont annoncé un accord historique mettant fin à des années de tensions militaires. Pourtant, à Dubaï, l’émirat le plus riche des Émirats arabes unis, cet accord n’a pas suffi à relancer l’économie locale. D’après Libération, les secteurs clés comme le tourisme, l’hôtellerie et la construction subissent une chute brutale de l’activité. « Depuis février, c’est l’enfer », résume un travailleur bangladais interrogé par le quotidien, soulignant l’absence de reprise tangible.

Des emplois qui s’évaporent avec les touristes

Les chiffres disponibles confirment cette tendance. Dubaï, qui accueillait plus de 17 millions de touristes en 2023, selon les données du gouvernement local, voit désormais affluer moins de visiteurs internationaux. Les réservations dans les hôtels de luxe ont chuté de 40 % depuis le début de l’année, d’après une étude citée par Libération. Les agences de voyage et les entreprises de restauration, fortement dépendantes de cette clientèle, licencient massivement. « On voit des réductions d’effectifs chaque semaine », confie un responsable d’une société de catering à l’AFP.

Des migrants asiatiques en première ligne

Parmi les employés les plus touchés figurent les travailleurs immigrés en provenance d’Asie du Sud et du Sud-Est. Souvent recrutés sous des contrats temporaires ou à durée déterminée, ces hommes – majoritairement bangladais, pakistanais ou philippins – forment l’épine dorsale des secteurs informels de Dubaï. Selon les estimations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 3 millions de migrants vivent aux Émirats arabes unis, représentant près de 90 % de la population active. « Quand les entreprises ferment ou réduisent leurs effectifs, ce sont toujours les mêmes qui trinquent », explique un syndicaliste sous couvert d’anonymat.

« Les travailleurs migrants paient le prix des décisions politiques qu’ils n’ont pas prises. Leur sort dépend des caprices des marchés et des gouvernements, pas de leurs compétences. »
— Un responsable d’ONG basé à Dubaï, cité par Libération

Et maintenant ?

Pour les prochains mois, les prévisions restent pessimistes. Les autorités de Dubaï ont annoncé un plan de relance économique en trois phases, mais aucune date précise n’a été communiquée. Les ONG locales appellent à un soutien accru pour les travailleurs précaires, notamment via des fonds d’urgence. Reste à voir si ces mesures suffiront à endiguer la crise avant la fin de l’année.

D’après Libération, les secteurs les plus affectés sont l’hôtellerie, la restauration et la construction. Les entreprises de services aux entreprises et les agences de voyage enregistrent également des réductions d’effectifs importantes.