Dans dix jours, la Guinée organisera un double scrutin décisif avec les élections législatives et communales prévues le dimanche 31 mai 2026. Pourtant, la campagne électorale peine à s’animer, en raison de l’absence d’une grande partie de l’opposition. RFI souligne que malgré les moyens déployés par le pouvoir, la mobilisation reste faible et les débats, quasi inexistants.
Ce qu'il faut retenir
- Le double scrutin (législatives et communales) est prévu pour le 31 mai 2026, à dix jours du scrutin.
- Une grande partie de l’opposition a choisi de ne pas participer à ces élections, ce qui limite la dynamique de la campagne.
- Le pouvoir a investi d’importants moyens pour la campagne, mais l’atonie générale persiste.
- Ces élections sont cruciales pour le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée.
Selon les observateurs, l’absence de figures clés de l’opposition donne à cette campagne un caractère « fade », comme le rapporte RFI. Pourtant, ces scrutins sont présentés par les autorités comme une étape majeure vers le rétablissement des institutions démocratiques après des années de tensions politiques. La présidentielle de 2025 avait déjà été marquée par des controverses et un boycott partiel de l’opposition, un scénario qui semble se reproduire aujourd’hui.
Les partis d’opposition dénoncent des irrégularités et réclament des réformes électorales avant toute participation. « Nous ne pouvons cautionner un processus qui ne garantit pas des conditions équitables », a déclaré un porte-parole de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), cité par RFI. De son côté, le gouvernement insiste sur l’importance de ces élections pour tourner la page des crises institutionnelles récurrentes.
Côté gouvernemental, la mobilisation est réelle. Des meetings ont été organisés dans plusieurs régions, avec des discours mettant en avant les avancées économiques et sociales. « Ces élections sont une opportunité pour consolider la démocratie », a affirmé un responsable du ministère de l’Intérieur. Pourtant, la faible affluence lors des rassemblements et le manque de débats contradictoires illustrent la défiance persistante d’une partie de la population.
Les enjeux sont multiples. Les législatives permettront de renouveler l’Assemblée nationale, tandis que les communales détermineront la composition des conseils municipaux. Autant dire que ces scrutins pourraient redessiner la carte politique du pays, à condition que leur légitimité ne soit pas entachée par un taux de participation trop faible. Les observateurs internationaux, dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), suivront de près le déroulement du vote.
Pour l’instant, les tensions restent contenues, mais le risque d’une crise post-électorale plane si les résultats ne sont pas perçus comme transparents. Les autorités ont promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter les fraudes, un engagement qui sera scruté de près par les observateurs. Bref, le scénario d’un retour à l’ordre constitutionnel est loin d’être acquis.
L’opposition dénonce des irrégularités et réclame des réformes électorales avant toute participation. Elle estime que les conditions ne sont pas réunies pour garantir un scrutin équitable, comme cela avait déjà été le cas lors de la présidentielle de 2025.