Selon Top Santé, une douleur localisée à la hanche n’est pas toujours synonyme d’arthrose, loin s’en faut. Trois autres affections peuvent en effet provoquer des symptômes comparables, tout en restant discrètes, voire invisibles, lors d’un examen radiographique initial. Autant dire que le diagnostic peut s’avérer complexe pour les patients comme pour les médecins.

Ce qu'il faut retenir

  • La nécrose aseptique de la tête fémorale : une perte progressive de vascularisation osseuse qui touche surtout les 30-50 ans et peut évoluer en quelques semaines ou mois.
  • Les fractures de fatigue : microfractures souvent liées à une sollicitation excessive, fréquentes chez les sportifs ou les personnes actives.
  • La synovite inflammatoire : une inflammation de la membrane synoviale qui peut évoluer vers une destruction articulaire si elle n’est pas prise en charge.

Quand la douleur de hanche ne vient pas de l’arthrose

On pense spontanément à l’arthrose lorsqu’une douleur s’installe durablement au niveau de la hanche. Pourtant, Top Santé souligne que jusqu’à 30 % des cas de douleurs persistantes pourraient être attribués à d’autres causes, parfois plus graves. Parmi elles, la nécrose aseptique de la tête fémorale, une pathologie où l’os perd progressivement son irrigation sanguine, entraînant une destruction cellulaire. « Cette maladie évolue souvent en silence », explique le Dr Jean-Martin Cohen, rhumatologue interrogé par Top Santé. « Les premiers signes radiographiques n’apparaissent que tardivement, quand la déformation est déjà importante. »

Autre cas fréquent, les fractures de fatigue. Elles se produisent sans choc apparent, souvent chez des personnes dont les os subissent une pression inhabituelle : coureurs, danseurs, ou même marcheurs après un changement d’activité. Le problème ? Ces microfractures ne sont pas toujours visibles sur une radiographie standard. « Il faut parfois recourir à une IRM ou une scintigraphie pour les détecter », précise le spécialiste.

Synovite inflammatoire : une menace sournoise pour l’articulation

Troisième possibilité, la synovite inflammatoire. Cette inflammation de la membrane synoviale – qui entoure l’articulation – peut résulter d’une maladie auto-immune comme la polyarthrite rhumatoïde ou d’une infection locale. Ses symptômes ? Douleur, raideur matinale et gonflement. Contrairement à l’arthrose, qui use progressivement le cartilage, la synovite détruit l’articulation de l’intérieur. « Si elle n’est pas traitée, elle peut mener à une destruction articulaire en quelques années », avertit le Dr Cohen. Pourtant, en début d’évolution, les clichés radiographiques restent souvent normaux.

Ces trois pathologies partagent un point commun : elles miment l’arthrose en surface, mais leurs mécanismes et leurs traitements diffèrent radicalement. D’où l’importance d’un diagnostic précis, surtout si la douleur résiste aux antalgiques classiques ou s’accompagne d’autres signes comme un gonflement ou une impotence fonctionnelle.

Pourquoi le diagnostic radiographique échoue-t-il ?

La radiographie standard, premier examen prescrit en cas de douleur articulaire, permet de visualiser les lésions osseuses avancées ou l’usure du cartilage. Mais pour les trois maladies citées par Top Santé, les signes visibles apparaissent souvent trop tard. Dans le cas de la nécrose aseptique, par exemple, il faut attendre que la tête fémorale se déforme – ce qui peut prendre des mois, voire des années. « C’est pourquoi on recommande, en cas de suspicion forte, de compléter par une IRM », indique le rhumatologue.

Les fractures de fatigue, elles, ne laissent aucune trace sur une radio classique, car l’os cassé reste en place. Seule une IRM ou une scintigraphie osseuse permet de les repérer, en mettant en évidence un œdème médullaire ou une zone d’hyperfixation. Quant à la synovite, son inflammation n’est visible qu’en imagerie fonctionnelle ou par ponction articulaire, qui révèle une augmentation des globules blancs dans le liquide synovial.

Et maintenant ?

Face à ce constat, les spécialistes insistent sur la nécessité de ne pas banaliser une douleur de hanche persistante. Une consultation précoce, surtout en présence de facteurs de risque (prise de corticoïdes, antécédents de fracture, activité sportive intense), pourrait éviter des complications irréversibles. Des campagnes de sensibilisation sont en cours pour informer les médecins généralistes et les patients sur ces diagnostics différentiels. À suivre : les prochaines recommandations de la Haute Autorité de Santé, attendues d’ici fin 2026, qui pourraient intégrer ces trois pathologies dans les algorithmes de prise en charge des douleurs articulaires.

Reste une inconnue : l’impact de ces retards diagnostiques sur le coût global de la santé en France. Les données de l’Assurance Maladie montrent que les erreurs de diagnostic initial coûtent en moyenne 1 200 euros par patient à cause des examens inutiles ou des traitements inadaptés. Un argument de plus pour ne pas négliger ces douleurs « banales » qui pourraient cacher une pathologie plus sérieuse.