Selon Franceinfo – Faits divers, le Dr Imad Kansau, infectiologue à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), a réagi ce 7 mai 2026 à l’épisode de contamination par le hantavirus survenu à bord d’un navire de croisière au large du Cap-Vert. L’interview, diffusée dans le cadre du journal télévisé 11/13 de France 3, intervient alors que les autorités sanitaires tentent d’endiguer une situation potentiellement inquiétante, bien que maîtrisée à ce stade.
Ce qu’il faut retenir
- Le dernier cas symptomatique a été signalé le 7 mai 2026 ; aucun nouveau cas n’a été détecté depuis 30 avril, selon le croisiériste.
- Le délai d’incubation du virus varie de 2 à 6 semaines, imposant une période de surveillance renforcée pour les passagers débarqués.
- Le hantavirus ne se transmet pas par l’air entre humains, mais des cas de transmission interhumaine « isolés et contrôlés » ont déjà été observés en Amérique du Sud.
- Aucun vaccin n’existe contre ce virus, et les traitements disponibles restent limités à des molécules comme la ribavirine, dont l’efficacité n’est pas scientifiquement validée.
- Les mesures d’isolement et de traçage des contacts, éprouvées lors de la pandémie de Covid-19, sont désormais appliquées pour éviter toute mutation du virus.
Une situation maîtrisée, mais sous surveillance
Le navire concerné, immobilisé au large des côtes du Cap-Vert, a vu ses derniers cas symptomatiques s’éteindre ce jeudi 7 mai, comme l’a confirmé l’armateur dans un communiqué matinal. Trente passagers ont déjà été débarqués et placés en quarantaine dans des structures dédiées, principalement à destination des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés ou suspects. Aucun décès n’a été officiellement recensé, mais les autorités sanitaires africaines et européennes restent en alerte maximale.
Le Dr Imad Kansau a souligné, lors de son intervention sur France 3, que « les mesures qui se mettent en place sont les bonnes ». Il a rappelé que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déjà émis des consignes similaires pour éviter une propagation incontrôlée, comparable à celle observée lors des vagues épidémiques de Covid-19. « On espère bien que ça ne va pas recommencer, d’autant plus que les mesures actuelles sont adaptées pour éviter toute contamination d’homme à homme, qui pourrait favoriser des mutations », a-t-il expliqué.
Un virus aux modes de transmission multiples
Transmis principalement par les rongeurs — dont les excréments, l’urine ou la salive peuvent contaminer l’environnement — le hantavirus se contracte par inhalation de particules virales. Les objets ou surfaces souillés par ces sécrétions animales constituent également des vecteurs de transmission. « Le traitement repose avant tout sur l’isolement des malades et des contacts, ainsi que sur des mesures strictes de décontamination », a détaillé le spécialiste.
Contrairement à ce que certains pourraient craindre, la transmission interhumaine n’est pas systématique. Des cas « isolés et bien contrôlés » ont été documentés en Amérique du Sud, notamment avec des souches dites du « Nouveau Monde ». « Ce type de situation peut être stoppé grâce aux mesures actuelles », a rassuré le Dr Kansau, tout en précisant que « la prudence reste de mise ».
Des outils limités face à l’absence de vaccin
Si des antiviraux comme la ribavirine ont été testés ponctuellement dans le passé, leur utilisation n’est pas validée par des études cliniques approfondies. « Il n’existe pas de traitement spécifique contre le hantavirus à l’heure actuelle », a rappelé l’infectiologue. Seuls des anticorps, prélevés sur des patients convalescents, ont été expérimentés en Amérique latine, mais cette approche reste marginale et inapplicable à grande échelle.
Face à ce tableau, les autorités sanitaires misent sur la prévention : éviter tout contact avec les rongeurs ou leurs déjections, porter un équipement de protection lors de la manipulation d’objets potentiellement contaminés, et respecter scrupuleusement les protocoles d’isolement. « Le principal outil, c’est la prophylaxie environnementale », a insisté le Dr Kansau.
Un protocole hérité du Covid-19, adapté aux spécificités du virus
Les leçons tirées de la pandémie de Covid-19 ont permis de mettre en place des dispositifs rapides et efficaces. Les passagers débarqués bénéficient désormais d’un suivi médical rapproché, tandis que les contacts sont traqués et isolés pour une durée minimale de 42 jours — correspondant à la période maximale d’incubation. « Ces mesures, bien que contraignantes, sont parfaitement adaptées pour éviter une généralisation de l’épidémie », a confirmé l’infectiologue.
La rapidité de réaction des autorités, couplée à la transparence des croisiéristes, a permis d’éviter une crise sanitaire majeure. « L’important, c’est de ne pas sous-estimer le délai d’incubation », a rappelé le Dr Kansau. « Même si aucun symptôme n’apparaît aujourd’hui, la vigilance doit rester intacte. »
En attendant, les passagers encore à bord du paquebot doivent rester confinés jusqu’à la levée officielle des restrictions, prévue au plus tôt le 10 mai. Les structures d’accueil, déjà opérationnelles, continuent d’accueillir les personnes débarquées pour une période d’observation de six semaines.
Interrogé sur l’éventualité d’une résurgence de l’épidémie, le Dr Imad Kansau a conclu : « La situation est sous contrôle, mais la vigilance reste de mise. Les outils dont nous disposons aujourd’hui nous permettent d’éviter une crise comparable à celle du Covid-19. »
Le taux de mortalité varie selon les souches du virus, mais il peut atteindre 10 à 15 % dans les cas non traités. Les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et insuffisance rénale ou pulmonaire dans les formes graves. Aucun décès n’a été signalé dans l’épisode actuel au Cap-Vert.
Éviter tout contact avec les rongeurs et leurs déjections, aérer les lieux fermés avant de les nettoyer, porter des gants et un masque lors de manipulations potentiellement contaminées. En cas d’exposition, une consultation médicale rapide est recommandée pour évaluer le risque et instaurer un suivi.