Un propriétaire parisien a légué deux maisons mitoyennes à sa veuve et à l’Institut Pasteur en 2022. Trois ans plus tard, ces biens sont devenus des squats, faute d’occupation régulière et malgré les tentatives des héritiers pour sécuriser les lieux. Selon Le Figaro, cette situation illustre les risques liés à la gestion de biens immobiliers non occupés ou vacants.
Ce qu'il faut retenir
- Un legs familial en 2022 a divisé deux maisons mitoyennes entre la veuve et l’Institut Pasteur, aucun héritier n’occupant les lieux.
- Depuis 2025, les deux propriétés sont squattées, malgré les démarches des ayants droit pour reprendre possession.
- La veuve a tenté de récupérer sa maison, mais les squatteurs ont refusé de quitter les lieux malgré une décision de justice.
- L’Institut Pasteur, propriétaire de l’autre maison, n’a pas donné suite aux sollicitations du Figaro pour commenter la situation.
Un legs qui tourne au conflit immobilier
En 2022, un propriétaire parisien décède et lègue sa maison à sa veuve, tandis que celle jouxtant son bien est attribuée à l’Institut Pasteur. Aucun des deux héritiers n’a prévu d’y résider. Dès lors, les deux propriétés deviennent des cibles potentielles pour des squatteurs, en raison de leur vacance prolongée. Selon des témoignages recueillis par Le Figaro, la veuve a tenté à plusieurs reprises de reprendre possession de sa maison, mais sans succès. Les squatteurs, installés depuis plusieurs mois, refusent de partir malgré une décision de justice en leur défaveur.
L’Institut Pasteur, contacté par le quotidien, n’a pas répondu aux questions sur l’état de sa propriété. Une absence de commentaire qui laisse planer des zones d’ombre sur les démarches entreprises par l’institution pour protéger son bien. La situation met en lumière les difficultés rencontrées par les propriétaires de biens vacants, surtout lorsque ceux-ci sont situés dans des zones urbaines attractives.
Des squatteurs qui profitent du vide juridique
Le phénomène n’est pas nouveau : en France, les biens vacants attirent régulièrement des squatteurs, profitant des délais parfois longs pour expulser. Dans ce cas précis, les héritiers ont engagé des procédures judiciaires, mais le processus s’avère long et complexe. «
C’était devenu un Airbnb du squat», a résumé un voisin interrogé par Le Figaro. Les lieux, bien que modestes, sont devenus des points de chute pour plusieurs personnes, transformant les maisons en espaces insalubres.
Les tentatives de la veuve pour récupérer son bien se heurtent à des obstacles administratifs et juridiques. Les squatteurs, quant à eux, invoquent des droits de rétention, retardant toute expulsion. Une situation qui rappelle les tensions récurrentes autour de la gestion des squats en France, où les propriétaires peinent à faire valoir leurs droits face à des procédures souvent lentes.
Quelles solutions pour les héritiers ?
Face à cette impasse, la veuve envisage désormais de vendre sa maison, une solution radicale mais qui pourrait mettre fin à l’occupation illégale. «
Je n’ai plus les moyens de me battre contre les squatteurs. Vendre est la seule issue», a-t-elle confié au Figaro. Une décision qui illustre l’épuisement des propriétaires face à un système judiciaire parfois inefficace. Pour l’Institut Pasteur, la question reste en suspens : l’institution devra-t-elle, elle aussi, envisager une vente ou une mise en location pour éviter une occupation illégale ?
La situation soulève aussi des questions plus larges sur la gestion des biens vacants en France. Les propriétaires sont-ils suffisamment protégés face aux squatteurs ? Les délais d’expulsion, souvent critiqués, suffisent-ils à dissuader les occupations illégales ? Autant de questions qui pourraient alimenter de futurs débats législatifs.
Une chose est sûre : cette affaire rappelle, une fois de plus, les risques liés à la vacance immobilière et l’urgence d’adapter les dispositifs juridiques pour protéger les propriétaires.
Les délais varient selon les cas, mais une expulsion peut prendre entre trois et douze mois, selon la complexité du dossier et la charge des tribunaux. Les propriétaires doivent d’abord obtenir une décision de justice avant de faire appel à la force publique.