La Fédération française de tennis (FFT) doit officialiser dans les prochains jours les huit invitations attribuées à des joueurs et joueuses français pour participer aux Internationaux de France 2026, prévus du 24 mai au 7 juin. Selon Le Figaro, ces wild-cards, souvent synonymes de derniers espoirs pour les tricolores non qualifiés, pourraient encore réserver quelques surprises, entre vétérans en quête de dernier hommage et jeunes talents en devenir.
Ce qu'il faut retenir
- Gaël Monfils sera présent à Roland-Garros pour sa 20e participation, une dernière avant sa retraite à la fin de la saison.
- Deux jeunes Français, Moïse Kouamé (17 ans) et Ksenia Efremova (17 ans), sont en lice pour une invitation afin de lancer leur carrière sur la terre battue parisienne.
- Benjamin Bonzi (101e mondial) et Arthur Gea (138e) font partie des favoris pour obtenir une wild-card parmi les hommes.
- Côté dames, Léolia Jeanjean (123e), Sarah Rakotomanga (158e) et Fiona Ferro (198e) pourraient décrocher une invitation pour prolonger leur saison.
- Deux places supplémentaires sont réservées à des joueurs ou joueuses américaines et australiennes, dans le cadre d'accords de réciprocité entre fédérations.
Gaël Monfils, l’adieu programmé d’un monument
Gaël Monfils, 39 ans et classé à la 218e place mondiale, fera ses adieux à Roland-Garros lors de cette édition 2026. Le Français, demi-finaliste en 2008 à Paris, a d’ores et déjà annoncé une fête sur les courts de la Porte d’Auteuil le 21 mai, jour du tirage au sort. Cette invitation est un hommage évident à un joueur qui a marqué le tournoi par son énergie et ses coups d’éclat, notamment lors des sessions nocturnes qu’il affectionne.
Bref, Monfils ne sera pas un simple spectateur de sa propre légende. Sa présence sur le court, même en tant qu’invité, symbolise l’importance de son héritage dans le tennis français. La FFT n’a même pas à hésiter : sa wild-card est acquise, et c’est bien plus qu’une simple formalité.
Kouamé et Efremova, l’avenir du tennis français à l’honneur ?
Moïse Kouamé, 17 ans et 310e mondial, incarne l’avenir du tennis masculin français. Le jeune joueur a déjà marqué les esprits en remportant trois titres ITF et en s’imposant pour la première fois en Masters 1000 à Miami, lors de sa toute première participation à ce niveau de compétition. Bien qu’éliminé dès son entrée en lice à Monte-Carlo et en qualifications à Madrid, sa progression fulgurante pourrait convaincre la FFT de lui offrir une wild-card.
Côté féminin, Ksenia Efremova, lauréate de l’Open d’Australie Juniors en début d’année, pourrait également bénéficier de l’invitation. À 17 ans et 623e mondiale, elle représente une génération prometteuse pour le tennis tricolore. Une participation à Roland-Garros, même en tant qu’invitée, pourrait lui permettre de gagner en expérience et en visibilité.
Bonzi, Gea et Rakotomanga : les outsiders en forme
Benjamin Bonzi, actuellement 101e mondial, est le Français le mieux classé à ne pas avoir obtenu sa qualification directe pour Roland-Garros. Son parcours à Madrid, où il a atteint le deuxième tour en battant l’Italien Jannik Sinner — futur vainqueur du tournoi — joue en sa faveur. La FFT pourrait donc lui accorder une wild-card, d’autant plus qu’il est en tête de la liste d’attente pour intégrer directement le tableau principal. Un forfait de dernière minute lui ouvrirait même la porte du grand tableau sans passer par l’invitation.
Arthur Gea, 21 ans et 138e mondial, est un autre candidat sérieux. Après un début de saison difficile, il a remporté un tournoi challenger et atteint le deuxième tour de l’Open d’Australie. Une performance qui pourrait suffire à obtenir le précieux sésame. Quant à Sarah Rakotomanga, 20 ans et 158e mondiale, elle a déjà prouvé ses capacités en remportant un titre sur le circuit principal à São Paulo en fin d’année 2025. Une wild-card lui permettrait de confirmer son statut de révélation.
Les autres prétendants, entre espoirs et désillusions
Côté masculin, Hugo Gaston (119e) et Ugo Blanchet (160e) peinent à confirmer leurs résultats de 2020, année où Gaston avait atteint les huitièmes de finale à Roland-Garros. Leurs performances en dents de scie cette saison ne plaident pas en leur faveur pour obtenir une wild-card. Kyrian Jacquet (146e), éliminé dès le premier tour l’an dernier à Paris, semble également trop loin pour espérer une invitation.
Chez les femmes, plusieurs joueuses comme Léolia Jeanjean (123e) misent sur leur constance. La Française de 30 ans a atteint le deuxième tour à Rome la semaine dernière, éliminant au passage la tenante du titre, Jasmine Paolini. Son meilleur résultat à Roland-Garros reste un troisième tour en 2022, mais une wild-card pourrait lui permettre de viser mieux cette année.
Fiona Ferro (198e), ancienne 39e mondiale et huitième de finaliste à Roland-Garros en 2020, tente de remonter la pente après des années difficiles. Sa victoire au WTA 125 d’Oeiras en avril dernier lui a permis de réintégrer le Top 200, un exploit qui pourrait être récompensé par une invitation.
Les wild-cards hors frontières : des places réservées
La FFT doit respecter un accord de réciprocité avec les fédérations australienne et américaine, qui permet à deux joueurs ou joueuses de ces nations de bénéficier d’une wild-card. Pour les États-Unis, les noms d’Akasha Urhobo (19 ans, 183e) et de Nishesh Basavareddy (21 ans, 154e) ont déjà été officialisés. Côté australien, les joueurs sélectionnés n’ont pas encore été dévoilés. Ces deux invitations réduisent donc à six le nombre de wild-cards disponibles pour les Français, ce qui promet une compétition serrée pour les derniers sésames.
D’autres candidats, comme Océane Dodin (classement protégé, environ 100e), pourraient également tenter leur chance. Après plusieurs saisons marquées par des blessures, la Française, ancienne membre du Top 50, mise sur son classement protégé pour obtenir une invitation. Harmony Tan (221e) et Chloé Paquet (355e), également invitées l’an dernier, devront se contenter des qualifications si leur profil ne convainc pas la fédération.
Et Stan Wawrinka dans tout ça ?
Bien que suisse et non français, Stan Wawrinka (41 ans, 118e mondial) pourrait bénéficier d’une wild-card pour Roland-Garros. Ancien vainqueur du tournoi en 2015, le vétéran prendra sa retraite à la fin de la saison et souhaite marquer les esprits une dernière fois sur la terre battue parisienne. Wawrinka a déjà été invité l’an dernier, et son statut de champion du monde de Roland-Garros pourrait peser dans la balance. Deux forfaits lui permettraient même d’intégrer directement le tableau principal, rendant sa wild-card caduque.
Roland-Garros 2026 s’annonce comme un rendez-vous clé pour le tennis hexagonal, où chaque wild-card attribuée pourrait devenir un tournant pour les carrières de ses bénéficiaires. La FFT aura la lourde tâche de trouver le juste équilibre entre reconnaissance du passé et promotion de l’avenir, un exercice toujours délicat mais essentiel pour la santé du sport en France.
La FFT attribue huit invitations pour chaque tableau (messieurs et dames), soit seize wild-cards au total. Deux de ces places sont réservées à des joueurs ou joueuses américaines et australiennes dans le cadre d’accords de réciprocité avec leurs fédérations respectives.