L’économie hongkongaise a enregistré au premier trimestre 2026 sa plus forte croissance trimestrielle depuis près de cinq ans, avec une progression de 5,9 % sur trois mois, selon BFM Business. Ce chiffre, publié ce mardi 5 mai par les autorités locales, dépasse largement les prévisions des économistes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur une hausse de 3,5 %. Il marque également un net rebond par rapport au dernier trimestre 2025, où la croissance s’était établie à 4 %.
Ce résultat, le plus élevé depuis le 7,6 % enregistré au deuxième trimestre 2021, s’explique notamment par une demande mondiale soutenue en produits électroniques liés à l’intelligence artificielle, une hausse des flux touristiques et une activité financière transfrontalière dynamique. « Les perspectives de croissance de la place financière chinoise restent positives », a souligné un porte-parole du gouvernement hongkongais, tout en insistant sur les « risques de ralentissement » liés aux tensions géopolitiques, en particulier la guerre en Iran.
Ce qu'il faut retenir
- Croissance trimestrielle record : +5,9 % au T1 2026, la plus forte hausse depuis 2021.
- Dépassement des attentes : +3,5 % attendus, contre +5,9 % réalisés.
- Facteurs porteurs : demande mondiale en IA, tourisme en hausse et activités financières dynamiques.
- Exportations en forte hausse : +23,8 % sur un an pour les biens, +29,9 % pour les importations.
- Consommation privée en progression : +5 % au premier trimestre.
- Objectif annuel 2026 : entre 2,5 % et 3,5 % de croissance, selon les autorités.
Une croissance tirée par l’électronique et les échanges financiers
Le bond de la croissance hongkongaise s’appuie en grande partie sur la demande mondiale en composants électroniques liés à l’intelligence artificielle. « Une forte demande mondiale en produits électroniques liés à l’IA soutient nos perspectives », a indiqué un responsable gouvernemental. Les exportations de biens ont d’ailleurs progressé de 23,8 % en glissement annuel, tandis que les importations ont bondi de 29,9 %, signe d’une activité commerciale particulièrement dynamique.
Côté finances, les activités transfrontalières restent un pilier de l’économie locale. Le gouvernement hongkongais met en avant une « croissance soutenue du nombre de visiteurs » et une « activité financière transfrontalière dynamique », deux secteurs clés pour une place financière aussi ouverte sur le monde que celle de Hong Kong. Ces éléments ont permis de compenser en partie les effets négatifs des tensions commerciales persistantes et des incertitudes géopolitiques.
L’ombre des tensions au Moyen-Orient plane sur les perspectives
Malgré ce tableau globalement positif, les autorités hongkongaises ont tenu à souligner les « risques à la baisse » pesant sur l’économie locale. « Les tensions persistantes au Moyen-Orient font peser des risques sur les perspectives économiques », a prévenu un porte-parole du gouvernement. La dépendance de la région aux importations d’énergie expose en effet Hong Kong à une possible flambée des prix du pétrole, susceptible de peser sur son économie déjà fragile.
Pour y faire face, le gouvernement a indiqué avoir pris des « mesures pour préserver la stabilité de l’approvisionnement énergétique ». Les responsables locaux ont par ailleurs promis de rester « vigilants » face à cette situation, alors que la ville, dépourvue de ressources naturelles, importe la quasi-totalité de son énergie. Une prudence justifiée par le souvenir des chocs pétroliers passés, qui avaient lourdement affecté l’économie hongkongaise dans les années 1970 et 1990.
Consommation et tourisme : deux moteurs en progression modérée
Côté demande intérieure, les dépenses de consommation privée ont progressé de 5 % au premier trimestre, un chiffre encourageant mais qui reste en deçà de l’enthousiasme suscité par les exportations. Les autorités locales y voient cependant un signe de reprise progressive après plusieurs années marquées par les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 et les tensions sociales de 2019.
Le tourisme, autre secteur clé pour Hong Kong, montre également des signes de reprise. Bien que les chiffres exacts ne soient pas détaillés dans le communiqué officiel, le gouvernement évoque une « croissance soutenue du nombre de visiteurs », une bonne nouvelle pour une économie largement dépendante de ce flux. La ville, qui accueille chaque année des dizaines de millions de touristes en provenance de Chine continentale et d’ailleurs en Asie, mise sur ce rebond pour soutenir sa croissance annuelle, fixée entre 2,5 % et 3,5 % pour 2026.
Pour l’heure, le gouvernement hongkongais affiche sa confiance, tout en maintenant une posture prudente. « Nous restons vigilants et continuons à surveiller les risques », a rappelé un responsable, rappelant que la stabilité économique reste une priorité absolue dans un contexte géopolitique particulièrement instable.
Hong Kong est une place financière majeure en Asie, mais son économie repose aussi sur un secteur industriel et technologique dynamique. L’électronique, et notamment les composants liés à l’intelligence artificielle, représente une part importante de ses exportations en raison de la demande mondiale croissante dans ce domaine. La ville sert également de hub logistique pour les entreprises chinoises et asiatiques, ce qui renforce son rôle dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.