Chez les personnes souffrant d'hypertension artérielle, deux ajustements alimentaires pourraient permettre de mieux respecter les recommandations sanitaires, selon Top Santé. Réduire significativement sa consommation de sel « caché » et limiter sa consommation d'alcool figurent parmi les mesures les plus impactantes pour maîtriser cette pathologie chronique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le sel caché dans les produits industriels représente une source majeure d'apport sodé, souvent sous-estimée par les patients hypertendus.
  • Une consommation excessive d'alcool aggrave l'hypertension et réduit l'efficacité des traitements antihypertenseurs.
  • Ces deux leviers d'action peuvent être mis en œuvre sans recourir immédiatement à des médicaments, selon les spécialistes cités par Top Santé.

Le sel caché, un ennemi insidieux pour les hypertendus

En France, près de 15 millions d'adultes sont concernés par l'hypertension artérielle, une pathologie responsable de plus de 10 millions de décès dans le monde chaque année, selon l'Organisation mondiale de la santé. Pourtant, des solutions existent pour mieux contrôler cette maladie, à commencer par l'alimentation. Top Santé souligne que le sel, même en quantité modeste, peut avoir un impact majeur sur la pression artérielle.

Le problème ? Près de 80 % du sel consommé provient non pas de la salière, mais des produits transformés : charcuterie, fromages, plats préparés, biscuits salés ou encore pains industriels. Autant dire que réduire sa consommation relève souvent d'un vrai travail d'enquête. « La plupart des patients ignorent que leur pain du matin ou leur plat surgelé contient autant de sodium », explique un cardiologue cité par le média.

L'alcool, un facteur aggravant souvent négligé

Côté alcool, les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont claires : pas plus de 10 verres standards par semaine, répartis sur au moins trois jours. Pourtant, en France, près d'un adulte sur cinq dépasse ce seuil, avec des conséquences directes sur la tension artérielle. « Chaque verre supplémentaire augmente la pression artérielle de quelques millimètres de mercure », précise un nutritionniste interrogé par Top Santé.

Les boissons alcoolisées n'agissent pas seulement sur le court terme. Leur consommation régulière perturbe également le système rénine-angiotensine, un mécanisme hormonal clé dans la régulation de la tension. Bref, pour les hypertendus, l'alcool agit comme un double facteur de risque : il élève la pression artérielle et diminue l'efficacité des médicaments.

Des résultats tangibles avec une approche progressive

Les experts interrogés par Top Santé insistent sur la simplicité de ces deux leviers. Contrairement à d'autres mesures diététiques plus complexes, la réduction du sel caché et de l'alcool ne nécessite pas de régime strict. Il s'agit plutôt d'une question de vigilance et d'adaptation des habitudes. Par exemple, remplacer le pain blanc par du pain complet, privilégier les légumes frais aux conserves, ou encore limiter les apéritifs alcoolisés à deux verres par semaine peut faire la différence.

« On observe une baisse moyenne de 5 à 10 mmHg chez les patients qui appliquent ces conseils de manière rigoureuse pendant trois mois », indique un médecin généraliste. Ces chiffres, bien que modestes, peuvent suffire à éviter le recours à un traitement médicamenteux pour certains patients en hypertension légère.

Et maintenant ?

Si ces ajustements alimentaires montrent des résultats prometteurs, leur application à grande échelle reste un défi. Les autorités sanitaires pourraient renforcer les campagnes d'information sur l'étiquetage nutritionnel, notamment pour sensibiliser aux quantités de sel cachées dans les produits du quotidien. Par ailleurs, les prochaines recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) sur la prise en charge de l'hypertension, attendues d'ici la fin de l'année 2026, devraient intégrer ces leviers comme prioritaires.

Pour les patients, la clé réside dans un suivi régulier avec leur médecin traitant. Une mesure de la tension à domicile, couplée à un carnet alimentaire, peut aider à identifier les sources de sel et d'alcool à réduire. Reste à voir si ces bonnes pratiques seront suffisantes pour éviter l'escalade médicamenteuse chez les patients les plus à risque.

Les produits les plus concentrés en sel sont la charcuterie (jambon, saucisson), les fromages à pâte dure, les soupes et sauces industrielles, les biscuits apéritifs, les pains de mie et certains plats préparés comme les pizzas ou les quiches. Un simple sandwich jambon-beurre peut contenir jusqu'à 2 g de sel, soit près du tiers de l'apport journalier maximal recommandé pour un adulte.