Une tension artérielle inférieure aux valeurs considérées comme normales ne constitue pas toujours un motif d’inquiétude. Pourtant, certains symptômes, comme des étourdissements ou des malaises lors du passage à la position debout, peuvent révéler un problème sous-jacent nécessitant une prise en charge adaptée. Selon Top Santé, nous faisons le point avec le Pr Olivier Hanon, chef du service de gérontologie à l’hôpital Broca, à Paris, pour distinguer les cas bénins des situations à surveiller.

Ce qu'il faut retenir

  • Une tension basse isolée n’est généralement pas préoccupante, mais des symptômes associés changent la donne.
  • Les étourdissements ou malaises en se levant, appelés hypotension orthostatique, doivent inciter à consulter.
  • Le Pr Olivier Hanon, gériatre à l’hôpital Broca, détaille les signes d’alerte et les causes possibles.
  • Cette pathologie touche particulièrement les personnes âgées, mais peut concerner tous les âges.

Une tension basse, souvent anodine, mais pas toujours

En médecine, une tension artérielle est jugée normale lorsqu’elle se situe autour de 120/80 mmHg. Des valeurs inférieures, par exemple 90/60 mmHg, ne sont pas systématiquement synonymes de danger, explique le Pr Hanon. « Une tension basse peut même être un signe de bonne santé cardiovasculaire, notamment chez les sportifs », précise-t-il. Cependant, lorsque ces chiffres s’accompagnent de symptômes, la situation mérite une attention particulière.

Les symptômes qui doivent alerter : étourdissements et malaises au lever

Parmi les manifestations les plus courantes d’une tension trop basse, les étourdissements ou les malaises lors du passage rapide à la position debout sont les plus fréquents. « Quand une personne se lève et ressent une sensation de tête qui tourne, une vision floue ou une faiblesse soudaine, cela peut indiquer une hypotension orthostatique », détaille le spécialiste. Ce phénomène, lié à un afflux sanguin insuffisant vers le cerveau, est particulièrement marqué chez les personnes âgées ou celles souffrant de certaines pathologies.

D’autres signes peuvent également survenir : fatigue persistante, pâleur, voire perte de connaissance brève dans les cas les plus sévères. « Ces symptômes ne doivent pas être ignorés, car ils peuvent révéler un dysfonctionnement sous-jacent, comme une déshydratation, une anémie ou un trouble du rythme cardiaque », ajoute le Pr Hanon.

Quelles sont les causes d’une tension basse symptomatique ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une baisse brutale de la tension artérielle. Côté médicamenteux, certains traitements contre l’hypertension, les antidépresseurs ou encore les diurétiques sont souvent pointés du doigt. « Les personnes âgées, qui prennent souvent plusieurs médicaments, sont particulièrement exposées à ce risque », souligne le gériatre. Une déshydratation, même légère, ou une carence en sels minéraux (comme le sodium) peut aussi déclencher ces symptômes.

Certaines maladies chroniques, comme le diabète, l’insuffisance cardiaque ou des troubles neurologiques (neuropathie autonome), jouent également un rôle. « Dans de rares cas, une hypotension orthostatique peut être le premier signe d’une pathologie plus grave, comme une insuffisance surrénalienne ou une maladie de Parkinson », indique le Pr Hanon. Une prise en charge précoce permet d’éviter les complications, telles que les chutes ou les syncopes.

Que faire en cas de suspicion d’hypotension orthostatique ?

Face à des symptômes récurrents, la première étape consiste à consulter un médecin, qui pourra réaliser un examen clinique et, si nécessaire, prescrire des examens complémentaires. « Un test simple, appelé mesure de la pression artérielle en position debout, permet de confirmer le diagnostic », explique le spécialiste. Ce test consiste à mesurer la tension après deux minutes en position debout, puis de nouveau après cinq minutes, afin d’observer une éventuelle chute significative.

En attendant la consultation, quelques mesures peuvent être mises en place à domicile. « Il est conseillé de se lever lentement, en s’aidant éventuellement d’un appui, et de bien s’hydrater », recommande le Pr Hanon. Éviter les repas trop copieux, riches en glucides, et limiter la consommation d’alcool peut aussi aider à stabiliser la tension. Dans certains cas, un ajustement des traitements en cours s’avère nécessaire.

Et maintenant ?

Les recherches sur l’hypotension orthostatique progressent, notamment pour mieux comprendre ses liens avec le vieillissement et les maladies neurodégénératives. Une étude récente, publiée en 2025, suggère que des thérapies ciblant la régulation du sodium pourraient offrir de nouvelles pistes thérapeutiques d’ici deux à trois ans. En attendant, les experts insistent sur l’importance d’une prise en charge personnalisée, adaptée à chaque patient.

Pour les personnes concernées, un suivi régulier avec un cardiologue ou un gériatre est souvent recommandé, afin d’ajuster les traitements et prévenir les récidives. « L’enjeu est de distinguer les cas bénins des situations à risque, afin d’agir sans attendre », conclut le Pr Hanon.