Les émissions de gaz à effet de serre d’Amazon et de Google ont connu une hausse significative en 2025, selon Courrier International. Ces deux géants du numérique, dont l’activité repose de plus en plus sur l’intelligence artificielle, peinent à concilier leur croissance avec leurs engagements climatiques. La multiplication des centres de données, indispensables au fonctionnement de leurs services, s’accompagne d’une consommation énergétique toujours plus élevée, largement alimentée par des sources fossiles.
Ce qu'il faut retenir
- Les émissions de CO₂ d’Amazon ont augmenté de 16 % en 2025, atteignant 81 millions de tonnes d’équivalent CO₂.
- Google enregistre une hausse de 18 % de ses émissions sur un an, soit une augmentation de 58 % depuis 2019.
- La consommation des centres de données stimule la demande en électricité et favorise le recours aux énergies fossiles.
- Amazon et Google visent la neutralité carbone d’ici 2040, mais leurs émissions actuelles s’éloignent de cet objectif.
Des émissions en hausse malgré les promesses climatiques
Selon les bilans environnementaux publiés ces derniers jours, Amazon et Google font face à un défi de taille. Leur activité repose désormais en grande partie sur l’intelligence artificielle, dont l’entraînement des modèles et le fonctionnement des centres de données nécessitent une puissance énergétique colossale. Or, cette énergie provient encore majoritairement de sources non renouvelables. « Les émissions de gaz à effet de serre d’Amazon et de Google ont connu une forte hausse en 2025, révélant un problème croissant pour ces géants du numérique : concilier leurs objectifs climatiques avec l’énorme quantité d’énergie nécessaire au fonctionnement de l’IA, dont une grande partie est encore produite à partir de combustibles fossiles », écrit Bloomberg, cité par Courrier International.
En 2025, Amazon a enregistré une augmentation de 16 % de ses émissions par rapport à 2024, totalisant environ 81 millions de tonnes d’équivalent CO₂. Cette quantité équivaut, selon les calculs du groupe, à celle émise par 19 millions de voitures à essence en circulation. Pour Google, la situation est tout aussi préoccupante : ses émissions ont progressé de 18 % en un an, en raison notamment de l’expansion de ses infrastructures de stockage et de traitement des données. Depuis 2019, l’augmentation atteint 58 %, alors que le groupe s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040.
Une dépendance aux énergies fossiles qui s’aggrave
La croissance des centres de données ne se limite pas à augmenter les émissions de CO₂. Elle pèse aussi sur les factures d’électricité des deux entreprises et renforce la demande en infrastructures énergétiques polluantes. « La consommation énergétique des centres de données contribue à une forte hausse des factures d’électricité tout en stimulant les investissements dans les infrastructures d’énergies fossiles », indique Courrier International. Face à cette situation, les deux géants tentent de diversifier leurs sources d’approvisionnement. Amazon a ainsi annoncé des partenariats pour sécuriser des contrats d’électricité renouvelable, tandis que Google mise sur des projets d’énergie éolienne et solaire à grande échelle.
Pourtant, ces initiatives restent insuffisantes pour inverser la tendance. Les centres de données, toujours plus nombreux et puissants, consomment une part croissante de l’électricité mondiale. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), leur consommation pourrait représenter 20 % de la demande électrique globale d’ici 2030, contre environ 1 % en 2010. Une progression qui interroge sur la capacité des entreprises à concilier innovation technologique et transition écologique.
L’IA, un secteur en tension entre progrès et responsabilité
Le développement de l’intelligence artificielle est souvent présenté comme une solution aux défis climatiques, notamment dans les secteurs de l’agriculture ou de la logistique. Pourtant, son empreinte carbone est aujourd’hui un sujet de préoccupation majeur. Les modèles d’IA, de plus en plus complexes, nécessitent des milliers de serveurs fonctionnant en continu. « L’entraînement d’un seul grand modèle de langage peut émettre autant de CO₂ que cinq voitures sur toute leur durée de vie », souligne un rapport de l’ONG Greenpeace publié en 2024. Dans ce contexte, les engagements climatiques des géants de la tech apparaissent comme un équilibre délicat entre croissance économique et impératifs environnementaux.
Amazon et Google ne sont pas les seuls concernés. Microsoft, Meta et d’autres acteurs du secteur font face à des pressions similaires pour réduire leur impact environnemental. En 2023, Microsoft avait déjà reconnu que ses émissions avaient augmenté de 30 % depuis 2020, malgré ses promesses de neutralité carbone. Ces constats rappellent que la transition écologique des entreprises technologiques reste un chantier complexe, où les annonces ne suffisent pas toujours à compenser la réalité des chiffres.
Une chose est sûre : l’équation entre innovation technologique et responsabilité environnementale n’a jamais été aussi complexe. Alors que l’IA continue de transformer nos sociétés, la question de son coût écologique reste entière. Les géants du numérique devront-ils choisir entre croissance et durabilité, ou parviendront-ils à concilier les deux ?
Amazon mise sur des contrats d’électricité renouvelable et des investissements dans des projets d’énergie verte, tandis que Google accélère le déploiement de son infrastructure « carbon-free energy ». Les deux entreprises développent également des outils pour optimiser l’efficacité énergétique de leurs centres de données, comme le refroidissement par immersion ou l’utilisation de l’IA pour réduire la consommation.