D’après Ouest France, le Mondial 2026 de football, co-organisé par le Mexique, les États-Unis et le Canada, débutera le 11 juin. Une compétition qui, il y a 96 ans, avait pris une forme radicalement différente lors de sa première édition en 1930 en Uruguay.
Ce qu'il faut retenir
- La première Coupe du monde de football s’est tenue en Uruguay en 1930, du 13 juillet au 30 juillet.
- Seulement 13 équipes y avaient participé, dont sept venues d’Europe par bateau.
- Le tournoi s’est déroulé dans trois stades uniquement, tous situés à Montevideo.
- L’Uruguay avait remporté la finale face à l’Argentine, dans un match marqué par des tensions.
- Cette édition inaugurale différait largement des compétitions modernes par son format et son organisation.
Une compétition improvisée et pionnière
L’Uruguay, double champion olympique en titre en 1924 et 1928, avait été choisi pour organiser cette première Coupe du monde, alors appelée Coupe Jules Rimet, en hommage au président français de la FIFA de l’époque. Treize nations avaient finalement répondu à l’appel, dont seulement quatre européennes — la Belgique, la France, la Roumanie et la Yougoslavie — qui avaient effectué un long voyage en bateau pour traverser l’Atlantique. Les autres équipes provenaient des Amériques, reflétant l’influence régionale de la FIFA à l’époque.
Contrairement aux éditions modernes, cette première édition n’a connu ni phase de groupes ni éliminatoires. Les treize équipes ont été réparties en quatre groupes, avec un seul représentant par groupe qualifié pour les demi-finales. « Cette compétition était une aventure à part entière », rappelle l’historien du football Jean-Philippe Réthy, interrogé par Ouest France. « Les infrastructures étaient rudimentaires, et les règles moins strictes qu’aujourd’hui. »
Un tournoi limité à trois stades et une finale mouvementée
Tous les matchs de cette première Coupe du monde se sont déroulés à Montevideo, dans trois stades : le Stade Centenario — construit spécialement pour l’occasion et toujours en service aujourd’hui — ainsi que les stades Pocitos et Parque Central. Ce dernier a notamment accueilli le tout premier match de l’histoire de la compétition, le 13 juillet 1930, opposant la France au Mexique, remporté par les Bleus sur le score de 4-1.
La finale, disputée le 30 juillet 1930 au Stade Centenario, a opposé l’Uruguay à l’Argentine devant près de 68 000 spectateurs. Après un début de match chaotique — les joueurs argentins avaient exigé de jouer avec leur propre ballon, provoquant un retard de 45 minutes — l’Uruguay s’est imposé 4-2. Ce match reste dans les mémoires comme l’un des plus tendus de l’histoire du football, avec des incidents entre joueurs et supporters des deux côtés.
Une édition aux antipodes des standards actuels
Si cette première Coupe du monde avait toutes les caractéristiques d’une épreuve pionnière, elle différait considérablement des tournois actuels. Aucun système de qualification n’avait été mis en place : les fédérations avaient été invitées à participer. Le voyage pour les équipes européennes était long et coûteux, limitant leur nombre à quatre. Quant au format, il était simplifié à l’extrême, avec une phase finale réduite à quatre équipes seulement.
Côté organisation, les moyens techniques étaient quasi inexistants. Pas de retransmission télévisée — la télévision n’en était qu’à ses balbutiements — ni de sponsors majeurs. Les recettes provenaient principalement des recettes de billetterie et des dons des fédérations participantes. « Cette première édition était avant tout une démonstration de volonté », explique Réthy. « Elle a posé les bases de ce qui allait devenir le plus grand événement sportif mondial. »
Quant au Mondial 2026, il débutera dans moins d’un mois et promet d’écrire une nouvelle page de l’histoire du football, loin des conditions rudimentaires de 1930.
L’Uruguay avait été sélectionné car il était double champion olympique en titre en 1924 et 1928. Ce palmarès sportif avait convaincu la FIFA de lui confier l’organisation de cette compétition inaugurale, selon Ouest France.