En Angleterre, les logements situés à moins de 20 km d’une centrale nucléaire ont perdu en moyenne 4,2 % de leur valeur après la catastrophe de Fukushima en 2011. Cette étude, rapportée par Ouest France, met en lumière les répercussions économiques et sociales d’un risque perçu comme accru. Autant dire que la question de l’implantation des nouvelles infrastructures nucléaires en France et au Royaume-Uni s’accompagne désormais d’un débat plus large sur l’acceptabilité de ces sites.

Ce qu'il faut retenir

  • Les logements situés à moins de 20 km d’une centrale nucléaire anglaise ont perdu 4,2 % de leur valeur après l’accident de Fukushima en 2011.
  • Cette baisse s’accompagne d’une recomposition sociale marquée dans les zones concernées.
  • L’étude intervient alors que la France et le Royaume-Uni relancent des programmes nucléaires ambitieux.
  • Le risque perçu par les populations a significativement évolué depuis 2011.

Une étude britannique qui révèle les effets concrets du risque nucléaire

Publiée après la catastrophe de Fukushima, l’étude britannique révèle une baisse de valeur immobilière « sans précédent », selon les auteurs. « Les prix ont chuté de manière significative », explique un économiste cité par Ouest France. Cette baisse s’est traduite par une reconfiguration démographique dans les zones concernées. Les habitants les plus aisés ont souvent quitté ces secteurs, remplacés par des populations plus modestes, moins sensibles aux risques perçus.

Les chercheurs ont analysé les transactions immobilières sur une période de cinq ans après l’accident, en comparant les zones situées à moins de 20 km des centrales avec des secteurs similaires, mais éloignés de ces installations. Les résultats montrent une décote durable, bien au-delà des fluctuations économiques classiques.

Un signal fort pour les projets nucléaires en Europe

Cette étude intervient alors que plusieurs pays européens, dont la France et le Royaume-Uni, envisagent de relancer ou construire de nouvelles centrales. À titre d’exemple, le gouvernement britannique a récemment annoncé un programme visant à multiplier par deux la part du nucléaire dans son mix énergétique d’ici 2050. « Les promoteurs immobiliers et les collectivités locales doivent prendre en compte ces données », souligne un urbaniste interrogé par Ouest France.

En France, où le nucléaire représente déjà 70 % de la production électrique, la question de l’acceptation sociale des nouvelles installations reste un enjeu majeur. Les projets comme celui de Penly (Seine-Maritime) ou du Bugey (Ain) ont déjà suscité des mobilisations locales. « L’impact sur l’immobilier pourrait devenir un argument de poids pour les opposants », estime un analyste du secteur.

Une recomposition sociale qui interroge

Au-delà des chiffres, l’étude met en évidence une fuite des classes moyennes et supérieures vers des zones jugées plus sûres. « Les communes concernées voient leur population vieillir et se paupériser », explique un sociologue spécialiste des territoires. Ce phénomène s’accompagne parfois d’une baisse des recettes fiscales locales, affectant les services publics.

Dans certaines villes comme Sellafield, près d’une centrale en Cumbria, les écoles ont vu leurs effectifs diminuer de 15 % en cinq ans, selon les données locales. « Les familles avec enfants sont les premières à partir », confirme un responsable municipal. Cette tendance pourrait s’accentuer avec la multiplication des projets nucléaires.

Et maintenant ?

Les résultats de cette étude pourraient influencer les débats sur l’acceptabilité des nouvelles centrales nucléaires. En France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit rendre d’ici fin 2026 un rapport sur la sûreté des réacteurs existants et les conditions d’implantation des futurs sites. Au Royaume-Uni, le gouvernement doit préciser d’ici mi-2026 les modalités de financement des nouveaux projets, alors que les opposants menacent déjà de recourir à des recours juridiques.

Reste à voir si les acteurs du secteur parviendront à rassurer les populations locales. « La transparence et la concertation seront déterminantes », conclut un expert du nucléaire, cité par Ouest France.

Alors que le nucléaire reste présenté comme une solution pour la transition énergétique, les enseignements de cette étude rappellent que son acceptation sociale ne peut être prise pour acquise. Les prochaines années diront si les pouvoirs publics sauront concilier ambition énergétique et réalités territoriales.

Selon l’étude britannique, la baisse s’explique principalement par une perception accrue du risque après l’accident de Fukushima en 2011. Les habitants et les investisseurs anticipent des contraintes (expropriations potentielles, restrictions urbanistiques) et une dépréciation durable des biens.