Selon Euronews FR, les taux d’imposition sur le revenu des personnes physiques en Europe affichent des écarts considérables en 2025, reflétant des politiques fiscales et sociales très variables d’un pays à l’autre. Les données, issues du rapport « Taxing Wages 2026 » de l’OCDE, révèlent que la situation familiale, le nombre d’enfants à charge et le niveau de revenu influencent fortement la part du salaire brut prélevée par l’État. Autant dire que le poids de l’impôt sur le revenu varie du simple au quintuple selon le profil des contribuables et le pays considéré.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, une personne seule sans enfant gagnant 100 % du salaire moyen paie entre 6,6 % (Pologne) et 35,3 % (Danemark) d’impôt sur le revenu, selon Euronews FR.
  • Un couple mono-actif avec deux enfants peut bénéficier de taux négatifs comme en Slovaquie (-6,5 %) ou payer moins de 1 % en Allemagne ou Pologne.
  • Les prestations familiales transitent différemment selon les pays : en Estonie ou en Suède, elles passent par d’autres canaux que l’impôt sur le revenu.
  • Le Danemark, malgré un taux d’IRPP très élevé, compense par des cotisations sociales quasi inexistantes, à l’inverse de la France.

Des écarts marqués selon les profils et les pays

Pour une personne seule sans enfant gagnant le salaire moyen national, le taux d’imposition sur le revenu oscille entre 6,6 % en Pologne et 35,3 % au Danemark, selon les données de l’OCDE compilées par Euronews FR. Dans l’Union européenne à 22, la moyenne s’établit à 17,2 %, tandis que l’OCDE affiche une moyenne légèrement inférieure à 15,5 %. Le Danemark est le seul pays à dépasser les 30 %, suivi par l’Islande (27,1 %) et la Belgique (25,6 %). L’Italie (19,1 %) et le Royaume-Uni se situent au-dessus de la moyenne européenne, alors que l’Allemagne (17,2 %), l’Espagne (17,1 %) et la France (16,7 %) s’en approchent.

Côté bas taux, la Pologne (6,6 %), la Tchéquie (9,7 %), la Suisse et la Slovaquie (11,9 %) se distinguent avec des prélèvements inférieurs à 12 %. Pour les grandes économies, l’Espagne et la France figurent parmi les pays où l’impôt sur le revenu pèse le moins, juste derrière la moyenne européenne.

L’effet « enfants à charge » : des baisses d’impôt significatives

Lorsque l’on introduit des enfants dans le foyer, la facture fiscale diminue dans la plupart des pays. Pour un couple mono-actif avec deux enfants, le taux d’imposition moyen chute à 11 % dans l’UE et 11 % dans l’OCDE, contre 17,2 % et 15,5 % pour une personne seule sans enfant. Les écarts les plus marqués s’observent en Slovaquie (-6,5 % de taux effectif), en Allemagne (0,7 %) et en Pologne (1,1 %). En Belgique, la différence atteint 11,8 points de pourcentage entre un célibataire sans enfant et un couple avec deux enfants.

Certains pays, comme l’Estonie, la Norvège, la Suède ou la Turquie, affichent des taux identiques pour les deux profils. Selon Alex Mengden, économiste à la Tax Foundation, cela ne signifie pas l’absence de prestations familiales, mais plutôt qu’elles sont financées par d’autres mécanismes : « Ces pays offrent une aide sous forme de services publics, de transferts directs ou de coassurance gratuite pour les enfants », précise-t-il.

Les couples bi-actifs : un léger avantage fiscal, mais des exceptions

Pour un couple où les deux membres travaillent et gagnent chacun le salaire moyen, le taux d’imposition moyen s’élève à 15,5 % dans l’UE et 14,3 % dans l’OCDE, soit un niveau légèrement inférieur à celui d’une personne seule sans enfant. Les taux varient de 4,7 % en Slovaquie à 35,3 % au Danemark. Edoardo Magalini, analyste à l’OCDE et co-auteur du rapport, explique ces différences par la structure même des systèmes fiscaux : « Les pays ont des approches différentes de leur "tax mix", c’est-à-dire la répartition entre impôts sur le revenu, TVA ou taxes sur les sociétés », souligne-t-il.

Alex Mengden rappelle que dans les systèmes à taux unique, les ménages avec enfants paient le même impôt sur le revenu, qu’il y ait un ou deux revenus. En revanche, dans les systèmes progressifs, les couples bi-actifs subissent une pression fiscale accrue.

La charge fiscale globale : l’impôt sur le revenu n’est qu’une partie du puzzle

Le poids réel de la fiscalité sur le travail ne se limite pas à l’impôt sur le revenu. Les cotisations sociales, souvent oubliées dans les comparaisons, jouent un rôle clé. Le Danemark, malgré un taux d’IRPP parmi les plus élevés d’Europe, compense par des cotisations sociales quasi nulles pour les salariés. À l’inverse, la France, où l’IRPP se situe légèrement en dessous de la moyenne européenne, affiche des cotisations sociales parmi les plus lourdes au monde.

John Hurley, responsable de recherche à Eurofound, souligne un lien entre systèmes fiscaux progressifs et importance des impôts sur le travail : « Les pays où la part des impôts sur le travail est élevée tendent aussi à avoir des systèmes plus progressifs, taxant davantage les hauts revenus », indique-t-il. Cette progressivité explique pourquoi certains ménages à bas revenus bénéficient d’allègements fiscaux, voire de remboursements, dans des pays comme l’Allemagne ou la Slovaquie.

« Certains pays peuvent s’appuyer davantage sur la TVA ou des impôts sur les sociétés, tandis que d’autres dépendent davantage des impôts sur le travail. »
— Edoardo Magalini, analyste à l’OCDE

Et maintenant ?

Les prochaines évolutions dépendront des réformes fiscales engagées dans chaque pays. En France, où les cotisations sociales pèsent lourdement, une réduction de leur poids pourrait être envisagée pour améliorer le pouvoir d’achat. Au Danemark, une stabilité des taux d’IRPP est probable, le système restant marqué par une forte progressivité et des prestations sociales élevées. Pour les contribuables européens, le défi reste de comparer non seulement les taux d’IRPP, mais aussi l’ensemble de la charge fiscale, incluant TVA et cotisations sociales.

Ces disparités soulèvent une question plus large : dans un marché unique où la mobilité des travailleurs s’accroît, les différences de pression fiscale pourraient-elles influencer les choix de résidence ou d’emploi des Européens ? Les prochaines années diront si les systèmes fiscaux européens tendent vers une plus grande convergence, ou si les écarts persistants reflètent des choix politiques et sociaux irréconciliables.

Selon Euronews FR, certains pays comme la Slovaquie ou l’Allemagne appliquent des taux d’imposition négatifs pour les ménages avec enfants, car les aides familiales sont intégrées au calcul de l’impôt. Concrètement, le fisc verse une somme au contribuable plutôt que de lui prélever un impôt. Ce mécanisme vise à soutenir financièrement les familles modestes.