Le risque d’exposition au hantavirus pour les Européens reste « faible », a rappelé ce jeudi 7 mai 2026 la Commission européenne. Alors que plusieurs cas ont été signalés à bord d’un navire de croisière en direction des Canaries, l’exécutif européen a tenu à rassurer sur l’absence de menace sanitaire majeure pour le continent. Une position réaffirmée dans un contexte où les autorités espagnoles préparent l’accueil du bateau dans un délai de trois à quatre jours, comme l’a indiqué le ministère de la Santé madrilène.

Selon BMF - International, la Commission a précisé que les mesures de surveillance et de prévention mises en place par les États membres permettaient de contenir tout risque de propagation. « Les Européens n’ont pas de raison de s’inquiéter de manière disproportionnée », a déclaré un porte-parole de l’institution, tout en rappelant l’importance de respecter les protocoles sanitaires en vigueur.

Ce qu'il faut retenir

  • La Commission européenne considère que le risque lié au hantavirus pour les Européens est « faible ».
  • Plusieurs cas ont été détectés à bord d’un navire de croisière en route vers les Canaries.
  • L’Espagne prévoit d’accueillir le bateau dans un délai de 3 à 4 jours.
  • Les autorités sanitaires européennes estiment que les dispositifs de surveillance sont suffisants.

Un navire en quarantaine en approche des Canaries

Le bateau concerné, dont l’identité n’a pas été révélée, se dirige actuellement vers l’archipel espagnol. Les autorités sanitaires des Canaries ont confirmé qu’elles préparaient son accostage dans les prochaines 72 à 96 heures. « Nous coordonnons avec le ministère de la Santé et les services portuaires pour garantir une prise en charge sécurisée des passagers et de l’équipage », a indiqué un responsable régional.

Sur place, des protocoles de désinfection et de dépistage ont été activés, tandis que les passagers présentant des symptômes seront isolés. Selon BMF - International, cette situation rappelle celle de 2020, lorsque des cas de COVID-19 avaient été détectés à bord de navires de croisière, entraînant des quarantaines prolongées.

Le hantavirus, un virus méconnu mais sous surveillance

Transmis principalement par les rongeurs, le hantavirus peut provoquer des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal (FHSR) ou des syndromes pulmonaires (SPH), selon les souches. En Europe, les cas humains restent rares, mais plusieurs foyers ont été signalés ces dernières années, notamment en Scandinavie et en Europe de l’Est. « Le risque de transmission interhumaine est quasi inexistant », a souligné la Commission européenne.

En 2023, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait classé le hantavirus parmi les agents pathogènes prioritaires pour la recherche, en raison de sa capacité à émerger dans de nouveaux territoires. Les experts rappellent que les mesures de prévention reposent avant tout sur le contrôle des populations de rongeurs et l’hygiène dans les zones rurales.

L’Espagne en première ligne face à cette alerte sanitaire

L’Espagne, qui a déjà accueilli plusieurs navires en quarantaine depuis le début de la pandémie, se trouve une fois de plus en première ligne. Le gouvernement madrilène a mobilisé ses équipes médicales et ses laboratoires pour analyser les échantillons prélevés à bord. « Nous suivons les recommandations de l’OMS et de l’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) », a précisé un haut fonctionnaire du ministère de la Santé.

Côté passagers, l’inquiétude grandit, certains craignant une répétition des scènes de 2020, où des croisiéristes avaient été confinés pendant des semaines. « On nous a juste dit de rester calmes et de suivre les consignes », témoigne un passager joint par téléphone, sans donner plus de détails.

Et maintenant ?

L’accueil du navire dans les prochains jours permettra d’évaluer l’ampleur réelle de l’épidémie à bord et de déterminer si des mesures supplémentaires doivent être prises. Les autorités sanitaires espagnoles devraient publier un premier bilan dès l’arrivée du bateau. Quant à la Commission européenne, elle a indiqué qu’elle resterait en contact avec les États membres pour adapter sa réponse en fonction de l’évolution de la situation.

Cette affaire intervient alors que l’Union européenne renforce ses dispositifs de surveillance des maladies émergentes, dans un contexte où les voyages internationaux restent un vecteur potentiel de propagation. Reste à voir si ce nouvel épisode incitera les institutions à revoir leurs protocoles, ou si, comme le répètent les experts, le risque pour les Européens reste « maîtrisé et limité ».

Le hantavirus peut provoquer fièvre, douleurs musculaires, frissons et, dans les cas graves, des complications rénales ou pulmonaires. La période d’incubation varie de quelques jours à plusieurs semaines.

Principalement par inhalation de particules contaminées (excréments, urine ou salive de rongeurs). La transmission interhumaine est extrêmement rare.