Un incendie accidentel a ravagé une partie du cloître de la cathédrale de Condom, dans le Gers, endommageant près de 90 % des 4 300 ouvrages anciens conservés dans ce lieu, dont certains remontent au XVIe siècle. Selon Le Figaro, l’incendie s’est déclaré vendredi soir dans cette dépendance de l’édifice religieux, mobilisant une cinquantaine de pompiers pour maîtriser les flammes.

Ce qu'il faut retenir

  • 90 % des 4 300 ouvrages du fonds ancien endommagés, certains imbibés d’eau après l’intervention des pompiers, d’autres partiellement brûlés ;
  • Le sinistre a notamment touché une partie du fonds Bossuet, incluant un missel de Jacques-Bénigne Bossuet, évêque de Condom avant Meaux ;
  • Une cinquantaine de pompiers mobilisés pour éteindre l’incendie dans ce bâtiment à voûtes remarquable ;
  • Le maire de Condom évoque un départ de feu accidentel, bien que cette hypothèse doive encore être confirmée ;
  • Les archives cadastrales ont été sauvées, et les équipes tentent désormais de sécuriser le cloître.

Un patrimoine exceptionnel menacé par les flammes

L’incendie a pris dans l’enceinte du cloître de la cathédrale Saint-Pierre de Condom, un édifice classé et doté d’une médiathèque municipale. Selon les premières estimations, 3 870 ouvrages sur les 4 300 conservés dans ce fonds ancien ont été touchés par le sinistre. « Certains sont imbibés d’eau à cause de l’intervention des pompiers, d’autres sont en partie brûlés », a expliqué à l’AFP Jean-François Sabathier, le maire de Condom, ville de quelque 6 000 habitants. « On essaie de préserver ce qui peut l’être, le plus possible », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de sauver à la fois les livres et le cloître lui-même, dont la structure à voûtes est « remarquable ».

Parmi les documents endommagés figure une partie du fonds Bossuet, nommé en référence à Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), théologien et évêque de Condom avant de devenir celui de Meaux. Le missel qu’il utilisait fait partie des pièces désormais compromises. Les autorités locales précisent que les ouvrages concernés s’échelonnent du XVIe au XIXe siècle, et que leur inventaire complet est en cours pour évaluer l’étendue des dégâts.

Un départ de feu qualifié d’accidentel, mais à confirmer

Le maire de Condom, Jean-François Sabathier, a indiqué que l’incendie serait d’origine accidentelle, bien qu’il ait reconnu que cette hypothèse restait à vérifier. « C’est accidentel, même si ça reste à confirmer », a-t-il déclaré à l’AFP. L’origine exacte du sinistre n’a pas encore été déterminée, et les enquêtes se poursuivent pour établir les circonstances précises de l’événement. En attendant, les services municipaux et les pompiers ont concentré leurs efforts sur la sécurisation des lieux et la protection des biens encore intacts.

Côté opérations, une cinquantaine de soldats du feu ont été déployés sur place vendredi soir pour contenir les flammes. Selon La Dépêche du Midi, cité par Le Figaro, les pompiers sont parvenus à maîtriser l’incendie en quelques heures, limitant ainsi la propagation des dégâts. Les dégâts matériels restent cependant importants, notamment pour le cloître, dont une partie abrite désormais une médiathèque partiellement détruite.

Des archives cadastrales sauvées, mais un patrimoine en péril

Malgré l’ampleur du sinistre, certaines pièces ont pu être mises à l’abri. « Nous avons réussi à sauver les archives cadastrales », a indiqué le maire, soulignant l’importance de ces documents pour l’histoire locale. Les équipes municipales et les services de secours s’attellent désormais à sécuriser le cloître et à évaluer les travaux de restauration nécessaires pour préserver cet élément architectural majeur du Gers. « Le cloître est un bâtiment à voûtes remarquable, et nous faisons tout pour limiter les dégâts », a précisé Jean-François Sabathier.

Les prochaines étapes consisteront à inventorier l’ensemble des livres endommagés et à engager des expertises pour déterminer les possibilités de restauration. Les responsables locaux n’ont pas encore communiqué d’estimation financière des réparations, mais l’État et les collectivités devraient être sollicités pour financer une partie des travaux. La question de la reconstruction ou de la restauration du cloître, classé au titre des Monuments historiques, sera également au cœur des discussions dans les semaines à venir.

Et maintenant ?

Les autorités locales doivent finaliser l’inventaire des ouvrages endommagés dans les prochains jours et engager des expertises pour évaluer l’état exact du cloître et des documents. Une réunion de crise pourrait être organisée dès la semaine prochaine pour définir un plan d’action, incluant les demandes de subventions auprès de l’État et des instances régionales. La restauration du fonds ancien et du bâtiment pourrait prendre plusieurs mois, voire plusieurs années, selon l’ampleur des dégradations. Une enquête technique est également en cours pour déterminer l’origine précise du départ de feu, dont les résultats pourraient influencer les mesures de prévention futures.

Condom, ville du Gers connue pour son patrimoine historique, se retrouve ainsi confrontée à une perte culturelle majeure. Les prochaines semaines seront déterminantes pour préserver ce qui peut encore l’être et envisager les étapes de reconstruction, tant matérielle qu’intellectuelle.

Les équipes municipales doivent d’abord finaliser l’inventaire des ouvrages touchés avant d’engager des expertises pour évaluer leur état. Une fois ce diagnostic établi, des restaurateurs spécialisés seront sollicités pour tenter de sauver les documents les plus abîmés. Les livres imbibés d’eau seront probablement soumis à un traitement de dessiccation, tandis que ceux brûlés partiellement feront l’objet d’une analyse au cas par cas. Le processus pourrait s’étaler sur plusieurs mois.