Le 25 juillet 2026, les flammes ravageaient encore une fois les forêts autour d’Arès, en Gironde. Des images de pompiers luttant contre des feux d’une intensité inédite ont marqué l’actualité estivale, comme chaque année désormais en Europe. Selon Courrier International, relayant une analyse du quotidien espagnol ABC, ces catastrophes ne sauraient être imputées uniquement au dérèglement climatique. « Ce phénomène est devenu l’alibi idéal pour certaines administrations qui cherchent à échapper à leurs responsabilités », souligne l’article, pointant du doigt le délaissement de la gestion forestière sur plusieurs décennies.
Ce qu'il faut retenir
- Les incendies en Europe ne peuvent être attribués uniquement au changement climatique, selon une analyse publiée par ABC et relayée par Courrier International.
- Une gestion forestière rigoureuse (patrouilles, débroussaillage, coupe-feu) permettrait de limiter l’impact des feux, mais ces mesures sont souvent bloquées par des réglementations rigides.
- Les techniques traditionnelles de prévention, comme le pâturage ou le nettoyage des sous-bois, existent mais sont rarement mises en œuvre faute de moyens ou de volonté politique.
- Le quotidien espagnol ABC, fondé en 1903 et appartenant depuis 2001 au groupe Vocento, est connu pour ses unes percutantes et son supplément culturel XL Semanal.
Des mesures de prévention oubliées, malgré des savoir-faire éprouvés
La multiplication des incendies en Europe, particulièrement en Espagne où les régions du centre et du sud sont régulièrement touchées, n’est pas un phénomène nouveau. Pourtant, des solutions existent. Comme le rappelle Courrier International d’après ABC, des pratiques ancestrales pourraient encore jouer un rôle clé : surveillance accrue des forêts, débroussaillage régulier, entretien des coupe-feu ou encore recours au pâturage pour limiter l’accumulation de végétaux secs.
« Ces mesures s’appuient sur des savoir-faire mis au point depuis des générations », indique l’article. Pourtant, leur application se heurte trop souvent à des obstacles bureaucratiques ou à un manque de moyens. Résultat : les forêts, privées de ces protections, deviennent des proies faciles pour les feux, aggravés par les étés de plus en plus chauds et secs.
Le climat comme bouc émissaire : une stratégie politique risquée
Attribuer systématiquement la responsabilité des incendies au changement climatique revient à masquer les lacunes de la gestion publique, selon les auteurs de l’analyse. « Faire du dérèglement climatique l’unique explication des catastrophes naturelles est très tentant pour ne pas reconnaître ses erreurs », peut-on lire dans Courrier International. Personne ne nie l’impact du climat sur la fréquence et l’intensité des feux, mais une politique proactive de prévention permettrait d’en atténuer les effets.
L’article évoque ainsi le cas de l’Espagne, où les feux de forêt ont pris une ampleur dramatique ces dernières années. Pourtant, des pays comme le Portugal ou la Grèce ont montré que des mesures ciblées pouvaient réduire les risques. En 2025, le Portugal avait ainsi réduit de près de 40 % la superficie brûlée grâce à un plan de gestion forestière renforcé.
La bureaucratie, un frein persistant à la prévention
Parmi les obstacles cités par ABC, les réglementations trop strictes et une administration parfois sclérosée figurent en tête de liste. Les retards dans l’attribution des autorisations pour le débroussaillage ou la création de coupe-feu, par exemple, peuvent rendre ces mesures inefficaces avant même qu’elles ne soient mises en place. « Toutes ces pratiques ont bien trop souvent été empêchées par des réglementations rigides et une bureaucratie », dénonce l’analyse.
Cette situation n’est pas sans rappeler les critiques formulées en France, où les feux de forêt en Gironde ou dans les Landes ont également pris une dimension critique. En 2023, près de 72 000 hectares avaient brûlé en France, un record depuis 2003. Pourtant, des rapports parlementaires avaient déjà pointé du doigt le manque d’entretien des massifs forestiers et l’insuffisance des moyens alloués aux services de lutte contre les incendies.
En conclusion, si le changement climatique aggrave incontestablement les risques d’incendies, il ne peut servir d’excuse à l’inaction des pouvoirs publics. Comme le souligne Courrier International d’après ABC, « la gestion forestière reste le parent pauvre des politiques environnementales, malgré des solutions éprouvées et des savoir-faire disponibles ». L’été 2026 rappelle une fois encore que le temps des promesses est révolu : place à l’action.
Plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence. D’abord, les étés de plus en plus chauds et secs, liés au changement climatique, favorisent le départ et la propagation des feux. Ensuite, l’abandon progressif de la gestion forestière traditionnelle, comme le débroussaillage ou le pâturage, a laissé s’accumuler des végétaux secs, propices aux incendies. Enfin, l’urbanisation croissante en zone rurale réduit les espaces de transition entre les zones habitées et les forêts, augmentant les risques de propagation.
Parmi les mesures les plus efficaces, on trouve le débroussaillage régulier, l’entretien des coupe-feu, la surveillance accrue des massifs forestiers, et le recours au pâturage pour limiter l’accumulation de biomasse. Ces techniques, combinées à une politique de prévention active, ont permis à des pays comme le Portugal de réduire significativement la superficie brûlée ces dernières années. La clé réside dans une approche intégrée, combinant gestion forestière, adaptation climatique et coordination entre les acteurs locaux et nationaux.