Selon RFI, le gouvernement indien a obtenu le retrait de deux applications mobiles chinoises disponibles sur les stores Google Play et Apple App Store. Ces outils, initialement conçus pour optimiser la gestion des batteries de tricycles électriques, ont été détournés de leur usage premier pour bloquer à distance des véhicules en circulation.

Cette affaire, devenue virale sur les réseaux sociaux au cours de la semaine écoulée, soulève des interrogations sur la cybersécurité des véhicules connectés en Inde. Plusieurs conducteurs ont rapporté, à travers des vidéos partagées en ligne, des arrêts brutaux de leurs tricycles en pleine conduite, sans intervention mécanique apparente.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux applications chinoises, retirées des stores Google Play et Apple App Store sur demande du gouvernement indien, étaient initialement destinées à la gestion des batteries de tricycles électriques.
  • Ces outils auraient été détournés pour désactiver à distance des véhicules, provoquant des immobilisations soudaines en pleine circulation.
  • Plusieurs conducteurs ont témoigné d'arrêts brutaux de leurs tricycles, documentés par des vidéos circulant sur les réseaux sociaux.
  • Cette affaire met en lumière les risques de cybersécurité liés aux véhicules connectés, un sujet en pleine expansion en Inde.

Des applications détournées pour immobiliser des véhicules

Les deux applications incriminées, baptisées Battery Master et EcoCharge Pro, avaient été téléchargées par des milliers d'utilisateurs en Inde. Leur fonction initiale était d'optimiser l'autonomie des batteries lithium-ion des tricycles électriques, très répandus dans les grandes villes indiennes pour le transport de passagers ou de marchandises.

Cependant, selon les autorités, ces applications auraient été piratées par des tiers. Une faille de sécurité aurait permis de prendre le contrôle à distance des véhicules équipés de ces outils, déclenchant des commandes d'arrêt forcé. « On a vu des conducteurs se retrouver bloqués en pleine route, sans explication », a déclaré un responsable du ministère indien des Transports, cité par RFI.

Une réponse rapide des autorités et des géants du numérique

Dès que les premiers signalements ont émergé, le gouvernement indien a réagi en urgence. En moins de 48 heures, les deux applications ont été retirées des stores numériques, à la demande des autorités. Google et Apple ont confirmé cette suppression, précisant que leurs équipes techniques avaient mené des vérifications immédiates.

« Nous avons pris cette affaire très au sérieux et collaboré sans délai avec les autorités indiennes pour identifier la source du problème », a affirmé un porte-parole de Google, cité par RFI. De son côté, le ministère indien des Télécommunications a annoncé le lancement d'une enquête conjointe avec la police et les spécialistes en cybersécurité pour traquer les responsables.

Un contexte préoccupant pour les véhicules connectés

Cette affaire survient dans un contexte où l'Inde accélère son adoption des véhicules électriques et connectés. Le pays compte plus de 1,5 million de tricycles électriques en circulation, selon les dernières estimations du ministère de l'Industrie. Leur intégration croissante aux systèmes numériques les rend vulnérables à des cyberattaques.

« Les risques sont réels : si des applications tierces peuvent être piratées, cela pose la question de la sécurisation des données et des commandes des véhicules », a souligné un expert en cybersécurité interrogé par RFI. Les constructeurs indiens de tricycles électriques, comme Bajaj Auto ou TVS Motor, n'ont pas encore réagi publiquement, mais certains ont commencé à évaluer l'impact de cette faille sur leurs propres systèmes.

Et maintenant ?

Une enquête approfondie devrait être finalisée d'ici la fin du mois de juillet 2026. Les autorités indiennes pourraient imposer de nouvelles normes de sécurité pour les applications liées aux véhicules électriques, notamment l'obligation de certifications cybernétiques. Par ailleurs, une campagne de sensibilisation est prévue pour informer les conducteurs sur les risques liés aux applications tierces.

Reste à voir si cette affaire incitera les constructeurs à revoir en profondeur leurs protocoles de sécurité ou si elle sera considérée comme un incident isolé. Une chose est sûre : le débat sur la cybersécurité des véhicules connectés ne fait que commencer en Inde.

Les autorités indiennes n'ont pas encore identifié de modèles spécifiques. L'enquête est en cours pour déterminer quels tricycles équipés des applications Battery Master ou EcoCharge Pro ont été touchés. Les constructeurs concernés n'ont pas communiqué de liste précise.

Oui. Google et Apple ont confirmé le retrait définitif de Battery Master et EcoCharge Pro de leurs plateformes. Les développeurs chinois n'ont pas encore réagi publiquement pour expliquer comment leurs applications ont été détournées.