Selon BFM Business, le député « Écologiste et Social » de la Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, a pointé mardi 19 mai 2026 le rôle de l’inflation dans le mécontentement social et l’abstention aux scrutins. Dans un entretien accordé à la chaîne, il a estimé que la dégradation du pouvoir d’achat « participe à l’abstention et au dégoût » des citoyens envers le système politique, un phénomène qui s’aggrave depuis plusieurs années.
Ce qu'il faut retenir
- 19 mai 2026 : date de l’entretien d’Alexis Corbière pour BFM Business sur l’inflation et son impact politique.
- Alexis Corbière, député de la Seine-Saint-Denis, dénonce un lien entre hausse des prix et abstention.
- Le député souligne un « dégoût » croissant des citoyens envers les institutions politiques.
- La Seine-Saint-Denis, département représenté par Corbière, est l’un des plus touchés par la précarité en Île-de-France.
- L’inflation, toujours élevée début 2026, pèse sur le budget des ménages et leur confiance dans l’action publique.
L’inflation, un phénomène persistant qui mine la confiance des Français
Alors que l’inflation reste un sujet central de préoccupation pour les ménages français en 2026, son impact dépasse largement la sphère économique. Comme le rapporte BFM Business, Alexis Corbière a directement relié cette hausse des prix à un phénomène plus large : l’érosion de l’engagement citoyen. « On ne peut pas ignorer que lorsque les prix augmentent, que le carburant coûte plus cher et que l’alimentation grève le budget des familles, cela se répercute sur la participation aux élections », a-t-il expliqué.
Le député, connu pour ses positions critiques envers le libéralisme économique, a rappelé que les classes populaires et moyennes sont les premières victimes de cette situation. En Seine-Saint-Denis, où il siège, les indicateurs socio-économiques sont parmi les plus défavorables de la région parisienne. Autant dire que le contexte est particulièrement propice à une défiance envers les institutions, alors que les dernières consultations électorales ont enregistré des taux d’abstention records.
Abstention et désillusion politique : un cercle vicieux
Alexis Corbière n’a pas hésité à qualifier la situation de « dégoût » politique, un terme qui reflète selon lui l’état d’esprit d’une partie de la population. « Les gens ont le sentiment que leurs voix ne comptent plus, que les mesures prises ne les concernent pas directement, et cela nourrit un rejet global du système », a-t-il précisé. Cette analyse s’inscrit dans un contexte où l’inflation, bien que ralentie par rapport aux pics de 2022 et 2023, reste supérieure à l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE), fixé à 2 %.
Le député a également pointé du doigt les politiques d’austérité et les réformes économiques menées ces dernières années, qu’il juge « déconnectées des réalités du terrain ». Pour lui, la combinaison de la hausse des prix et d’un discours politique perçu comme éloigné des préoccupations quotidiennes des Français alimente un sentiment de défiance durable. « Ce n’est pas seulement une question de pouvoir d’achat, c’est aussi une question de dignité », a-t-il souligné.
Un département symbolique : la Seine-Saint-Denis en première ligne
Représentant un territoire marqué par des inégalités sociales et économiques, Alexis Corbière met en avant la Seine-Saint-Denis comme un exemple concret de cette dynamique. Avec un taux de pauvreté dépassant les 20 % et un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale, le département incarne les difficultés structurelles que connaissent de nombreuses familles en France. « Ici, les gens subissent de plein fouet les conséquences de l’inflation, et ils n’ont pas l’impression que leurs élus les défendent », a-t-il déclaré.
Le député a également rappelé que les dernières élections régionales et législatives en Île-de-France ont enregistré des scores d’abstention particulièrement élevés dans le département. Un phénomène qui, selon lui, ne peut être dissocié de la dégradation du niveau de vie et de la confiance dans les institutions. « Quand on voit que des pans entiers de la population renoncent à voter, c’est qu’il y a un problème de fond dans notre démocratie », a-t-il insisté.
« Quand les prix augmentent, que le carburant coûte plus cher et que l’alimentation grève le budget des familles, cela se répercute sur la participation aux élections. »
— Alexis Corbière, député « Écologiste et Social » de la Seine-Saint-Denis
Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste le premier sujet de préoccupation des Français, selon les dernières enquêtes d’opinion, la question de l’abstention et du désengagement politique pourrait bien s’imposer comme un enjeu central de la campagne à venir. Les responsables politiques devront alors proposer des réponses concrètes pour inverser cette tendance, sous peine de voir la crise de représentation s’aggraver.