Selon Franceinfo - Santé, l’installation de médecins généralistes enregistre une progression significative en 2025, avec une hausse de 32 % sur un an. Cette dynamique est particulièrement marquée dans les zones sous-dotées en professionnels de santé, où le nombre d’installations a bondi de 45 %. Une tendance qui contraste avec des années de pénurie et de déserts médicaux toujours plus étendus à travers le pays.
Ce qu'il faut retenir
- Une progression de 32 % des installations de médecins généralistes en 2025, selon l’Assurance maladie.
- Une hausse de 45 % dans les déserts médicaux, là où la demande est la plus forte.
- La fin du numerus clausus, supprimé en 2020, commence à porter ses fruits.
- Des initiatives locales, comme les maisons de santé pluridisciplinaires, facilitent les nouvelles installations.
- Des patients, privés de médecin traitant pendant des années, retrouvent enfin un interlocuteur de proximité.
Une hausse historique portée par la fin du numerus clausus
Pour la première fois depuis des années, le nombre de médecins généralistes installés en France affiche une croissance significative. Selon les chiffres de l’Assurance maladie, relayés par Franceinfo - Santé, la hausse atteint 32 % sur un an. Ce rebond s’explique en grande partie par la suppression du numerus clausus, mis en place en 1971 pour limiter le nombre de médecins formés chaque année. Cette mesure, définitivement abolie en 2020, permet désormais à davantage de jeunes diplômés de s’installer, y compris dans des zones historiquement délaissées.
Cette progression est encore plus marquée dans les déserts médicaux, où le nombre d’installations a progressé de 45 %. Un signal encourageant alors que près de 3 millions de Français vivent encore dans une zone où l’accès aux soins primaires est difficile, selon les dernières estimations de la DREES.
À Écully, une jeune médecin répond à une demande locale insatisfaite
À Écully, une commune périurbaine située près de Lyon, le Dr Camille Bac a choisi de s’installer il y a quatre mois. Pour cette jeune médecin généraliste, l’opportunité était trop belle pour la laisser passer. « On est en zone périurbaine, dans une ville qui est plutôt attractive et pour autant, on n’est pas assez de médecins généralistes, et même avec cinq installations, on n’a encore pas les capacités pour répondre complètement à la demande locale », a-t-elle expliqué à Franceinfo - Santé.
Son installation s’est faite au sein d’une maison de santé pluridisciplinaire, un modèle qui séduit de plus en plus de praticiens. « C’est important de ne pas se sentir seule dans la prise en charge des patients. Je trouve que c’est aussi un gain pour les patients », a-t-elle souligné. Pour une patiente rencontrée par les équipes de France 2, cette arrivée est une véritable aubaine. Privée de médecin traitant pendant plus de trois ans, elle a enfin pu s’inscrire dans un cabinet médical sans attendre. « J’ai été aux alentours, les médecins avaient déjà leur patientèle pleine, donc je n’ai pas pu avoir de médecin traitant jusqu’à maintenant », a-t-elle confié.
Des patients soulagés, mais des défis persistants
Pour Jessica da Costa, mère d’un enfant de trois ans, la proximité d’un cabinet médical est un soulagement. Jusqu’alors, elle devait parcourir 40 minutes en voiture pour consulter un pédiatre. « Le fait de prendre la voiture et d’être là en dix minutes, c’est trop bien, c’est génial », a-t-elle témoigné. Son cas illustre l’un des enjeux majeurs de cette amélioration : réduire les délais d’accès aux soins pour les familles, mais aussi pour les personnes âgées ou à mobilité réduite.
Pourtant, des obstacles subsistent. Dans certaines zones, la pression reste forte. À l’approche de la retraite d’un médecin généraliste au sud de Paris, son successeur hésite encore. « J’y réfléchis, mais peut-être pas tout de suite », a confié le Dr Saber Chérif Naela. Cette situation montre que si la tendance est positive, la répartition des médecins reste inégale et dépend en grande partie des initiatives locales.
Des leviers pour attirer les praticiens dans les zones sous-dotées
Parmi les facteurs expliquant cette hausse, les maisons de santé pluridisciplinaires jouent un rôle clé. Ces structures, qui regroupent plusieurs professionnels de santé (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, etc.), offrent un cadre de travail plus attractif pour les jeunes diplômés. Elles permettent aussi une meilleure coordination des soins, un point crucial pour les patients en situation de précarité médicale.
Par ailleurs, des aides financières et des dispositifs d’accompagnement ont été renforcés ces dernières années. L’Assurance maladie propose désormais des primes à l’installation dans les déserts médicaux, tandis que certaines collectivités locales subventionnent la création de cabinets. Autant de mesures qui commencent à porter leurs fruits, même si leur impact reste à consolider sur le long terme.
Pour les patients, cette hausse des installations est une avancée majeure. Pourtant, elle ne suffira pas à elle seule à résorber les déserts médicaux. La question de la démographie médicale, mais aussi celle de l’attractivité des territoires ruraux et périurbains, restent des défis majeurs pour les années à venir.
Plusieurs dispositifs existent, comme les primes à l’installation proposées par l’Assurance maladie, pouvant aller jusqu’à 50 000 euros selon les zones. Certaines collectivités locales offrent également des subventions pour la création de cabinets ou des exonérations fiscales. Les maisons de santé pluridisciplinaires bénéficient, quant à elles, de financements spécifiques pour leur installation.