Deux femmes ont été condamnées à la peine capitale par la justice iranienne pour leur rôle dans les manifestations antigouvernementales de janvier, ont annoncé lundi 31 août des organisations de défense des droits humains, selon nos confrères de RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux femmes condamnées à mort en Iran pour participation aux manifestations de janvier
  • Les condamnations ont été prononcées par la justice iranienne
  • Les manifestations de janvier ont été marquées par un mouvement de protestation antigouvernemental
  • Les groupes de défense des droits humains dénoncent régulièrement ces verdicts

Une décision rendue publique par des défenseurs des droits humains

La condamnation à mort de deux femmes a été révélée lundi 31 août par des groupes de défense des droits humains, sans que les autorités judiciaires iraniennes n’aient encore communiqué officiellement sur ces verdicts. Selon les informations rapportées par RFI, les deux femmes auraient participé aux importantes manifestations qui ont secoué le pays en janvier 2026. Ces mouvements de protestation, d’une ampleur inédite, avaient été réprimés dans le sang par les forces de l’ordre, entraînant la mort de plusieurs centaines de manifestants.

Les manifestations de janvier 2026, un mouvement réprimé dans la violence

Les rassemblements de janvier 2026 s’inscrivaient dans la continuité des contestations ayant débuté en 2022, après la mort de Mahsa Amini en détention policière. Ces manifestations, portées notamment par des femmes exigeant plus de libertés et une remise en cause du régime théocratique, avaient rapidement gagné en intensité. Les autorités iraniennes avaient alors répondu par une répression massive, avec des milliers d’arrestations et des centaines de morts, selon les bilans établis par des ONG internationales. Le gouvernement avait justifié ces mesures par la nécessité de « rétablir l’ordre ».

Parmi les milliers de personnes interpellées figuraient des militants, des journalistes et des citoyens lambda, tous accusés de « troubles à l’ordre public » ou de « propagande contre le système ». Les procès, souvent expéditifs, avaient abouti à des condamnations à de lourdes peines, y compris la peine capitale. Les défenseurs des droits humains dénoncent depuis des années un système judiciaire instrumentalisé par le pouvoir pour museler toute opposition.

Une justice sous le feu des critiques internationales

Cette nouvelle condamnation s’ajoute à une série de verdicts controversés prononcés depuis le début de l’année. En juin 2026, un homme avait été exécuté pour avoir participé à ces mêmes manifestations, suscitant une vague d’indignation à l’échelle mondiale. Les Nations unies et plusieurs pays occidentaux avaient alors appelé Téhéran à cesser les exécutions et à respecter les droits fondamentaux. Les autorités iraniennes, de leur côté, rejettent ces critiques en invoquant la souveraineté nationale et la lutte contre le « terrorisme ».

Les organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch considèrent que ces condamnations illustrent une volonté systématique d’écraser toute velléité de contestation. « Ces verdicts sont symptomatiques d’un système judiciaire qui fonctionne comme une machine à broyer toute opposition », a déclaré une porte-parole d’Amnesty International à RFI. Le régime iranien, quant à lui, affirme agir dans le strict respect de la loi et rejette toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir se multiplier les pressions internationales sur l’Iran, notamment de la part de l’Union européenne et des États-Unis. Une résolution condamnant les exécutions et les condamnations à mort devrait être soumise à l’Assemblée générale des Nations unies d’ici la fin de l’année. Du côté iranien, aucune annonce n’a encore été faite concernant une possible grâce ou un report de l’exécution des deux femmes condamnées. Leur sort dépendra en grande partie des réactions de la communauté internationale et de la capacité des ONG à mobiliser l’opinion publique.

Ces condamnations rappellent également que la répression en Iran s’étend bien au-delà des frontières du pays, touchant des militants exilés ou des familles de victimes qui dénoncent les abus du régime. Pour les observateurs, la situation reste donc extrêmement tendue, et aucune amélioration n’est attendue à court terme.

D'après les informations rapportées par RFI, les deux femmes auraient été accusées de « participation à des rassemblements illégaux », de « propagande contre le système » et de « trouble à l’ordre public ». Ces chefs d’accusation sont souvent utilisés par les autorités iraniennes pour criminaliser toute forme de dissidence.