À quelques mois d’élections législatives qui s’annoncent cruciales pour sa survie politique, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou peine à tirer profit de la guerre engagée contre l’Iran. Selon Le Figaro, les derniers sondages israéliens confirment que sa coalition gouvernementale ne parviendrait pas à obtenir une majorité, malgré les premiers succès militaires affichés. Une situation qui expose le chef du gouvernement à des risques politiques accrus, au moment où une éventuelle désescalade pourrait relancer les poursuites judiciaires pour corruption dont il fait l’objet.
Ce qu'il faut retenir
- Les sondages israéliens indiquent que la coalition de Netanyahou ne parviendrait pas à obtenir une majorité aux prochaines élections, malgré le contexte de guerre avec l’Iran.
- Début mars, la ministre israélienne des Sciences, Gila Gamliel, avait évoqué la possibilité d’élections anticipées avant l’été 2026.
- Netanyahou espérait que la confrontation avec l’Iran lui permettrait de regagner l’avantage politique, mais les résultats concrets restent limités.
- Une sortie de guerre pourrait aggraver sa situation, en relançant le procès pour corruption lié aux événements du 7 octobre.
- Les premières victoires militaires, comme la mort du guide suprême iranien Khamenei, n’ont pas suffi à inverser la dynamique électorale.
Une stratégie électorale fondée sur la guerre en Iran
Dès le début de l’escalade militaire avec Téhéran, l’entourage de Netanyahou avait tablé sur une capitalisation politique immédiate. « Après les premières victoires — la mort de Khamenei, la destruction de nombreuses cibles militaires — l’entourage de Netanyahou pensait pouvoir capitaliser sur ces réussites », confie une source politique citée par Le Figaro. Début mars, la ministre israélienne des Sciences, Gila Gamliel, avait même annoncé, lors d’une intervention à la radio nationale, la possibilité de convoquer des élections anticipées avant l’été 2026. Ces déclarations traduisaient l’espoir d’un retour en grâce pour le Premier ministre, alors en difficulté dans les sondages.
Pourtant, ces premiers succès militaires n’ont pas suffi à transformer l’opinion publique. Malgré les frappes israéliennes et la neutralisation partielle de capacités iraniennes, la population reste sceptique quant aux bénéfices concrets de cette guerre sur leur quotidien. Autant dire que, pour l’instant, la stratégie de Netanyahou n’a pas produit l’effet escompté.
Un calendrier électoral qui se resserre
Les prochaines élections en Israël sont attendues avec une attention particulière, non seulement pour leur enjeu politique interne, mais aussi pour leur impact sur la stabilité régionale. Selon les dernières projections publiées dans la presse israélienne et relayées par Le Figaro, la coalition au pouvoir — composée de plusieurs partis de droite et d’extrême droite — ne disposerait pas d’une majorité suffisante pour se maintenir. Cette situation place Netanyahou dans une position délicate, où chaque décision pourrait peser lourdement sur son avenir politique.
Le Premier ministre mise en effet sur la poursuite de la guerre pour maintenir sa légitimité auprès de son électorat, tout en évitant une désescalade qui pourrait lui être fatale. « Sortir de la guerre est politiquement plus risqué que de s’y maintenir », analyse un observateur politique israélien. Cette logique explique pourquoi Israël continue ses opérations militaires, malgré les appels internationaux à la modération.
Les risques judiciaires, une épée de Damoclès
Outre la pression électorale, Netanyahou fait face à un autre défi de taille : son procès pour corruption. Les audiences liées aux événements du 7 octobre 2023 pourraient reprendre si le calme revenait sur le front militaire. Pour le Premier ministre, une désescalade avec l’Iran ou le Hamas signifierait donc non seulement une perte d’influence politique, mais aussi un retour à une situation judiciaire tendue. Une équation complexe qui explique en partie son refus de négocier une trêve durable.
Selon une source proche du dossier, Netanyahou « est prêt à tout pour se sauver ». Cette détermination reflète l’urgence dans laquelle il se trouve : entretenir le conflit semble être, à ses yeux, le moindre mal face aux alternatives qui se profilent.
Dans ce contexte, l’enjeu pour le Premier ministre israélien est double : maintenir une posture de fermeté militaire tout en évitant une détérioration trop rapide de sa situation politique intérieure. Une équilibre qu’il n’a pas encore réussi à trouver.
Le Premier ministre israélien espérait que la confrontation avec l’Iran lui permettrait de regagner du soutien politique, en capitalisant sur des succès militaires comme la mort du guide suprême iranien Khamenei ou la destruction de cibles militaires. Une stratégie risquée, mais qui devait, selon son calcul, lui offrir une légitimité renouvelée face à une opinion publique en quête de sécurité.
