D’après Courrier International, Jason Belmonte, joueur professionnel australien de bowling, est aujourd’hui reconnu comme l’athlète ayant transformé son sport en adoptant et popularisant la technique du lancer à deux mains. Une méthode qui, bien que contestée à ses débuts, s’impose désormais comme une référence sur les circuits professionnels et chez les jeunes joueurs.

Ce qu’il faut retenir

  • Jason Belmonte, Australien de 40 ans, a remporté sept fois le titre de « joueur de l’année » sur le circuit professionnel de la Professional Bowlers Association.
  • Il lance systématiquement la boule à deux mains depuis ses débuts, une technique non interdite mais longtemps marginalisée.
  • Son geste, décrit comme « hyperpuissant », permet une force et un effet accrus sur la boule, transformant radicalement la discipline.
  • Critiqué et moqué au départ, Belmonte a maintenu sa technique, inspirant aujourd’hui de nombreux concurrents et jeunes joueurs.
  • Sur les réseaux sociaux, le hashtag #2HANDS comptabilise des milliers de vidéos amateurs reprenant sa méthode.

Un parcours marqué par la persévérance et l’innovation

Né en 1986 en Australie, Jason Belmonte découvre le bowling dès son plus jeune âge, dans la salle tenue par ses parents. À l’époque, le lancer à une main domine largement la discipline, et les boules de compétition pèsent en moyenne 4,5 kg. Incapable de propulser une boule aussi lourde d’une seule main, le jeune Belmonte utilise spontanément ses deux mains. « Je n’ai jamais changé, même quand on me disait que c’était interdit ou que je trichais », a-t-il expliqué dans un portrait publié par le magazine américain GQ en juin 2023, repris par Courrier International.

Contrairement aux idées reçues, aucune règle du bowling professionnel n’interdit le lancer à deux mains. Cette technique offre un avantage mécanique indéniable : elle permet de générer une vitesse et un effet bien supérieurs, rendant la trajectoire de la boule plus imprévisible pour les quilles. « Son geste est une explosion de puissance », décrit GQ, évoquant un mouvement fluide et athlétique, « comme un coup de fouet ». La boule, une fois lancée, adopte une courbe si prononcée qu’elle frappe les quilles avec une force comparable à « une mini-explosion de mortier ».

De la polémique à la consécration

Au début de sa carrière, Belmonte a essuyé de vives critiques. « On m’a traité de tricheur. Certains m’ont dit de rentrer chez moi, en Australie », confie-t-il. Les entraîneurs traditionnels refusaient de le former, préférant le pousser à adopter le lancer classique. « Ils voulaient tous me convertir [au lancer à une main] », se souvient-il. Pourtant, Belmonte n’a jamais cédé. « Je savais que cette technique pouvait changer le jeu. »

Cette obstination a fini par payer. En 2019, il remporte son cinquième titre de « joueur de l’année » sur le circuit de la Professional Bowlers Association, un record. Aujourd’hui, à 40 ans, il est considéré comme une légende de la discipline, au même titre que des figures comme Tiger Woods dans le golf. « Il veut qu’on se souvienne de lui non pas pour sa technique, mais pour son parcours exceptionnel », souligne Courrier International.

Une technique qui séduit et transforme le sport

L’influence de Belmonte dépasse désormais les frontières de l’Australie. Plusieurs joueurs professionnels ont adopté le lancer à deux mains, tandis que des jeunes, séduits par sa simplicité apparente et son côté « cool », s’y mettent dès leurs premiers pas. « Parce que c’est plus facile au début et que ça impressionne, beaucoup de débutants choisissent cette méthode », explique un entraîneur cité par GQ.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur TikTok, Jason Belmonte cumule plus de 187 000 abonnés, tandis que sa chaîne YouTube en compte près de 116 000. Le hashtag #2HANDS, utilisé pour partager des vidéos de lancers à deux mains, rassemble des milliers de publications. « Je pense que cela a peut-être sauvé ce sport, car cela a attiré beaucoup de nouveaux joueurs », se réjouit un professionnel interrogé par GQ.

Un héritage qui dépasse le sport

Au-delà des performances, Jason Belmonte incarne une forme de rupture générationnelle. Dans un sport souvent perçu comme traditionnel et conservateur, il a imposé une vision moderne, audacieuse et accessible. Son succès commercial illustre cette transformation : en démocratisant sa technique, il a élargi l’attractivité du bowling, un sport jusqu’alors considéré comme confidentiel.

Pourtant, la controverse persiste. Certains puristes estiment que le lancer à deux mains dénature l’esprit du jeu, où la maîtrise technique et la précision prime. « Le bowling, c’est avant tout un sport de finesse, pas de puissance », argue un ancien champion sous couvert d’anonymat. Belmonte, lui, reste convaincu que l’innovation est la clé pour attirer de nouveaux publics. « Si ça marche, pourquoi changer ? »

Et maintenant ?

Si la technique de Belmonte continue de gagner du terrain, plusieurs questions restent en suspens. Les fédérations internationales pourraient-elles, à terme, imposer des règles encadrant les méthodes de lancer, comme cela a été fait dans d’autres sports ? Une harmonisation des règles entre les différents circuits professionnels est-elle envisagée ? Enfin, l’essor du lancer à deux mains va-t-il suffire à relancer l’intérêt du grand public pour le bowling, un sport dont la popularité décline depuis les années 1980 ?

Pour l’heure, Jason Belmonte poursuit sa carrière et prépare les prochaines compétitions. Son prochain objectif : battre le record de victoires en un seul championnat, un défi qui, compte tenu de son palmarès, n’a rien d’impossible.

Une chose est sûre : que l’on apprécie ou non son style, Jason Belmonte a marqué l’histoire du bowling. Son héritage ne se limite pas à ses titres, mais à une vision du sport où la tradition et l’innovation peuvent, finalement, coexister.

Le lancer à une main est considéré comme la technique traditionnelle du bowling, une discipline où la précision et la finesse priment souvent sur la puissance brute. Les détracteurs de Belmonte estimaient que sa méthode dénaturait l’esprit du jeu, la comparant à une forme de « triche » ou de rupture avec les règles implicites du sport. Certains entraîneurs refusaient même de le former, préférant le pousser à adopter le lancer classique, comme le rapporte GQ dans son portrait de 2023.

Le principal avantage réside dans la capacité à générer une vitesse et un effet accrus sur la boule, ce qui permet une trajectoire plus imprévisible pour les quilles. Selon GQ, cette technique offre une puissance comparable à « une mini-explosion de mortier », rendant les strikes (lorsque toutes les quilles sont renversées en un seul lancer) plus fréquents. Elle est également plus accessible pour les débutants, car elle demande moins de force dans un seul bras.