À Katmandou, la capitale népalaise, les chemins sacrés de l’hindouisme et du bouddhisme se mêlent dans une ferveur religieuse qui attire chaque année des milliers de pèlerins. Selon Courrier International, ces sites emblématiques, comme Pashupatinath, Swayambhunath et Bodnath, offrent une plongée dans les traditions millénaires de la vallée himalayenne.
Ce qu'il faut retenir
- Pashupatinath, site hindou sacré du Népal, abrite un temple principal remontant à la fin du XVIIe siècle, entouré de monuments et de temples plus anciens.
- Les crémations le long de la rivière Bagmati, à Pashupatinath, symbolisent le retour des cendres à l’univers, selon les rites funéraires hindous.
- Swayambhunath, perché sur une colline, est le plus ancien monument bouddhique de la vallée et offre une vue imprenable sur Katmandou.
- Le stupa de Bodnath, haut de 40 mètres, est entouré de drapeaux de prières et de fidèles tibétains accomplissant la kora, circumambulation rituelle.
- Les sadhus, renonçants hindous, et les pèlerins bouddhistes coexistent dans ces lieux, mêlant dévotion et traditions ancestrales.
Pashupatinath : le cœur spirituel de l’hindouisme népalaise
Sur les rives de la Bagmati, à quelques kilomètres du centre de Katmandou, Pashupatinath s’impose comme le lieu de culte hindou le plus sacré du Népal. Selon les textes anciens, son sanctuaire, bien plus ancien que son temple actuel, remonte à plusieurs siècles. Le bâtiment principal, reconstruit à la fin du XVIIe siècle, domine un ensemble architectural complexe, où encens et cloches se répondent dans une atmosphère recueillie. Selon Courrier International, les visiteurs y croisent des sadhus, ces ascètes aux vêtements colorés, qui mendient tout en posant pour des photographes moyennant quelques roupies.
C’est au bord de la Bagmati que se déroulent les scènes les plus marquantes. Les corps, enveloppés dans des linceuls orange, sont descendus par de longs escaliers de pierre avant d’être aspergés d’eau sacrée. Puis, ils sont consumés sur des bûchers, tandis que la fumée s’élève vers le ciel et que les cendres se dispersent dans le fleuve. Ces rites funéraires, d’une intensité rare, illustrent la croyance en la réincarnation et le retour des âmes à l’univers. Autant dire que l’émotion est palpable, même pour les observateurs les plus distants.
Swayambhunath : le « temple des Singes » et sa vue panoramique
Le lendemain, la découverte de Swayambhunath offre un contraste saisissant. Perché au sommet d’une colline, ce site bouddhique, l’un des plus anciens de la vallée, sert de point de repère géographique et culturel. Un escalier raide, bordé de sanctuaires et d’objets votifs, mène à un grand stupa blanc, entouré de drapeaux de prières et de fidèles en prière. Selon Courrier International, hindous et bouddhistes s’y côtoient dans un même élan de dévotion, faisant de ce lieu un symbole de coexistence religieuse.
Le complexe, surnommé le « temple des Singes » en raison de ses nombreux primates, est aussi un havre de paix où les pèlerins viennent méditer ou tourner les moulins à prières. Par temps clair, la vue sur Katmandou est spectaculaire, offrant un panorama à 360° sur la capitale népalaise. Les terrasses du site permettent de s’attarder devant des momos, ces raviolis tibétains brûlants, tout en observant la lente procession des fidèles. Une expérience à la fois sensorielle et spirituelle.
Bodnath : le stupa tibétain et sa pyramide dorée
À l’est de Katmandou, dans le quartier tibétain, Bodnath impose sa masse blanche. Avec ses 40 mètres de hauteur, ce stupa est l’un des plus grands du monde et un lieu de pèlerinage majeur pour la communauté tibétaine en exil. Selon Courrier International, son architecture symbolise les treize étapes vers l’éveil, couronnées par une pyramide dorée à treize degrés. Les quatre faces du monument sont ornées d’yeux de Bouddha, mi-clos, qui semblent scruter les visiteurs : « Bouddha voit tout, Bouddha sait tout, mais Bouddha ne parle pas », résume ainsi l’auteur de l’article.
Autour du stupa, la ferveur religieuse est palpable. Les drapeaux de prières, colorés et innombrables, flottent dans le vent, tandis que des femmes tibétaines, vêtues de robes traditionnelles, avancent lentement dans le sens des aiguilles d’une montre. Certaines effectuent même la kora, cette circumambulation rituelle qui peut aller jusqu’à la prosternation complète. Depuis l’invasion chinoise du Tibet en 1959, le Népal est devenu un refuge pour des milliers de Tibétains, qui ont reconstitué ici une partie de leur patrimoine culturel et spirituel.
Norbu, le sherpa : entre alpinisme et spiritualité
Sur les terrasses de Bodnath, l’auteure de l’article croise Norbu, un sherpa installé à Katmandou. Originaire du Solukhumbu, région située au pied de l’Everest, il fait partie de cette communauté montagnarde qui a su s’adapter aux mutations de l’histoire. « Le mot *sherpa* est souvent utilisé à tort pour désigner un porteur, souligne Norbu. Pourtant, nous sommes avant tout une communauté tibétaine venue s’installer au Népal au XVIe siècle. » Beaucoup de ses membres sont devenus guides ou porteurs d’altitude, tandis que d’autres, comme lui, travaillent dans des agences de trekking à Katmandou.
Pour Norbu, le bouddhisme et l’alpinisme sont indissociables. « Avant de partir en trek, on se fait bénir par des lamas, explique-t-il. Tout au long du voyage, on respecte la montagne et on prie pour que rien ne nous arrive. » Pour lui, Chomolungma, le nom tibétain de l’Everest, est une montagne sacrée. « Elle n’est pas qu’un défi sportif, c’est une présence, une entité à laquelle on doit le respect. » Une vision qui transforme l’alpinisme en une quête autant spirituelle que physique.
Katmandou, avec ses temples millénaires et sa ferveur religieuse, continue de fasciner. Entre les rites funéraires de Pashupatinath, la sérénité de Swayambhunath et l’énergie de Bodnath, la capitale népalaise se révèle comme un carrefour spirituel où hindouisme et bouddhisme cohabitent depuis des siècles. Une expérience à vivre, ne serait-ce que pour comprendre l’âme d’un pays où le sacré imprègne chaque instant.
Un stupa, typique du bouddhisme, est une structure en forme de dôme symbolisant les étapes vers l’éveil, souvent surmontée d’une flèche ou d’un élément décoratif. Un temple hindou, comme celui de Pashupatinath, est généralement un bâtiment fermé abritant une divinité, avec des espaces de culte et des rituels spécifiques.
Oui, les crémations le long de la Bagmati sont accessibles aux visiteurs. Cependant, il est essentiel de respecter un comportement discret et de ne pas perturber les rites funéraires. Les horaires varient selon les jours, mais les crémations ont généralement lieu tôt le matin ou en fin d’après-midi.