La musique iconique du jeu vidéo Doom vient de rejoindre officiellement les collections de la Bibliothèque du Congrès, aux États-Unis. Selon Journal du Geek, cette reconnaissance consacre l’œuvre comme un « bijou du patrimoine culturel américain », soulignant son influence durable sur la culture populaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le jeu *Doom*, sorti en 1993, voit sa bande-son intégrée à la Bibliothèque du Congrès, un honneur rare pour un jeu vidéo.
  • Cette institution fédérale américaine classe les œuvres ayant une « importance culturelle, historique ou esthétique » pour la nation.
  • La musique de *Doom*, composée par Bobby Prince, est saluée pour son rôle dans l’histoire du jeu vidéo et de la musique électronique.
  • Parmi les autres œuvres sélectionnées en 2026 figurent des films, des partitions musicales et des enregistrements sonores marquants.

Cette intégration dans les archives de la Bibliothèque du Congrès n’est pas un hasard. Créée en 1800, cette institution est chargée de préserver les documents les plus significatifs de l’histoire américaine. Chaque année, des centaines d’œuvres — qu’elles soient musicales, cinématographiques ou littéraires — sont ajoutées à ses collections. Pour *Doom*, cette reconnaissance vient couronner près de 30 ans d’influence, autant sur le medium du jeu vidéo que sur la culture geek mondiale.

Selon les critères de la Bibliothèque du Congrès, une œuvre doit répondre à plusieurs exigences : son impact culturel doit être durable, son innovation technique reconnue, et son héritage incontestable. C’est précisément ce que la bande-son de *Doom* incarne. Composée par Bobby Prince, elle a marqué l’histoire par son mélange de guitares électriques et de synthétiseurs, créant une ambiance sonore devenue emblématique. « La musique de *Doom* n’est pas qu’un fond sonore, c’est une partie intégrante de l’expérience de jeu », explique un expert cité par Journal du Geek.

Une reconnaissance tardive, mais méritée

Si cette annonce intervient en 2026, elle intervient plusieurs décennies après la sortie du jeu. *Doom*, développé par id Software, a révolutionné le genre du *first-person shooter* en introduisant des graphismes 3D, un gameplay rapide et une esthétique violente qui ont inspiré des générations de créateurs. Sa bande-son, avec des titres comme *At Doom’s Gate* ou *E1M1*, est devenue un symbole de la culture gaming.

La Bibliothèque du Congrès précise que cette sélection s’inscrit dans une volonté de diversifier les archives nationales. Parmi les autres ajouts récents figurent des enregistrements de jazz des années 1920, des partitions de Broadway et des bandes originales de films cultes. Pour *Doom*, cette intégration est d’autant plus symbolique qu’elle place le jeu vidéo sur un pied d’égalité avec les autres formes d’art, souvent perçues comme plus « nobles » par les institutions traditionnelles.

Un patrimoine qui dépasse les frontières du jeu vidéo

L’influence de *Doom* ne se limite pas à son époque. Son style musical a inspiré des compositeurs, des DJ et même des groupes de metal. Des artistes comme Perturbator ou Carpenter Brut ont souvent cité la bande-son de *Doom* comme une référence majeure dans leur travail. De plus, la musique du jeu a été samplée, remixée et réinterprétée à travers le monde, preuve de son ancrage dans la culture populaire.

Cette reconnaissance pourrait également ouvrir la voie à d’autres intégrations de jeux vidéo dans les archives nationales. Des titres comme *Tetris*, *The Legend of Zelda* ou *Minecraft* pourraient, à terme, rejoindre les collections de la Bibliothèque du Congrès. « Le jeu vidéo est un art à part entière, et il est temps que les institutions le reconnaissent officiellement », souligne un chercheur en culture numérique interviewé par Journal du Geek.

Et maintenant ?

Cette intégration pourrait avoir des répercussions sur la façon dont les jeux vidéo sont perçus par le grand public et les institutions. Une exposition dédiée à la bande-son de *Doom* est d’ores et déjà prévue à la Bibliothèque du Congrès d’ici la fin de l’année 2026. Par ailleurs, des discussions sont en cours pour inclure d’autres œuvres majeures du jeu vidéo dans les futures sélections annuelles.

Cette annonce intervient alors que le jeu vidéo continue de gagner en légitimité culturelle. Des musées, comme le Museum of Modern Art (MoMA) à New York, intègrent déjà des jeux vidéo à leurs collections permanentes. Reste à voir si d’autres pays suivront l’exemple américain en reconnaissant officiellement le jeu vidéo comme un art à part entière.