Le 19 mai 2026, la Belgique a autorisé l'utilisation d'un pesticide génétique appelé Calantha, qui protège les pommes de terre du doryphore en perturbant la génétique de l'insecte, selon Courrier International. Cette autorisation, bien que temporaire, est une première en Europe, car aucun pesticide « génétique » n'est actuellement autorisé au niveau européen.
La dérogation a été octroyée à la demande du fabricant américain GreenLight Biosciences, relève Le Soir. Cependant, les « circonstances exceptionnelles » avancées par le ministère de la Santé et de la Sécurité de la chaîne alimentaire ne semblent pas évidentes, car le secteur n'était pas demandeur et qu'il n'y a pas d'indices d'un danger imminent d'invasion de doryphores, rapporte De Standaard.
Ce qu'il faut retenir
- La Belgique a autorisé l'utilisation du pesticide génétique Calantha pour protéger les pommes de terre du doryphore.
- C'est une première en Europe, car aucun pesticide « génétique » n'est actuellement autorisé au niveau européen.
- La dérogation a été octroyée à la demande du fabricant américain GreenLight Biosciences.
- Les « circonstances exceptionnelles » avancées par le ministère de la Santé et de la Sécurité de la chaîne alimentaire ne semblent pas évidentes.
Le fonctionnement du Calantha
Le Calantha contient des molécules qui, en s'accrochant à un morceau du matériel génétique de l'insecte, rendent ces gènes silencieux, explique De Standaard. L'insecte n'est plus en mesure de produire certaines protéines et finit par mourir. Ce sont donc des insecticides « intelligents », d'après les firmes qui les développent, puisqu'ils permettent « de cibler très précisément le ravageur et d'épargner les précieux pollinisateurs », rapporte Le Soir.
Cependant, les environnementalistes mettent en doute cette promesse, car une molécule d'ARN conçue pour cibler un insecte donné pourrait aussi interagir avec des gènes similaires chez d'autres espèces proches, voire chez des organismes qui ne sont pas du tout visés par le traitement, souligne l'ingénieur agronome Bruno Schiffers.
Les conséquences de l'autorisation
L'autorisation du Calantha pourrait avoir des conséquences importantes pour l'environnement et la santé humaine, car les pesticides génétiques sont encore une technologie relativement nouvelle et peu étudiée. Les associations environnementales, telles que Nature et progrès, ont introduit un recours en annulation devant le Conseil d'État, car elles estiment que la maximalisation des rendements n'est pas vraiment la préoccupation majeure des cultivateurs de pommes de terre à l'heure actuelle, puisqu'ils font face à d'importants problèmes d'excédents de production.
En conclusion, l'autorisation du Calantha en Belgique est une décision importante qui soulève des questions sur les conséquences potentielles de l'utilisation de pesticides génétiques. Il est essentiel de suivre de près les développements futurs et de prendre des mesures pour assurer que l'utilisation de ces produits soit sûre et responsable.