Selon Capital, la Chine s’apprête à déployer un nouveau missile de croisière furtif et subsonique, conçu pour équiper ses avions de combat Chengdu J-20 et Shenyang J-35. Des documents techniques internes, attribués à une source retraitée de l’Armée populaire de libération (APL), ont fuité et révélé les caractéristiques de cette arme, destinée à renforcer les capacités offensives de Pékin face aux États-Unis.
Ce qu'il faut retenir
- Un missile furtif et subsonique, d’une longueur inférieure à 4 mètres et d’un diamètre maximal de 0,85 mètre, conçu pour être indétectable par radar et par capteurs infrarouges.
- Une vitesse de croisière d’environ 875 km/h, avec une vitesse maximale de 925 km/h, optimisée pour limiter sa signature thermique et sonore.
- Une portée de 1 330 km, permettant d’atteindre des cibles éloignées sans être intercepté par les défenses ennemies.
- Une intégration prévue sur les chasseurs Chengdu J-20 et Shenyang J-35, déjà équipés de compartiments d’armement furtifs.
- Une menace potentielle pour les porte-avions américains dans le Pacifique, selon les analystes.
Une arme conçue pour contourner les systèmes de défense ennemis
D’après les documents consultés par Capital, ce missile se distingue par sa taille compacte, conçue pour s’insérer dans les soutes internes des chasseurs J-20 et J-35. Ces appareils, déjà furtifs grâce à leurs formes anguleuses et leurs compartiments d’armement dissimulés, gagneront en puissance offensive avec ce nouvel équipement. Le missile, long de moins de quatre mètres et large de 0,85 mètre, se caractérise par une conception aérodynamique particulière : ailes fixes, queue en V et sortie de moteur dentelée. Ces éléments visent à réduire sa détectabilité par les radars et les capteurs thermiques, rendant toute interception préalable extrêmement difficile.
Son profil subsonique – entre 875 km/h en croisière et 925 km/h en pointe – n’est pas anodin. Une vitesse modérée permet de limiter la dissipation de chaleur et le bruit, deux signatures facilement repérables par les systèmes de défense adverses. Autant dire que cette arme a été pensée pour opérer dans l’ombre, en évitant les radars et les missiles sol-air.
Une portée étendue pour frapper loin et sans avertissement
La portée annoncée de 1 330 km constitue un atout majeur. Ce rayon d’action permet au missile d’être lancé depuis des zones reculées, tout en atteignant des cibles stratégiques sans que les défenses ennemies n’aient le temps de réagir. Dans le contexte géopolitique actuel, où les tensions en mer de Chine méridionale et autour de Taïwan sont vives, une telle capacité pourrait modifier l’équilibre des forces. Les porte-avions américains, piliers de la puissance navale des États-Unis, deviendraient ainsi des cibles vulnérables si les missiles chinois parviennent à les approcher sans être détectés.
Les analystes militaires soulignent que cette avancée s’inscrit dans une stratégie plus large de Pékin pour contrer la domination américaine dans la région. Depuis plusieurs années, la Chine modernise son arsenal avec des missiles hypersoniques, des bombardiers furtifs et désormais ce missile subsonique, conçu pour compléter son dispositif offensif.
Une intégration prévue sur les chasseurs de nouvelle génération
Le Chengdu J-20, premier chasseur furtif chinois entré en service en 2017, et le Shenyang J-35, avion multirôle embarqué sur porte-avions, sont les deux plates-formes identifiées pour emporter ce missile. Les deux appareils disposent de compartiments d’armement internes, une caractéristique essentielle pour préserver leur furtivité. L’ajout de ce nouveau missile dans leur arsenal renforcera leur capacité à frapper en profondeur, sans compromettre leur discrétion.
Selon les fuites, le missile pourrait être opérationnel dans les prochaines années, bien que Pékin n’ait pas encore officiellement commenté ces informations. Pour l’heure, les États-Unis suivent de près ces développements, alors que leur capacité à intercepter des missiles subsoniques furtifs reste limitée, surtout à longue portée.
« Ce missile représente une avancée significative pour la Chine, car il combine furtivité et portée étendue, deux atouts majeurs pour contourner les défenses adverses », a déclaré un expert en armement cité par Capital.
Un nouvel outil dans l’arsenal chinois face aux États-Unis
Cette annonce intervient alors que les tensions entre Washington et Pékin s’intensifient, notamment autour de Taïwan et des routes maritimes stratégiques. Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, avec des déploiements accrus de porte-avions et de systèmes de défense antimissile. La Chine, de son côté, multiplie les démonstrations de force, comme le déploiement récent de ses chasseurs J-20 près de Taïwan ou le développement de missiles hypersoniques tels que le YJ-21.
Dans ce contexte, ce nouveau missile pourrait devenir un élément clé de la dissuasion chinoise. En combinant furtivité, portée et précision, il offre à Pékin une option offensive difficile à contrer, notamment contre les navires de guerre américains. Les experts estiment que cette arme pourrait être déployée d’ici 2028, en fonction des essais en cours et de l’évolution des priorités stratégiques de l’APL.
Les prochaines annonces officielles de la Chine, ainsi que les réactions des États-Unis et de leurs alliés régionaux, seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de ce nouveau missile sur la stabilité stratégique en Asie.
La Chine mise sur une approche diversifiée. Les missiles hypersoniques, bien que rapides, sont souvent plus détectables en raison de leur traînée thermique et de leur signature radar. Le missile subsonique, lui, privilégie la furtivité et la portée, permettant de frapper sans alerter les défenses ennemies. Cette complémentarité offre plus de flexibilité stratégique.