La production européenne d'acier a atteint son plus bas niveau historique en 2025, avec seulement 125,8 millions de tonnes produites, selon BFM Business. Cela représente un déclin significatif par rapport aux 960 millions de tonnes produites en Chine la même année. Face à cette situation, les eurodéputés ont voté à la quasi-unanimité en faveur de mesures de soutien à la production européenne d'acier, profondément déstabilisée par la concurrence chinoise.

Ce qu'il faut retenir

  • La production européenne d'acier a chuté à 125,8 millions de tonnes en 2025, son plus bas niveau historique.
  • Les importations d'acier dans l'Union européenne ont grimpé à des niveaux records, représentant désormais le tiers de la consommation européenne.
  • Les eurodéputés ont approuvé des mesures de soutien, incluant un doublement des taxes sur les importations d'acier et une réduction de 47% des quotas d'importation en franchise de droits.

Contexte et enjeux

Les mesures de soutien ont été adoptées avec 606 voix pour et 16 contre par le Parlement européen, au cours de sa session plénière à Strasbourg. Selon Axel Eggert, directeur général d'Eurofer, qui représente le secteur, « Dans une époque marquée par une incertitude géopolitique croissante et par des distorsions de marché, cela envoie un signal important : l'UE est prête à agir pour défendre sa base industrielle, sa sécurité et son autonomie ».

Les industriels européens attendaient avec impatience ce soutien, profondément déstabilisés depuis des années par les surcapacités de production de leurs concurrents chinois massivement subventionnés, qui tirent les prix à la baisse et constituent selon eux une concurrence déloyale.

Prochaines étapes

Il ne manque plus désormais qu'un dernier feu vert des États membres pour que les mesures puissent entrer en vigueur le 1er juillet. La Commission européenne devra également s'atteler à répartir les nouveaux quotas d'importation détaxés entre les pays qui vendent leur acier à l'UE, en tenant compte notamment de l'ouverture réciproque de leur marché aux producteurs européens.

Ce processus pourrait susciter des tensions avec des partenaires majeurs de l'UE, comme le Royaume-Uni ou la Suisse. Le ministre britannique du Commerce, Chris Bryant, a appelé l'Union européenne et le Royaume-Uni à négocier une exemption réciproque de droits de douane sur l'acier.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour la mise en œuvre de ces mesures de soutien. Les États membres doivent donner leur accord définitif, et la Commission européenne doit travailler sur la répartition des quotas d'importation. Les réactions des partenaires commerciaux de l'UE, comme le Royaume-Uni et la Suisse, seront également à suivre de près.

En conclusion, la crise de la production européenne d'acier soulève des enjeux plus larges sur la sécurité et l'autonomie industrielle de l'Union européenne, ainsi que sur les règles du commerce international et la concurrence déloyale.