La Suède a choisi le groupe français Naval Group pour la livraison de quatre frégates, un contrat international d’une valeur estimée à 4 milliards d’euros, soit 5 milliards de dollars. Cette décision, annoncée ce mardi 19 mai 2025 par le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, marque un tournant stratégique dans le domaine de la défense pour Stockholm, selon BFM Business.

Lors d’une conférence de presse organisée à bord de la corvette de classe Visby HMS Härnösand à Stockholm, Ulf Kristersson a qualifié ce contrat de « très important contrat international dans l’industrie de défense ». Le gouvernement suédois a privilégié l’offre française pour sa capacité à livrer rapidement un modèle déjà existant et éprouvé, écartant ainsi les propositions du britannique Babcock, de l’espagnol Navantia et du suédois Saab.

Ce qu'il faut retenir

  • La Suède a attribué à Naval Group un contrat de 4 milliards d’euros pour quatre frégates, annoncée le 19 mai 2025 par le Premier ministre Ulf Kristersson.
  • Le choix s’est porté sur une livraison rapide d’un modèle déjà produit et éprouvé, excluant les offres de Babcock (Royaume-Uni), Navantia (Espagne) et Saab (Suède).
  • Naval Group s’est engagé à livrer une frégate « totalement équipée » d’ici 2030, avec un partenariat industriel incluant Saab.
  • Le contrat s’inscrit dans le cadre d’un appel d’offres lancé par la Suède pour quatre frégates à réceptionner avant 2035.

Un contrat stratégique pour la Suède et l’industrie européenne de la défense

La décision suédoise intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes en Europe du Nord et en mer Baltique. L’acquisition de ces quatre frégates s’inscrit dans une modernisation accélérée de la flotte navale suédoise, alors que Stockholm renforce sa posture de dissuasion face aux évolutions militaires en Russie. Selon Ulf Kristersson, ce contrat dépasse le simple cadre industriel : il s’agit d’un « partenariat de long terme » qui positionne la Suède comme un acteur clé en matière de sécurité régionale.

Naval Group, déjà bien implanté en Europe avec des références comme la frégate Amiral Ronarc’h, actuellement opérationnelle, a mis en avant sa capacité à répondre aux exigences suédoises en matière de délais et de technicité. L’entreprise française a ainsi convaincu Stockholm de sa capacité à livrer une frégate entièrement équipée d’ici 2030, un argument décisif face à des concurrents dont les propositions impliquaient des délais plus longs ou des modèles encore en développement.

Les arguments décisifs de Naval Group : rapidité et partenariat industriel

Dès le dépôt de son offre en octobre 2024, Naval Group avait mis en avant sa réactivité et son expérience. «

Nous sommes en capacité de livrer une frégate en 2030 totalement équipée, y compris en matière de défense. Nous proposons bien sûr un partenariat avec l’industrie suédoise, notamment avec Saab
», avait alors déclaré la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, lors d’une prise de parole en novembre 2024.

L’atout principal de Naval Group réside dans l’existence d’un modèle déjà éprouvé : la frégate Amiral Ronarc’h, livrée à la France et opérationnelle depuis 2024. Ce navire, conçu pour des missions de haute intensité, a convaincu les autorités suédoises de la fiabilité et de la maturité de la technologie proposée. D’après des sources proches du dossier, c’est cette combinaison de rapidité et de technicité qui a fait la différence face à des concurrents dont les offres, bien que solides, reposaient sur des délais ou des architectures moins aboutis.

Une coopération industrielle franco-suédoise pour renforcer la souveraineté européenne

Le contrat signé entre Naval Group et la Suède ne se limite pas à une simple vente de navires. Il prévoit un partenariat industriel approfondi avec des acteurs suédois, notamment Saab, leader national en matière d’électronique et de systèmes de défense. «

Nous proposons un partenariat avec l’industrie suédoise, notamment Saab, pour intégrer les meilleures technologies disponibles
», avait précisé Catherine Vautrin en novembre 2024. Cette approche vise à renforcer la souveraineté industrielle de l’Europe en matière de défense navale, un objectif partagé par plusieurs pays membres de l’Union européenne.

Pour la Suède, cette collaboration représente une opportunité de développer son expertise locale tout en bénéficiant d’une technologie de pointe. Les frégates commandées devraient intégrer des systèmes de combat avancés, des radars de nouvelle génération et des capacités de guerre électronique, des domaines où Saab excelle. D’après les termes du contrat, la livraison des quatre bâtiments est prévue entre 2030 et 2035, une échéance qui correspond aux besoins opérationnels immédiats de Stockholm.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront en la finalisation des détails contractuels entre Naval Group et les autorités suédoises, notamment sur les aspects de transfert de technologie et de formation des équipages. Une première réunion de travail est attendue d’ici la fin de l’année 2025 pour définir le calendrier précis des livraisons et les modalités de collaboration industrielle. Par ailleurs, cette commande pourrait ouvrir la voie à d’autres partenariats européens similaires, alors que plusieurs pays cherchent à moderniser leurs flottes navales face aux nouvelles menaces en mer Baltique et en mer du Nord.

Pour la France, ce contrat confirme le rôle croissant de Naval Group sur la scène internationale, après des succès récents en Grèce et en Inde. Il renforce également la position de Paris dans le domaine des exportations d’armement, un secteur où la compétition avec les États-Unis et la Russie reste intense. Reste à voir comment les autres acteurs européens, notamment britanniques et espagnols, réagiront à cette décision qui marque un nouveau tournant dans la géopolitique de la défense navale.

Selon Ulf Kristersson, la Suède a privilégié la capacité de Naval Group à livrer rapidement une frégate déjà existante et éprouvée, d’ici 2030. La maturité technologique du modèle proposé, la frégate Amiral Ronarc’h, ainsi que les garanties en matière de partenariat industriel avec des entreprises suédoises comme Saab ont également joué un rôle clé. Les offres concurrentes, bien que solides, reposaient soit sur des délais plus longs, soit sur des architectures moins abouties.