Selon Journal du Coin, l’Arabie saoudite ambitionne de révolutionner ses secteurs clés — immobilier, énergie et finance — en les connectant via la tokenisation des actifs. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Vision 2030 », visant à moderniser l’économie du royaume et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Une approche qui s’appuie sur les technologies blockchain pour fluidifier les échanges et attirer les investissements internationaux.
Ce qu'il faut retenir
- Tokenisation généralisée : Riyad envisage de convertir en jetons numériques (tokens) des actifs immobiliers, énergétiques et financiers pour faciliter leur cotation et leur échange.
- Cadre réglementaire en préparation : Les autorités saoudiennes travaillent à l’élaboration d’un cadre juridique spécifique pour encadrer cette innovation financière.
- Objectif économique : Stimuler la diversification de l’économie saoudienne en attirant des capitaux étrangers et en boostant la liquidité des marchés locaux.
- Blockchain comme levier : L’utilisation de la technologie blockchain permettrait de sécuriser les transactions et de réduire les coûts de intermédiation.
Un projet ambitieux porté par l’État saoudien
Comme le rapporte Journal du Coin, le gouvernement saoudien mise sur la tokenisation pour créer un écosystème unifié où l’immobilier, l’énergie et la finance ne feraient qu’un seul et même marché. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de désintermédiation des actifs traditionnels, permettant aux investisseurs d’accéder plus facilement à des classes d’actifs auparavant réservées à une élite. Les autorités saoudiennes ont déjà commencé à explorer ce modèle avec des projets pilotes, notamment dans le secteur immobilier, où des biens pourraient être fractionnés en jetons échangeables sur des plateformes dédiées.
Côté énergie, la tokenisation pourrait concerner des parts dans des projets d’énergies renouvelables ou des contrats à terme sur le pétrole, offrant ainsi une nouvelle forme de liquidité à un secteur historiquement dominé par des contrats physiques ou des accords bilatéraux. Le secteur financier, quant à lui, bénéficierait d’une intégration plus poussée avec ces nouveaux actifs tokenisés, ouvrant la voie à des produits hybrides mêlant finance traditionnelle et crypto-actifs.
Un cadre réglementaire attendu pour 2027
D’après Journal du Coin, les responsables saoudiens ont confirmé leur intention de finaliser un cadre réglementaire d’ici 2027 pour encadrer cette transformation. Ce texte devrait définir les règles de conformité, de transparence et de lutte contre le blanchiment d’argent, essentielles pour gagner la confiance des investisseurs internationaux. La Banque centrale saoudienne (SAMA) jouerait un rôle central dans ce dispositif, aux côtés de l’Autorité des marchés de capitaux (CMA).
« La tokenisation représente une opportunité majeure pour l’Arabie saoudite, a déclaré un haut responsable de la SAMA sous couvert d’anonymat. Elle nous permettra de moderniser nos infrastructures financières tout en attirant des capitaux étrangers dans des secteurs stratégiques. » Une déclaration qui illustre l’enthousiasme des autorités pour cette transition, malgré les défis réglementaires et technologiques à relever.
Des défis technologiques et géopolitiques à surmonter
Si le projet séduit par son ambition, il devra nonetheless faire face à plusieurs obstacles. D’abord, la sécurité des infrastructures blockchain sera un enjeu crucial, surtout dans un contexte où les cyberattaques se multiplient. Ensuite, l’Arabie saoudite devra convaincre les investisseurs internationaux de la fiabilité de son système juridique et de sa stabilité politique, deux critères déterminants pour l’adoption massive de ces actifs tokenisés.
Côté géopolitique, le royaume devra aussi naviguer entre ses alliances traditionnelles (notamment avec les États-Unis) et ses partenariats émergents avec des acteurs du numérique, comme les plateformes de crypto-actifs. La question de la souveraineté des données et des actifs tokenisés pourrait devenir un sujet de tension, surtout si des acteurs étrangers prennent une place prépondérante dans ce nouvel écosystème.
Reste à voir comment les autres pays du Golfe réagiront à cette initiative. Une course à la tokenisation pourrait s’engager dans la région, chacun cherchant à attirer les investissements dans un contexte de transition énergétique et de diversification économique.