Le 2 avril 2026, l’artiste franco-libanais Ali Cherri a déposé une plainte pour « crime de guerre » devant la justice française. Ce recours fait suite au bombardement israélien qui, en 2024, a détruit l’appartement de sa famille à Beyrouth, faisant trois morts : ses parents et leur employée de maison. Selon Libération, l’artiste s’est associé à Forensic Architecture, un collectif britannique spécialisé dans l’analyse des crimes de guerre, pour reconstituer les lieux et établir les circonstances exactes de l’attaque.
Ce qu'il faut retenir
- Le 2 avril 2026, Ali Cherri a déposé une plainte pour « crime de guerre » devant la justice française.
- L’attaque israélienne de 2024 a détruit son appartement à Beyrouth, tuant ses parents et leur employée.
- L’artiste s’appuie sur Forensic Architecture pour reconstituer les ruines et étayer sa plainte.
- Cette démarche s’inscrit dans une volonté de justice et de documentation des exactions en temps de conflit.
Ali Cherri, dont les œuvres explorent souvent les conséquences des conflits armés, a choisi une voie judiciaire pour donner un visage à la tragédie qui a frappé sa famille. Selon ses déclarations rapportées par Libération, il s’agit de « rendre visibles ces crimes et d’exiger des comptes ». L’artiste a précisé avoir attendu deux ans avant de déposer plainte, le temps de rassembler des preuves tangibles. C’est dans ce cadre qu’il collabore avec Forensic Architecture, une équipe pluridisciplinaire connue pour ses reconstructions 3D et ses enquêtes sur des crimes de guerre documentés dans des zones de conflit comme la Syrie, la Palestine ou l’Ukraine.
Forensic Architecture a confirmé à Libération qu’elle travaille à une modélisation détaillée de l’appartement détruit, afin de déterminer si l’attaque ciblait délibérément des civils ou si elle était le résultat d’une erreur militaire. « Notre rôle est de fournir des éléments concrets pour étayer les procédures judiciaires », a expliqué un porte-parole du collectif. L’enquête pourrait notamment s’appuyer sur des témoignages, des images satellites et des analyses balistiques pour reconstituer la trajectoire des projectiles.
Ce recours judiciaire s’inscrit dans un contexte où la justice française, à l’instar d’autres pays européens, se saisit de plus en plus de plaintes pour crimes de guerre commis à l’étranger. En 2023, la France avait déjà été saisie de plusieurs dossiers similaires, notamment concernant des exactions attribuées à des forces russes en Ukraine ou à des groupes armés en Syrie. Pour Ali Cherri, cette plainte représente une tentative de briser l’impunité souvent associée aux conflits au Proche-Orient. « La justice française n’est pas un lieu d’impunité, mais un espace où la vérité peut émerger », a-t-il souligné auprès de Libération.
La question centrale reste celle de l’identification des responsables de l’attaque. Si les forces israéliennes ont toujours nié cibler délibérément des civils, des organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch ont régulièrement pointé du doigt des frappes disproportionnées dans des zones résidentielles. La plainte d’Ali Cherri pourrait ainsi contribuer à alimenter le débat sur l’usage de la force dans les conflits asymétriques, où la frontière entre cible militaire et victime civile est souvent floue. Bref, cette initiative judiciaire s’ajoute à une série d’initiatives visant à documenter et à sanctionner les exactions commises dans le cadre des tensions au Proche-Orient.
Forensic Architecture est un collectif basé à Londres, spécialisé dans l’analyse des crimes de guerre et des violations des droits humains. Dans cette affaire, il travaille à reconstituer en 3D l’appartement détruit à Beyrouth afin de fournir des preuves matérielles pour étayer la plainte déposée par Ali Cherri devant la justice française.
