Depuis son installation en mars 2026, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, nouveau guide suprême de l’Iran, apparaît comme une figure effacée face à la réalité d’un pouvoir militaire dominant. Selon Courrier International, qui s’appuie sur une enquête du New York Times, les véritables décisions stratégiques – concernant la guerre, la diplomatie ou la sécurité – sont désormais entre les mains d’un cercle restreint de généraux du Corps des Gardiens de la révolution islamique.
Une image symbolique illustre cette transition : lors d’une manifestation à Téhéran le 29 avril 2026, une Iranienne brandissait à la fois le portrait de Mojtaba Khamenei et un drone Shahed, arme emblématique des Gardiens de la révolution. Cette scène, rapportée par le photographe Arash Khamooshi pour le New York Times, résume à elle seule l’évolution du pouvoir en Iran.
Ce qu'il faut retenir
- Mojtaba Khamenei, désigné guide suprême en mars 2026, n’a plus été vu en public depuis cette date, après les bombardements américains et israéliens du 28 février 2026 contre le complexe résidentiel de son père, Ali Khamenei.
- Les décisions majeures en matière de sécurité, de guerre et de diplomatie sont désormais prises collectivement par un groupe de généraux des Gardiens de la révolution, selon Abdolreza Davari, ancien conseiller de Mahmoud Ahmadinejad.
- Mojtaba Khamenei, décrit comme « mentalement alerte mais physiquement diminué », gérerait le pays comme un « conseil d’administration », s’appuyant sur les instructions des militaires.
- Depuis les frappes du 28 février 2026, Mojtaba Khamenei vit reclus, laissant les généraux iraniens occuper le devant de la scène politique.
Un pouvoir en mutation après le décès d’Ali Khamenei
Lorsque l’ayatollah Ali Khamenei dirigeait l’Iran, son autorité était absolue : il tranchait seul sur les questions de guerre, de paix ou de négociations avec les États-Unis. Son fils, Mojtaba, n’a pas hérité de cette omnipotence. Selon Courrier International, relayant les analyses du New York Times, le nouvel ayatollah n’a ni la visibilité ni l’influence de son père.
La transition s’est accélérée après l’attaque du 28 février 2026, lorsque des frappes américaines et israéliennes ont détruit le complexe résidentiel protégé d’Ali Khamenei à Téhéran, où Mojtaba vivait également. Depuis, ce dernier reste invisible, tandis que les généraux des Gardiens de la révolution – pilier du régime iranien – prennent les rênes des affaires stratégiques.
Un leadership collectif sous influence militaire
Abdolreza Davari, politicien proche de Mojtaba Khamenei et ancien conseiller spécial de Mahmoud Ahmadinejad (président de 2005 à 2013), décrit un fonctionnement inédit pour le régime iranien : « Mojtaba gère le pays comme s’il présidait un conseil d’administration. Il se repose considérablement sur les instructions des membres du conseil, et toutes les décisions sont prises collectivement. Les généraux sont les membres du conseil. »
Cette déclaration, reprise par Courrier International, souligne l’ampleur du changement : pour la première fois, le pouvoir en Iran n’est plus concentré entre les mains d’un seul homme, mais partagé entre des militaires dont l’influence grandit depuis des années.
L’ombre des Gardiens de la révolution plane sur la politique iranienne
Les Gardiens de la révolution, ou Pasdaran, jouent un rôle central dans l’économie, la sécurité et les opérations militaires de l’Iran. Leur emprise s’est renforcée après les attaques de février 2026, qui ont fragilisé la légitimité de Mojtaba Khamenei. Selon des sources citées par le New York Times, les généraux auraient accéléré leur contrôle sur les institutions clés, marginalisant progressivement le nouveau guide suprême.
Cette situation rappelle les dynamiques observées sous la présidence d’Ebrahim Raïssi (2021-2024), où les militaires jouaient déjà un rôle croissant. Mais cette fois, leur pouvoir semble s’installer durablement, au détriment d’un leadership religieux affaibli.
Un régime sous tension : entre guerre, diplomatie et instabilité
Les frappes du 28 février 2026 ont marqué un tournant dans la crise entre l’Iran et les puissances occidentales. Depuis, Téhéran est plongé dans une période d’incertitude, où la réponse aux provocations militaires (comme les frappes israéliennes ou américaines) reste floue. Les Gardiens de la révolution, qui contrôlent une partie de l’appareil sécuritaire, semblent déterminés à durcir leur position.
Dans ce contexte, Mojtaba Khamenei, bien que toujours officiellement guide suprême, n’a plus la capacité d’imposer une ligne politique claire. Les négociations internationales, déjà tendues, pourraient en pâtir, les généraux privilégiant une approche plus agressive que la diplomatie.
Pour l’instant, l’Iran reste un acteur clé au Proche-Orient, mais son leadership s’avère de plus en plus fragmenté. La communauté internationale observe avec attention cette évolution, où les généraux pourraient dicter la suite des événements, au détriment des institutions traditionnelles.
Selon Courrier International, son absence prolongée serait liée aux bombardements du 28 février 2026 contre le complexe résidentiel de son père, Ali Khamenei, où il vivait également. Ces attaques auraient fragilisé sa santé et sa légitimité, le poussant à se retirer de la vie publique.
Les Gardiens de la révolution, ou Pasdaran, forment un groupe de généraux qui contrôle une partie de l’économie, de la sécurité et des opérations militaires en Iran. Depuis les frappes de février 2026, ils prennent collectivement les décisions stratégiques, reléguant Mojtaba Khamenei à un rôle symbolique, selon l’analyse d’Abdolreza Davari, ancien conseiller d’Ahmadinejad.