La trêve prolongée de deux semaines par le président américain Donald Trump et la réouverture espérée du détroit d'Ormuz provoquent des réactions très marquées à la Bourse de Paris, selon BFM Bourse. L'aérien est notamment soulagé, tandis que Totalenergies est pénalisé par la baisse du brut. Le CAC 40 retrouve des couleurs, avec une hausse de 4,2% vers 12h, ce mardi 8 avril.
Le passage en sécurité dans le détroit d'Ormuz, un canal stratégique où transitent 20% de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, sera possible, a déclaré sur X le ministre des Affaires étrangères iranien, Seyed Abbas Araghchi. En conséquence, le pétrole plonge, avec une chute de 13,4% pour le contrat de juin sur le Brent de mer du Nord.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 gagne 4,2% à la Bourse de Paris après l'annonce de la trêve prolongée de deux semaines par Donald Trump.
- Le pétrole plonge, avec une chute de 13,4% pour le contrat de juin sur le Brent de mer du Nord.
- Les groupes aériens, tels que Air France-KLM, Lufthansa et IAG, sont portés par le reflux des cours du pétrole.
- Les banques, comme Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole SA, remontent la pente après avoir pris le bouillon avec l'éclatement de la guerre au Moyen-Orient.
- Le secteur du luxe, avec des entreprises comme Hermès, LVMH et Kering, se réveille après avoir bu la tasse avec le conflit au Moyen-Orient.
- Les constructeurs automobiles, tels que Renault et Stellantis, repartent de l'avant après avoir été affectés par la guerre.
Impact sur les groupes aériens
Air France-KLM bondit de 13,9%, Lufthansa grimpe de 9%, et IAG prend 9% également. L'ensemble de ces groupes aériens sont portés par le reflux prononcé des cours du pétrole, synonyme d'une facture carburant moins salée que redouté. D'après l'Association internationale du transport aérien (Iata), le carburant représente généralement entre 25 et 30% des dépenses d'une compagnie aérienne.
Les prix du « jet fuel », c'est-à-dire le kérosène, un produit raffiné, ont bondi encore plus vite que ceux de l'or noir. Selon les données de l'Iata, les cours du « jet fuel » avaient grimpé de 132,1% sur un an lors de la semaine close le 2 avril, contre une progression de 88,3% pour le Brent.
Impact sur l'aéronautique
La plus forte progression sur le CAC 40 est signée par l'équipementier et motoriste Safran (+11,4%) tandis qu'Airbus surperforme également (+7%). Le conflit en Iran a malmené le secteur aéronautique pour plusieurs raisons, notamment la baisse du trafic aérien et la hausse des cours du pétrole.
Les équipementiers et motoristes, comme Safran, mais aussi l'allemand MTU Aero et le britannique Rolls Royce, tirent le gros de leur rentabilité de leurs services d'après-vente. La trêve de deux semaines sur le conflit au Moyen-Orient est donc positive pour le secteur.
Impact sur les banques
Les établissements bancaires sont bien présents parmi les plus fortes hausses, avec des entreprises comme Société Générale (+10,1%), BNP Paribas (+7,8%) et Crédit Agricole SA (+6,5%). Le secteur bancaire n'est pas directement concerné par le conflit au Moyen-Orient, mais il a pris le bouillon comme l'ensemble du marché après l'éclatement de la guerre.
Impact sur le luxe
Le secteur du luxe se réveille, avec des entreprises comme Hermès (+7,7%), LVMH (+6,9%) et Kering (+6,5%). Le Moyen-Orient représente 6% des ventes mondiales de produits de luxe, selon Bernstein. La guerre dans la région a évidemment supprimé une partie des ventes au Moyen-Orient, mais la baisse du trafic aérien a également obéré les dépenses de la clientèle du Golfe en Europe.
Impact sur l'automobile
Les constructeurs automobiles, tels que Renault (+7%) et Stellantis (+7,7%), repartent de l'avant après avoir été affectés par la guerre. La semaine dernière, Morgan Stanley jugeait que la guerre, en s'ajoutant à l'intensification de la concurrence des groupes chinois, avait créé « une tempête parfaite » pour les groupes automobiles en Bourse.
Impact sur Totalenergies
Totalenergies souffre et abandonne 5,5% à la Bourse de Paris, accusant de très loin la plus forte baisse du CAC 40. Le recul des prix de marché est synonyme de ventes moins élevées en valeur pour les majors qui avaient été portées précédemment par le bond des cours de l'or noir.
En conclusion, la trêve prolongée de deux semaines par le président américain Donald Trump et la réouverture espérée du détroit d'Ormuz ont provoqué des réactions marquées à la Bourse de Paris. Les groupes aériens, les banques, le luxe et l'automobile sont parmi les secteurs les plus affectés par ces événements. Il est important de suivre de près les développements dans la région pour comprendre les conséquences potentielles pour les marchés financiers.