Le Costa Rica, premier pays d'Amérique centrale à légaliser le mariage entre personnes de même sexe il y a six ans, fait volte-face. En effet, le mardi 7 avril, le gouvernement costaricain a annoncé son retrait du groupe de travail LGBTQI+ de l'Organisation des États américains (OEA), marquant ainsi un important changement de cap pour le pays, d'après les informations de Courrier International.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Costa Rica se retire du groupe de travail LGBTQI+ de l'OEA après avoir été pionnier en matière de droits des personnes LGBTQI+ en Amérique centrale.
  • Le ministre des Affaires étrangères costaricain justifie ce retrait par la priorisation d'autres enjeux jugés plus urgents sur la scène internationale.
  • Plusieurs organisations et collectifs dédiés aux droits LGBTQI+ critiquent vivement cette décision, soulignant une régression en matière de droits humains.

Un recul sur la scène internationale

C'est le ministre des Affaires étrangères du Costa Rica, Arnoldo André, qui a officiellement annoncé ce retrait. Il a expliqué cette décision en affirmant que, après avoir assuré une protection totale des droits des minorités au niveau national, il est nécessaire de se concentrer sur des problématiques jugées plus urgentes dans le contexte actuel de redéfinition des priorités sur la scène internationale, résume Infobae.

Cette prise de position a suscité de vives réactions de la part de plusieurs organisations et collectifs engagés dans la défense des droits LGBTQI+. Une déclaration commune émanant de 28 associations et 51 membres de la société civile a souligné que cette décision affaiblit considérablement les normes en matière de droits humains. De plus, l'argumentation avancée par le ministre Arnoldo André a été vivement contestée, étant qualifiée de "totalement fausse" et "infondée".

Des lacunes persistantes

Malgré des progrès réels ces dernières années, les organisations soulignent qu'il reste encore beaucoup à faire. Par exemple, la question de l'identité de genre n'est pas encore encadrée par une loi spécifique, laissant les personnes transgenres dans une situation juridique et institutionnelle précaire. De plus, l'absence d'une interdiction formelle des thérapies de conversion, condamnées par plusieurs instances internationales, est dénoncée par ces mêmes organisations.

Contexte régional

Cette décision du gouvernement costaricain s'inscrit dans un contexte régional marqué par un virage conservateur en Amérique latine. En effet, le nouveau président du Chili, José Antonio Kast, a récemment refusé de soutenir une déclaration de l'OEA en faveur des droits LGBTQI+, rompant ainsi avec une position maintenue pendant près d'une décennie, comme le souligne Infobae.

Et maintenant ?

Il reste à observer comment cette décision impactera la scène internationale et les droits des personnes LGBTQI+ au Costa Rica. Les réactions et prises de position à venir seront cruciales pour évaluer les conséquences de ce retrait du groupe de travail de l'OEA.

La décision du Costa Rica de se retirer du groupe de travail LGBTQI+ de l'OEA marque un revirement significatif dans la politique du pays, suscitant des inquiétudes quant à l'avenir des droits des personnes LGBTQI+ dans la région.