Un médicament déjà prescrit pour traiter l’insomnie, le lemborexant, pourrait-il jouer un rôle dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer ? Selon Top Santé, une étude publiée en 2025 révèle que cette molécule a permis de freiner certaines lésions cérébrales associées à cette pathologie neurodégénérative… du moins chez la souris.
Ce qu'il faut retenir
- Le lemborexant est un traitement commercialisé pour l’insomnie, utilisé sous le nom Dayvigo aux États-Unis.
- Une étude publiée en 2025 suggère que cette molécule pourrait ralentir certaines lésions cérébrales liées à Alzheimer chez la souris.
- Les résultats, bien que prometteurs, restent limités à un modèle animal et ne garantissent pas une efficacité chez l’humain.
- Les chercheurs soulignent que d’autres études sont nécessaires pour évaluer le potentiel réel de ce médicament.
D’après Top Santé, le lemborexant, commercialisé sous le nom de Dayvigo aux États-Unis, est un antagoniste des récepteurs de l’orexine indiqué dans le traitement de l’insomnie. Les données récentes, issues d’une étude publiée en 2025, suggèrent que cette molécule pourrait avoir un effet protecteur inattendu contre les lésions cérébrales associées à la maladie d’Alzheimer. Cependant, ces résultats, bien que encourageants, ont été obtenus sur un modèle murin et ne préjugent en rien de leur transposition chez l’humain.
L’étude en question, menée par une équipe de chercheurs, a mis en évidence une réduction de certaines lésions cérébrales chez des souris traitées au lemborexant. Ces lésions, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, incluent notamment l’accumulation de plaques amyloïdes et la neuroinflammation. Les auteurs de l’étude ont observé que les souris traitées présentaient une diminution de ces marqueurs pathologiques, comparées à un groupe témoin non traité. « Les résultats montrent une réduction significative des lésions cérébrales chez les souris sous lemborexant », a déclaré l’un des chercheurs, cité par Top Santé.
Un mécanisme d’action encore mal compris
Si l’effet protecteur du lemborexant sur le cerveau semble se confirmer dans cette étude, son mécanisme d’action reste à élucider. Le médicament agit normalement en bloquant les récepteurs de l’orexine, des neurotransmetteurs impliqués dans la régulation du cycle veille-sommeil. Or, les chercheurs supposent que cette inhibition pourrait également influencer des processus inflammatoires ou neuroprotecteurs dans le cerveau. « Nous ignorons encore si l’effet observé est directement lié à l’action sur les récepteurs de l’orexine ou s’il s’agit d’un effet secondaire », a précisé un membre de l’équipe de recherche.
Cette découverte soulève plusieurs questions quant à l’utilisation potentielle du lemborexant dans un cadre thérapeutique autre que l’insomnie. Cependant, Top Santé rappelle que les essais cliniques chez l’humain seront indispensables pour valider ces hypothèses. À ce stade, les chercheurs insistent sur le fait que ces résultats, bien que prometteurs, ne permettent pas de conclure à une efficacité chez l’humain. « Il est trop tôt pour parler de traitement contre Alzheimer », a souligné un expert en neurosciences.
Les limites des résultats actuels
Les auteurs de l’étude eux-mêmes tempèrent leurs conclusions. Si les résultats obtenus chez la souris sont encourageants, leur transposition à l’humain n’est pas garantie. En effet, les modèles animaux ne reproduisent pas toujours fidèlement les mécanismes physiopathologiques de la maladie d’Alzheimer chez l’humain. De plus, le lemborexant est actuellement étudié pour son action sur le sommeil, et non pour ses éventuels effets neuroprotecteurs. Autant dire que son repositionnement comme traitement contre Alzheimer nécessiterait des essais cliniques rigoureux et prolongés.
Par ailleurs, les chercheurs pointent les risques potentiels liés à l’utilisation prolongée de ce médicament. Bien que considéré comme sûr pour le traitement de l’insomnie, son administration sur le long terme pourrait entraîner des effets indésirables chez certains patients. « Une utilisation à grande échelle pour un usage non prévu initialement soulève des questions de sécurité », a rappelé un neurologue interrogé par Top Santé.
Pour l’instant, le lemborexant reste un médicament prescrit pour l’insomnie, et son utilisation pour d’autres indications doit encore faire ses preuves. Les résultats obtenus chez la souris, bien que prometteurs, ne suffisent pas à eux seuls à justifier un changement de pratique médicale. Comme le rappelle Top Santé, la recherche sur la maladie d’Alzheimer continue de progresser, mais les défis restent nombreux.
Oui, le lemborexant est approuvé et commercialisé sous le nom de Dayvigo aux États-Unis pour le traitement de l’insomnie. En Europe, son utilisation est également autorisée dans certains pays, bien que les indications puissent varier selon les réglementations locales.