Pour la première fois de son histoire, le Royal Danish Theatre, institution européenne majeure fondée en 1748, s’est produit à Astana, capitale du Kazakhstan. Selon Euronews FR, cette visite marque un moment clé dans l’émergence d’Astana comme plateforme de rencontre entre les traditions artistiques européennes et asiatiques.
Ce qu'il faut retenir
- Première représentation du Royal Danish Theatre à Astana, fondée en 1748, l’une des plus anciennes compagnies de ballet d’Europe
- Un gala de dix pièces a mis en avant l’héritage du chorégraphe danois August Bournonville, dont « La Sylphide » reste un pilier du répertoire mondial
- L’artiste invitée Selene Muñoz a fusionné flamenco et danse contemporaine lors d’un solo marquant
- Des masterclasses ont été organisées à l’Académie nationale kazakhe de chorégraphie pour partager la technique Bournonville avec des étudiants locaux
- Cette tournée a été facilitée par Meirambek Nazargozhayev, premier membre du Royal Danish Theatre né au Kazakhstan
Une première historique pour Astana, ville en quête de rayonnement culturel
Astana, qui s’impose depuis plusieurs années comme un carrefour entre l’Europe et l’Asie, a accueilli le Royal Danish Theatre lors d’une semaine dédiée aux arts de la scène. Selon Euronews FR, cette initiative s’inscrit dans la volonté de la capitale kazakhe de diversifier ses partenariats culturels et d’attirer des institutions de renom mondial. Le théâtre Astana Ballet, l’un des principaux lieux de spectacle d’Eurasie, a servi de cadre à ce gala exceptionnel.
Le Royal Danish Theatre, dont la réputation repose sur la préservation de la tradition Bournonville, a présenté un programme varié mêlant œuvres classiques et chorégraphies contemporaines. Parmi les pièces emblématiques figurent des extraits de « The Jockey Dance », « The Kermesse in Bruges » et « Premier danseur pas de deux », illustrant la richesse du répertoire danois. La ballerine Beatriz Domingues a souligné l’importance de cette démarche : « Nous avons apporté à Astana, depuis le Danemark, notre patrimoine culturel le plus précieux, notre art élevé. C’est un trésor national, et c’est pourquoi il est si important de le présenter à un public international. »
Un dialogue artistique entre deux univers : classique et flamenco-contemporain
Le gala du Royal Danish Theatre n’a pas été le seul moment fort de cette semaine culturelle. L’artiste invitée Selene Muñoz a offert une performance mêlant l’intensité du flamenco à des mouvements contemporains, créant un contraste saisissant avec l’élégance du ballet classique. Son solo, inspiré de ses racines espagnoles, a permis d’explorer une fusion inédite entre tradition et modernité.
« Je suis vraiment heureuse d’être ici à Astana et de partager mon travail avec le public », a déclaré Selene Muñoz. « Ce solo est très personnel pour moi, car il réunit mes racines espagnoles et le mouvement contemporain. C’est une manière pour moi d’exprimer d’où je viens et la façon dont je danse aujourd’hui. » Selon Euronews FR, cette diversité des styles reflète la volonté de la compagnie danoise de s’ouvrir à de nouvelles formes d’expression tout en restant ancrée dans son héritage.
Transmission et formation : la tradition Bournonville s’invite à l’Académie kazakhe
Au-delà du spectacle, le Royal Danish Theatre a engagé un volet pédagogique en organisant des masterclasses à l’Académie nationale kazakhe de chorégraphie. Ces séances, animées par des figures comme Dinna Bjorn et Eric Viudes, ont permis aux étudiants de découvrir les spécificités de la technique Bournonville, réputée pour son élégance et sa rigueur.
Dinna Bjorn, spécialiste reconnue de l’héritage Bournonville, a expliqué l’intérêt de ces échanges : « Ce qui rend cette tradition unique, c’est qu’elle peut se combiner avec d’autres styles. Je veux que les jeunes danseurs comprennent qu’ils peuvent interpréter le répertoire classique, y compris des éléments de l’école russe, ainsi que des œuvres contemporaines, tout en restant dans la tradition danoise. » Un point crucial au Kazakhstan, où l’école de ballet russe domine la formation depuis des décennies.
« Nous avons apporté à Astana, depuis le Danemark, notre patrimoine culturel le plus précieux, notre art élevé. »
Beatriz Domingues, ballerine du Royal Danish Theatre
Un Kazakh au Royal Danish Theatre : Meirambek Nazargozhayev, ambassadeur d’un pont culturel
La tournée du Royal Danish Theatre a été rendue possible grâce à l’implication de Meirambek Nazargozhayev, premier membre de la compagnie né au Kazakhstan. De retour sur scène dans son pays natal, il a interprété un solo intitulé « Loneliness », sur la Sonate au clair de lune de Beethoven, démontrant ainsi les liens étroits entre les deux cultures.
Selon Euronews FR, cette présence kazakhe au sein de l’institution danoise illustre une dynamique plus large : celle d’un échange culturel mutuellement enrichissant. « Nous nous sommes produits à Almaty l’an dernier et nous avons été profondément touchés par l’enthousiasme et l’accueil chaleureux. C’est une grande joie pour nous tous de revenir au Kazakhstan », a rappelé Beatriz Domingues, soulignant l’importance des retours positifs des publics locaux.
Reste à voir si cette dynamique se concrétisera par des projets concrets dans les mois à venir. Une chose est sûre : le Kazakhstan continue de se positionner comme un acteur clé dans le paysage culturel eurasien, attirant des institutions prestigieuses tout en valorisant son propre patrimoine artistique.
August Bournonville (1805-1879) est une figure majeure du ballet danois. Son style, marqué par l’élégance et la légèreté, a façonné l’identité du ballet classique au Danemark. Parmi ses œuvres les plus célèbres figure « La Sylphide », toujours jouée par les grandes compagnies mondiales, dont Astana Opera. Sa technique, encore enseignée aujourd’hui, repose sur des mouvements fluides et une grande expressivité.