Près de 25 000 spectateurs sont attendus à l’Accor Arena de Bercy ce week-end pour assister à un événement inédit en France depuis 1995 : un tournoi de sumo réunissant les meilleurs lutteurs du monde. 62 rikishi – c’est-à-dire les athlètes de cette discipline japonaise – s’affronteront sur le dohyo, un ring de terre circulaire, sous les yeux d’un public déjà conquis, selon Franceinfo – Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Un tournoi de sumo exceptionnel se tient à l’Accor Arena Bercy à Paris ce week-end, après 30 ans d’absence en France.
  • 25 000 spectateurs sont attendus pour assister aux combats des 62 meilleurs lutteurs (rikishi) du monde.
  • Cette discipline japonaise, vieille de 15 siècles, repose sur des rituels stricts, une alimentation colossale (plus de 8 000 calories par jour) et une philosophie de persévérance.
  • Le sumo a été introduit en France en 1995 sous l’impulsion de Jacques Chirac, qui appréciait ses valeurs de stratégie et de puissance.
  • Les lutteurs, pesant souvent plus de 200 kg, s’affrontent selon 82 prises autorisées pour remporter la victoire.

Un retour historique après trois décennies

Pour la première fois depuis 1995, les maîtres du sumo foulent à nouveau le sol parisien. Cette discipline, l’une des plus anciennes au monde, attire une foule nombreuse et enthousiaste. Les lutteurs, reconnaissables à leur chignon huilé et leur kimono ceinturé, enchaînent les apparitions médiatiques, posant devant la Tour Eiffel ou le musée du Louvre. « Je suis ravi que les Français s’intéressent à notre culture et à notre histoire », confie Atamifuji, un sumotori de haut niveau, dans les colonnes de Franceinfo – Sport.

Le tournoi, qui se déroule sur deux jours, promet des combats intenses et spectaculaires. Les rikishi s’affrontent dans un cercle de terre battue, le dohyo, où chaque geste compte. « C’est très intense, très rapide. On ne dispose que de peu de temps pour agir, et les combats sont très impulsifs », témoigne un spectateur présent sur place. Autant dire que l’ambiance sera électrique dans l’enceinte de Bercy.

Une discipline aux codes ancestraux

Le sumo ne se résume pas à de simples combats de lutte. C’est une tradition millénaire, où chaque détail compte. Avant chaque affrontement, les athlètes jettent une poignée de sel sur le ring pour purifier l’espace et éloigner les esprits malins. Leur alimentation, le chanko, est tout aussi codifiée : un repas composé de boulettes de poulet, de radis blanc, de carottes et d’oignons, représentant plus de 8 000 calories par jour. Objectif ? Atteindre un poids proche des 200 kg, une condition indispensable pour rivaliser au plus haut niveau.

Le sumo est aussi une philosophie de vie. Le proverbe japonais Keizoku wa shikara nari – « Persévérance fait force » – résume parfaitement cette discipline. Les lutteurs s’entraînent des années durant pour maîtriser les 82 prises autorisées et perfectionner leurs techniques. La victoire revient à celui qui parvient à faire tomber son adversaire ou à le sortir du cercle. Rien n’est laissé au hasard, pas même le choix de l’attaque : « On peut être volontairement lent pour surprendre l’adversaire, ou au contraire accélérer délibérément. Il y a une grande subtilité dans ces combats », explique Hato Oka, expert de la discipline.

Le sumo en France : l’héritage de Jacques Chirac

Si le sumo est aujourd’hui sous les projecteurs à Paris, c’est en grande partie grâce à l’ancien président Jacques Chirac. Ce dernier, séduit par les valeurs de stratégie et de puissance incarnées par cette discipline, avait organisé une première édition en 1995. Nicolas Sarkozy, en revanche, s’était montré plus critique, qualifiant les combats de « type obèse aux chignons gominés » et estimant que « ce n’est vraiment pas un sport intellectuel ». La présence ou non de l’ex-chef de l’État parmi les spectateurs de ce week-end reste à confirmer.

Pourtant, le sumo séduit de plus en plus en Europe. Outre la France, des tournois sont organisés en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, attirant un public toujours plus large. La discipline, qui mêle sport, culture et tradition, continue de fasciner bien au-delà des frontières japonaises. Ce week-end à Bercy, les amateurs pourront donc découvrir ou redécouvrir l’intensité et la beauté de ce sport unique au monde.

Et maintenant ?

Ce tournoi parisien marque-t-il le début d’une nouvelle ère pour le sumo en France ? Les organisateurs espèrent en tout cas capitaliser sur cet engouement pour développer la discipline dans l’Hexagone. Une chose est sûre : si l’événement rencontre le succès escompté, d’autres éditions pourraient suivre dans les années à venir. Reste à voir si cette première sera suivie d’autres, et si le public français confirmera son intérêt pour ce sport aussi exigeant que spectaculaire.

En attendant, les 62 rikishi présents à Bercy ont une mission : offrir aux spectateurs des combats dignes des plus grands tournois japonais. Et pour ceux qui souhaiteraient prolonger l’expérience, des démonstrations et ateliers pourraient être proposés dans les jours suivant l’événement.

Un sumotori est un athlète pratiquant le sumo, une discipline japonaise où les lutteurs s’affrontent sur un ring de terre. Contrairement à la lutte occidentale, le sumo repose sur des rituels stricts, une alimentation spécifique et des valeurs philosophiques. Les sumotori sont souvent plus lourds (jusqu’à 200 kg) et leur objectif est de faire sortir leur adversaire du cercle ou de le faire tomber.

D’après les organisateurs, des séances de démonstration et des ateliers pourraient être proposés après les combats principaux. Il est conseillé de consulter le programme officiel sur le site de l’Accor Arena pour connaître les horaires et les modalités d’accès.