Alors que le festival art et intelligence artificielle Noûs s’apprête à ouvrir ses portes à la Bibliothèque nationale de France (BnF) à Paris du 9 au 19 avril 2026, l’économiste Guillaume Chevillon, directeur académique du Metalab Institute for AI, Data and Society, met en garde contre les risques posés par les outils algorithmiques modernes. Dans un entretien accordé au Monde, il souligne les dangers des moteurs de recherche en ligne, des systèmes d’aide à la décision, des modèles de prévision et des outils d’IA générative, des dispositifs qu’il juge de plus en plus influents dans les choix individuels et collectifs.
Ce qu'il faut retenir
- Guillaume Chevillon, économiste et directeur du Metalab Institute, participe au festival Noûs à la BnF du 9 au 19 avril 2026.
- Il met en garde contre les moteurs de recherche en ligne, les dispositifs d’aide à la décision, les modèles de prévision et les outils d’IA générative.
- Ces technologies, selon lui, transforment notre rapport à l’information et aux choix quotidiens.
- L’événement Noûs est dédié à l’art et à l’IA, réunissant artistes, chercheurs et experts pour explorer les enjeux éthiques et sociétaux de ces outils.
Un festival dédié à l’art et à l’IA
Noûs, première édition d’un festival centré sur les liens entre art et intelligence artificielle, se tiendra à la Bibliothèque nationale de France du 9 au 19 avril 2026. Cet événement, qui rassemble des artistes, des chercheurs et des penseurs, vise à interroger les implications culturelles, sociales et éthiques des technologies émergentes. Parmi les participants figure Guillaume Chevillon, dont l’intervention portera sur les effets des algorithmes dans la société contemporaine.
Selon le Monde, l’économiste aborde notamment les biais intégrés dans ces systèmes, qui peuvent influencer les décisions médicales, judiciaires ou économiques sans que les utilisateurs en aient pleinement conscience. Pour lui, ces outils ne se contentent pas de répondre à des questions — ils façonnent aussi notre perception de la réalité.
Les algorithmes, des « miroirs déformants » de la société
Dans son entretien, Guillaume Chevillon compare les algorithmes à des « miroirs déformants » qui reflètent, mais aussi amplifient, les inégalités et les préjugés présents dans les données d’entraînement.
« Certains artistes transforment notre regard sur les algorithmes, en révélant leurs mécanismes ou en les détournant pour en faire des œuvres critiques »,explique-t-il. Il insiste sur le fait que ces technologies, souvent présentées comme neutres, sont en réalité le produit de choix humains — et donc sujets à des erreurs, des discriminations ou des manipulations.
L’économiste cite en exemple les algorithmes de recommandation des plateformes numériques, qui enferment les utilisateurs dans des « bulles de filtres », limitant leur exposition à des idées divergentes. Autant dire que ces dispositifs, loin d’être de simples outils techniques, jouent un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique.
IA générative : entre créativité et risques systémiques
Parmi les outils pointés du doigt par Guillaume Chevillon, les modèles d’IA générative occupent une place centrale. Ces systèmes, capables de produire des textes, des images ou des vidéos, soulèvent des questions majeures en matière de désinformation et de propriété intellectuelle. Le directeur du Metalab Institute rappelle que leur développement rapide pourrait, sans garde-fous, aggraver les inégalités d’accès à l’information ou faciliter la propagation de contenus trompeurs.
D’après le Monde, il plaide pour une régulation plus stricte, notamment en matière de transparence des algorithmes et de responsabilité des plateformes. Pour lui, les artistes ont un rôle clé à jouer dans cette dynamique : en déconstruisant ces outils, ils aident le public à en saisir les limites et les dangers.
Pour Guillaume Chevillon, la question n’est plus de savoir si l’IA transformera la société, mais comment elle le fera — et à quel prix. Entre innovation et contrôle, le débat est plus que jamais ouvert.
Le Metalab Institute est un centre de recherche académique dédié à l’étude des impacts sociaux, économiques et éthiques de l’intelligence artificielle, des données et des algorithmes. Fondé sous l’égide de l’École d’économie de Paris, il rassemble des experts en économie, en informatique et en sciences sociales pour analyser les enjeux liés au numérique.
