Longtemps présenté comme l’allié des sportifs pressés, l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT) voit son image quelque peu écornée. Si ses bienfaits cardiovasculaires, psychologiques et cognitifs ne sont plus à démontrer, des endocrinologues tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme sur son impact insidieux sur le taux de cortisol. Selon Top Santé, cette hormone du stress pourrait être significativement augmentée par ce type d’exercice, surtout lorsqu’il est pratiqué de manière intensive ou inadaptée. Une mise en garde qui invite à repenser notre rapport à ce type d’entraînement très prisé.

Ce qu'il faut retenir

  • Le HIIT est reconnu pour ses effets positifs sur le cœur, l’humeur et le cerveau.
  • Les endocrinologues alertent sur une possible augmentation du cortisol, hormone du stress, liée à sa pratique intensive.
  • Le cortisol en excès peut entraîner fatigue chronique, troubles du sommeil et prise de poids.
  • Les experts recommandent des ajustements dans la pratique pour limiter ce risque.
  • L’équilibre entre intensité et récupération reste le maître-mot pour une pratique saine.

Un exercice plébiscité… mais pas sans risques

Depuis plusieurs années, le HIIT s’est imposé comme une méthode d’entraînement star. Son efficacité, prouvée pour améliorer l’endurance et brûler des calories en un temps record, en a fait la coqueluche des salles de sport et des programmes en ligne. Selon une étude publiée en 2023 par l’American College of Sports Medicine, 30 minutes de HIIT trois fois par semaine suffisent à obtenir des résultats comparables, voire supérieurs, à ceux d’un entraînement modéré de plus longue durée. Pourtant, Top Santé révèle que cette pratique n’est pas sans conséquences sur notre organisme, notamment sur le plan hormonal.

Le cortisol, ce mal-aimé qui pourrait gâcher la fête

Le cortisol, souvent surnommé « hormone du stress », joue un rôle clé dans la régulation de l’énergie, de la tension artérielle et de la réponse immunitaire. Mais à haute dose, il devient un véritable ennemi. «

Un excès de cortisol peut favoriser la fatigue chronique, les troubles du sommeil, une prise de poids localisée au niveau abdominal, et même une dégradation de l’humeur
», explique le Dr Marie Dupont, endocrinologue et auteure d’une étude sur le sujet. D’après ses observations, rapportées par Top Santé, une séance de HIIT trop intense ou trop longue pourrait suffire à faire grimper dangereusement ce taux, surtout chez les personnes déjà soumises à un stress quotidien important.

Des recommandations pour une pratique plus sûre

Face à ce constat, les spécialistes insistent sur la nécessité d’adapter sa pratique. « Il ne s’agit pas de bannir le HIIT, mais de l’intégrer de manière raisonnée », précise le Dr Dupont. Plusieurs pistes sont avancées : limiter la durée des séances à 20-30 minutes maximum, éviter de les enchaîner sur plusieurs jours consécutifs, et privilégier des phases de récupération active. Autant dire que l’intensité ne doit pas rimer avec excès. Les experts recommandent également de surveiller les signaux envoyés par son corps : essoufflement excessif, douleurs articulaires persistantes ou sentiment de fatigue généralisée doivent inciter à lever le pied.

Autre conseil, souvent négligé : l’échauffement et la récupération. « Un bon entraînement ne se résume pas à l’effort, mais inclut aussi des phases de retour au calme », rappelle le Dr Dupont. Des étirements et des exercices de respiration peuvent aider à limiter la production de cortisol post-effort. Enfin, une hydratation suffisante et un sommeil de qualité jouent un rôle clé dans la régulation hormonale.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir émerger de nouvelles recommandations officielles sur la pratique du HIIT, notamment de la part des sociétés savantes d’endocrinologie et de médecine du sport. En attendant, les experts appellent à une prise de conscience individuelle. Les applications de suivi sportif, de plus en plus sophistiquées, pourraient intégrer des alertes personnalisées sur le stress hormonal. Une piste que certaines start-up commencent à explorer, avec des capteurs mesurant en temps réel l’impact des entraînements sur le corps.

Reste à savoir si les adeptes du HIIT seront prêts à sacrifier un peu de leur intensité au profit de leur équilibre hormonal. Une chose est sûre : dans l’univers du fitness, la modération pourrait bientôt devenir la nouvelle tendance.

Selon les endocrinologues cités par Top Santé, il est conseillé de ne pas dépasser deux à trois séances de 20 à 30 minutes par semaine, en veillant à bien espacer les jours d’entraînement pour permettre au corps de récupérer. L’idéal est d’alterner avec des activités plus douces comme la marche ou le yoga.