Les banques centrales ont intensifié leurs acquisitions d’or au mois de mai, avec un total de 41 tonnes achetées, selon le dernier rapport du World Gold Council, publié le 2 juillet 2026 et relayé par Cryptoast. Une dynamique qui reflète une stratégie de diversification des réserves de change face aux incertitudes géopolitiques et économiques persistantes depuis 2022.

Ce qu'il faut retenir

  • 41 tonnes d’or acquises en mai 2026 par les banques centrales, un volume en hausse par rapport aux mois précédents.
  • La Pologne (18 tonnes) et la Chine (10 tonnes) représentent près de 70 % des achats de mai.
  • 89 % des banques centrales anticipent une augmentation de leurs réserves d’or d’ici douze mois, selon une enquête du World Gold Council.
  • La France a rapatrié 129 tonnes d’or des États-Unis en mars 2026, générant une plus-value de 13 milliards d’euros.
  • Certains pays, comme la Turquie et la Russie, continuent de vendre une partie de leurs réserves, respectivement 81 tonnes et 34 tonnes depuis le début de l’année.

Des achats record motivés par des incertitudes économiques et géopolitiques

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les banques centrales ajustent progressivement la composition de leurs réserves de change. Une tendance qui s’est accélérée avec le retour de Donald Trump à la présidence américaine, explique Cryptoast, citant les données du World Gold Council. Plusieurs institutions financières réduisent ainsi leur exposition aux bons du Trésor américain, jugés plus risqués, au profit de l’or, considéré comme une valeur refuge.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où 45 % des banques centrales estiment que leurs réserves d’or augmenteront dans les douze prochains mois, selon la neuvième enquête 2026 du World Gold Council. Une dynamique qui touche également les pays d’Amérique latine, où une « nouvelle phase d’achats » se dessine.

La Pologne et la Chine en tête des acquisitions en mai

Parmi les principaux acteurs de cette hausse, la Pologne se distingue avec 18 tonnes d’or acquises en mai, portant son total à 64 tonnes depuis le début de l’année. La Chine, de son côté, a ajouté 10 tonnes à ses réserves, confirmant son rôle central dans cette tendance. Ces deux pays représentent à eux seuls près de 70 % des achats du mois.

Autre signe de cette dynamique, Singapour a effectué sa première acquisition depuis septembre 2025, avec 4 tonnes supplémentaires. Une diversification des réserves qui s’étend donc bien au-delà des frontières traditionnelles.

Des ventes qui persistent chez certains pays

Contrairement à cette tendance haussière, certains États continuent de réduire leurs stocks d’or. C’est notamment le cas de la Turquie, qui a cédé 3 tonnes en mai, portant son total à 81 tonnes depuis janvier 2026. La Russie suit une trajectoire similaire, avec 6 tonnes vendues en mai et un total de 34 tonnes depuis le début de l’année.

Ces ventes s’inscrivent dans des contextes économiques et politiques spécifiques, où certains pays préfèrent liquider une partie de leurs réserves pour répondre à des besoins immédiats ou ajuster leur stratégie monétaire.

La France mise sur le rapatriement de son or, générant une plus-value historique

En mars 2026, la Banque de France a annoncé le rapatriement de 129 tonnes d’or stockées aux États-Unis, représentant environ 5 % de ses réserves totales, estimées à 2 450 tonnes fin 2025. Une opération qui a permis de réaliser une plus-value de 13 milliards d’euros, selon les données officielles.

Cette décision s’inscrit dans une logique de souveraineté monétaire et de sécurisation des actifs, alors que les tensions géopolitiques et les remises en cause des accords internationaux incitent les États à privilégier les réserves physiques sur leur sol.

Vers une diversification accrue des réserves via les ETF or

Outre les achats directs, certaines banques centrales envisagent d’investir dans des ETF adossés à l’or, afin de bénéficier d’une liquidité supérieure et de coûts de stockage réduits. C’est notamment le cas de la Banque centrale de Corée, qui aurait finalisé les préparatifs nécessaires pour officialiser ce type d’opérations.

Cette approche pourrait se généraliser, notamment dans les pays où les infrastructures logistiques pour le stockage de l’or physique restent limitées ou coûteuses. Une tendance qui reflète l’adaptation des stratégies de réserve aux évolutions du marché.

Et maintenant ?

Les perspectives pour les douze prochains mois laissent entrevoir une poursuite de cette dynamique. 89 % des banques centrales interrogées par le World Gold Council s’attendent en effet à une augmentation de leurs réserves d’or, tandis que 45 % d’entre elles prévoient une hausse de leurs propres stocks. La question reste désormais de savoir si cette tendance se confirmera dans les pays émergents, où les achats pourraient s’intensifier sous l’effet de nouvelles incertitudes économiques ou monétaires.

L’or, traditionnellement perçu comme un actif de couverture en période de crise, confirme ainsi son rôle central dans les stratégies de réserve des États. Une tendance qui pourrait encore s’amplifier si les tensions géopolitiques persistent ou si les politiques monétaires des grandes puissances économiques continuent de diverger.

L’or est considéré comme une valeur refuge, car il conserve sa valeur sur le long terme et n’est pas directement exposé aux fluctuations des devises ou des marchés financiers. En période d’incertitude géopolitique ou économique, les États privilégient donc ce métal pour sécuriser une partie de leurs réserves de change.

Le principal risque réside dans la volatilité du prix de l’or, qui peut fluctuer en fonction des conditions économiques et des politiques monétaires. Une hausse brutale des taux d’intérêt pourrait, par exemple, réduire l’attrait de l’or au profit d’actifs plus rémunérateurs. Par ailleurs, les coûts de stockage et de sécurisation des réserves physiques restent élevés pour certains pays.