Les emballages alimentaires en plastique figurent parmi les principaux responsables de la pollution des océans, révèle une étude inédite publiée ce 20 mai dans la revue One Earth. Selon Reporterre, qui relaie ces travaux, cette recherche marque la première tentative de classement des déchets marins à l’échelle mondiale par type d’usage. Menée à partir de plus de 5 000 enquêtes réalisées sur les déchets côtiers, l’étude couvre les sept continents et 112 pays, couvrant ainsi 86 % de la population mondiale.

Ce qu'il faut retenir

  • Les emballages alimentaires en plastique représentent la principale source de pollution plastique des océans, selon une étude publiée le 20 mai 2026 dans One Earth.
  • L’étude s’appuie sur plus de 5 000 enquêtes menées sur les déchets côtiers à travers le monde.
  • Les données couvrent 112 pays, soit 86 % de la population mondiale.
  • Cette recherche est la première à classer les déchets marins par type d’utilisation à l’échelle planétaire.

Une méthodologie inédite pour évaluer la pollution plastique

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé des milliers de déchets collectés sur les littoraux, en identifiant leur origine et leur usage principal. Selon Reporterre, cette approche a permis de distinguer clairement les emballages alimentaires des autres types de plastiques, comme les bouteilles ou les emballages industriels. « Cette classification par usage est essentielle pour cibler les sources de pollution et proposer des solutions adaptées », a expliqué l’un des auteurs de l’étude, cité par Reporterre.

Les résultats montrent que les emballages alimentaires représentent une part disproportionnée des déchets plastiques retrouvés en mer, devant les contenants de boissons ou les produits d’hygiène. Autant dire que leur omniprésence dans les zones côtières et leur faible taux de recyclage en font un enjeu majeur pour les écosystèmes marins.

Un phénomène global, mais des disparités locales marquées

Si l’étude confirme l’ampleur du problème à l’échelle mondiale, elle révèle aussi des différences importantes entre les régions. Les pays à forte densité urbaine et à consommation élevée de produits emballés concentrent naturellement une quantité plus importante de ces déchets. Les côtes asiatiques, par exemple, apparaissent comme les plus touchées, en raison de leur industrialisation rapide et de leurs systèmes de gestion des déchets encore perfectibles.

À l’inverse, certaines zones moins peuplées ou dotées de politiques environnementales strictes affichent des niveaux de pollution bien moindres. « Les résultats soulignent l’importance des politiques publiques locales dans la lutte contre la pollution plastique », a précisé un chercheur interrogé par Reporterre. — Ces politiques peuvent aller de l’interdiction des plastiques à usage unique à l’amélioration des infrastructures de recyclage.

Des solutions existent, mais leur mise en œuvre reste inégale

Face à ces constats, les auteurs de l’étude appellent à une action coordonnée entre les États, les industries et les consommateurs. Plusieurs pistes sont évoquées : l’extension des systèmes de consigne, l’adoption de matériaux biodégradables ou encore le renforcement des contrôles sur les décharges côtières. « La transition vers des emballages plus durables est possible, mais elle nécessite des investissements et une volonté politique forte », a indiqué un expert en gestion des déchets.

Pourtant, malgré l’urgence de la situation, les progrès restent lents. En Europe, par exemple, seulement 30 % des emballages plastiques sont actuellement recyclés, selon les dernières données disponibles. Bref, le chemin à parcourir reste long, même si des initiatives locales montrent que des changements sont possibles.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances internationales pourraient influencer la trajectoire de cette pollution dans les mois à venir. La prochaine réunion des Nations unies sur les déchets plastiques, prévue en 2026, pourrait déboucher sur de nouveaux engagements contraignants pour les États. Par ailleurs, l’Union européenne doit finaliser d’ici la fin de l’année ses règles sur les emballages réutilisables, un texte qui pourrait accélérer la sortie des plastiques à usage unique dans les pays membres.

Côté entreprises, les géants de l’agroalimentaire et de la grande distribution sont sous pression pour réduire leur empreinte plastique. Certains ont déjà annoncé des objectifs ambitieux, comme la suppression totale des emballages non recyclables d’ici 2030. Reste à voir si ces promesses se traduiront par des actes concrets à grande échelle.

En attendant, les océans continuent de subir les conséquences de cette pollution, avec des répercussions déjà visibles sur la faune marine et la santé humaine. La question n’est plus de savoir si des mesures doivent être prises, mais à quelle vitesse elles pourront être déployées.

Selon l’étude, ce sont principalement les films plastiques, les sachets souples et les barquettes alimentaires qui dominent les déchets retrouvés en mer. Ces emballages, souvent légers et difficiles à recycler, s’accumulent rapidement sur les côtes et dans les gyres océaniques.