Alors que la campagne présidentielle de 2027 s’ouvre sans Emmanuel Macron, empêché par la Constitution de briguer un troisième mandat consécutif, ses derniers fidèles s’attellent à pérenniser son héritage politique. Selon Le Figaro - Politique, des initiatives variées émergent pour maintenir la cohésion du mouvement macroniste, tout en anticipant une éventuelle captation du parti Renaissance par Gabriel Attal, figure montante de la majorité.

Ce qu'il faut retenir

  • Un pot de retrouvailles est prévu « avant ou après l’été » pour rassembler les anciens membres des campagnes de 2017 et 2022, piloté par Grégoire Potton, conseiller politique à l’Élysée.
  • Ces démarches visent à contrebalancer l’influence croissante de Gabriel Attal au sein du parti Renaissance, alors que le divorce entre Élisabeth Borne et l’ancien Premier ministre divise la majorité.
  • Un projet de pèlerinage mémoriel est évoqué pour marquer les dix ans de la création d’En Marche, en avril 2016, comme symbole de continuité.
  • Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte de multiplication des ambitions individuelles au sein de la majorité, selon les déclarations d’Élisabeth Borne.

Des pots de retrouvailles pour entretenir la flamme macroniste

Début avril 2026, à l’occasion du dixième anniversaire de la fondation du parti En Marche, les anciens collaborateurs des campagnes présidentielles de 2017 et 2022 ont reçu un mail signé par Grégoire Potton, actuel conseiller politique à l’Élysée. Ce dernier, discret logisticien des deux victoires d’Emmanuel Macron, a également organisé des rassemblements informels en début d’année pour réunir les salariés de la campagne de 2022 autour d’un verre. Ces rencontres, qualifiées de « pots de retrouvailles », s’inscrivent dans une volonté de maintenir les liens entre les artisans de la première heure, alors que le parti doit faire face à l’échéance de 2027 sans son fondateur.

Selon des proches du dossier, Grégoire Potton chercherait ainsi à « faire vivre la flamme » et à animer les réseaux macronistes, tout en préparant l’après-Macron. Un autre rassemblement, plus large cette fois, est annoncé pour « avant ou après l’été », afin de rassembler les acteurs des deux campagnes victorieuses. Une manière de rappeler l’importance de l’engagement collectif, alors que les divisions internes menacent la cohésion du mouvement.

Un mouvement en quête de leadership post-Macron

Avec l’absence d’Emmanuel Macron de la course à l’Élysée, la question de la succession devient centrale. Gabriel Attal, qui a occupé les postes clés de Premier ministre et ministre de l’Éducation nationale, est perçu comme l’un des favoris pour prendre la tête du parti Renaissance. Cependant, cette perspective divise la majorité, notamment depuis le conflit ouvert entre Élisabeth Borne et l’ancien chef du gouvernement, qui a abouti à leur rupture politique en mai 2026.

D’après Le Figaro - Politique, certains fidèles de Macron tentent de structurer des alternatives pour éviter une captation totale du parti par Attal. Des discussions informelles évoquent même l’idée d’un « pèlerinage mémoriel » pour célébrer les dix ans d’En Marche, en référence à la création du mouvement en avril 2016. Un symbole fort, alors que le parti doit se réinventer pour survivre à l’absence de son fondateur.

Ces initiatives restent pour l’instant informelles, mais elles reflètent une volonté de préserver l’identité politique macroniste, marquée par l’ouverture et le progressisme. Reste à savoir si ces réseaux pourront s’unir face aux ambitions individuelles qui se multiplient au sein de la majorité.

Les divisions de la majorité : un frein à la structuration ?

La situation politique actuelle est marquée par des tensions croissantes entre les figures de la majorité. Élisabeth Borne, ancienne Première ministre, a récemment dénoncé « la multiplication des aventures individuelles » au sein du camp présidentiel, un constat partagé par plusieurs observateurs. Selon elle, ces divisions pourraient nuire à la crédibilité du mouvement face à une opposition en pleine recomposition.

Dans ce contexte, les initiatives des fidèles de Macron prennent une dimension stratégique. Elles visent non seulement à maintenir les liens entre les anciens collaborateurs, mais aussi à proposer une alternative crédible à la ligne portée par Gabriel Attal. Un défi de taille, alors que le parti Renaissance doit se préparer à affronter les élections municipales de 2026, puis la présidentielle de 2027 sans son leader historique.

Pour l’instant, ces projets restent à l’état de discussions, mais ils illustrent la quête de sens d’un mouvement en pleine mutation. Entre nostalgie et pragmatisme, les macronistes doivent désormais choisir entre unité et dispersion.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si ces initiatives informelles parviendront à se structurer en un réseau influent. Les élections municipales de 2026 pourraient offrir une première occasion de tester l’influence des fidèles de Macron, notamment dans les grandes villes où le parti Renaissance a encore des bastions. Par ailleurs, la désignation du candidat officiel de la majorité pour 2027 devrait clarifier les rapports de force internes. Reste à voir si Gabriel Attal parviendra à s’imposer comme l’héritier naturel, ou si une frange du mouvement optera pour une stratégie alternative.

En attendant, les macronistes devront naviguer entre mémoire et modernité, entre fidélité à l’ancien président et adaptation à un nouveau paysage politique. Une équation complexe, alors que l’horizon de 2027 se profile.

Grégoire Potton, trentenaire, est un conseiller politique à l’Élysée. Il a été logisticien lors des campagnes présidentielles de 2017 et 2022 d’Emmanuel Macron. Depuis plusieurs mois, il s’active pour maintenir les liens entre les anciens collaborateurs et organise des rassemblements informels, comme les « pots de retrouvailles », afin de préserver la cohésion du mouvement macroniste.

La principale menace réside dans les divisions internes, notamment avec l’ascension de Gabriel Attal, perçu comme un rival potentiel pour la direction du parti. Par ailleurs, l’absence d’Emmanuel Macron de la course à la présidentielle affaiblit la légitimité historique du mouvement, qui doit désormais se réinventer pour survivre.