Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé jeudi soir à la télévision américaine « ne pas avoir l'intention », à ce stade, de fermer le détroit d'Ormuz, selon nos confrères de BFM Business. Cependant, les intentions de l'Iran restent floues, avec des déclarations contradictoires ces derniers jours émanant d'un appareil politique et militaire dégradé par les attaques américaines et israéliennes.

Les menaces qui planent sur le détroit d'Ormuz sont nombreuses, alors que les Américains et les Européens tentent de former une coalition afin de sécuriser la sortie du détroit. Mais une telle opération est pour l'instant « extrêmement difficile à mettre en œuvre » selon des analystes et des sources militaires, comme le rapporte BFM Business.

Ce qu'il faut retenir

  • Le détroit d'Ormuz est une voie de navigation essentielle, avec près de 20% du brut mondial et du gaz naturel liquéfié (GNL) qui y transite.
  • Les intentions de l'Iran sont difficilement lisibles, mais le pays dispose de mines, missiles, drones et sous-marins qui font peser des menaces variées sur la navigation dans le détroit.
  • Les Américains et les Européens tentent de former une coalition pour sécuriser la sortie du détroit, mais une telle opération est « extrêmement difficile à mettre en œuvre ».

Les défis de la sécurisation du détroit

Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), a affirmé dans un entretien à l'AFP que « 3.000 navires » se trouvent dans la zone, dont « environ 200 » au mouillage en attendant de passer le détroit, et « 1.200 qui opèrent exclusivement dans la région ».

Les menaces qui pèsent sur la navigation dans le détroit d'Ormuz sont variées, selon une source militaire européenne auprès de l'AFP. Elles « peuvent être de quatre ordres » : « Aérienne avec des drones, missiles, munitions téléopérées » ; « De surface avec encore des drones et les centaines de petites embarcations des Pasdaran (nom farsi des Gardiens de la révolution, ndlr) qui peuvent être armées de missiles ou être utilisées pour poser des charges contre les coques » ; « Sous-marine à partir des sous-marins de poche iraniens dont on ignore s'ils ont tous été détruits ou des drones » ; « Et des mines » qui peuvent être soit flottantes, soit magnétiques, et « qui constitueraient le pire scénario ».

Les options pour la sécurisation du détroit

Plusieurs options sont possibles, selon la même source : « Des patrouilles de frégates sans escorte spécifique, ou des escortes (de navires) par des bâtiments de surface qui permettront de traiter les trois premières menaces. Le tout éventuellement complété par des moyens aériens ou aéromaritimes ».

En cas de minage du détroit, on passerait « forcément par des convois précédés par des chasseurs de mines ou l'établissement de corridors sûrs par des chasseurs de mines avant de faire transiter des navires de commerce ».

La situation actuelle

Donald Trump a affirmé mardi que « si nécessaire, la marine américaine commencera à escorter les pétroliers dans le détroit d'Ormuz dès que possible ». Emmanuel Macron a de son côté affirmé, mardi, être « à l'initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ces voies maritimes essentielles » que sont le détroit d'Ormuz, le canal de Suez et la Mer Rouge.

Cependant, « pour l'instant, il ne se passe absolument rien » à ce sujet, souligne Dirk Siebels, du cabinet de conseil Risk Intelligence. Et une telle opération « serait extrêmement difficile à mettre en œuvre », souligne-t-il.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l'issue de cette situation. Les Américains et les Européens devront trouver un moyen de sécuriser le détroit d'Ormuz sans aggraver la situation. Les réactions de l'Iran et des autres pays de la région seront également à suivre de près.

En conclusion, la situation dans le détroit d'Ormuz est complexe et volatile. Les menaces qui pèsent sur la navigation dans cette voie de navigation essentielle sont variées et difficiles à contrer. Les Américains et les Européens devront trouver un moyen de sécuriser le détroit sans aggraver la situation, mais pour l'instant, il est difficile de prévoir comment cela se passera.