Selon BMF - International, la question de la capacité de l’Iran à perturber les infrastructures critiques des télécommunications sous-marines s’est imposée cette semaine dans le débat géopolitique, alors que Téhéran multiplie les gesticulations dans le détroit d’Ormuz et au-delà. Donald Trump a d’ailleurs ordonné hier aux forces américaines de « détruire » tout navire iranien repéré en train de poser des mines dans cette zone stratégique, après avoir affirmé que Washington « contrôle totalement » ce passage maritime. Autant dire que la tension régionale, déjà élevée, vient de franchir un nouveau seuil.
Ce qu'il faut retenir
- 1 639 exécutions en 2025 : Bernard Guetta, eurodéputé Renew et spécialiste de géopolitique, a rappelé que le régime iranien, qu’il juge « moins solide qu’il n’y paraît », a procédé à ce nombre record d’exécutions l’an dernier, selon des données officielles.
- Mines dans le détroit d’Ormuz : La présence de mines dans cette voie maritime, par laquelle transite près de 20 % du trafic pétrolier mondial, fait l’objet de vives tensions, notamment après des accusations portées contre l’Iran.
- Attaques potentielles sur les câbles sous-marins : Plusieurs responsables et analystes s’interrogent désormais sur la capacité de Téhéran à saboter les câbles sous-marins, qui acheminent 99 % des communications Internet à l’échelle mondiale.
- Réactions internationales : Emmanuel Macron a appelé à une « réouverture du détroit d’Ormuz dans la durée », tandis que Donald Trump a réaffirmé le contrôle américain sur la zone, malgré les provocations iraniennes.
- Nouveau Guide suprême iranien : Mojtaba Khamenei, désigné comme nouveau Guide suprême, vivrait « totalement caché » et présenterait des troubles de l’élocution, selon des sources diplomatiques.
- Incident diplomatique à Berlin : Reza Pahlavi, opposant historique au régime iranien, a été aspergé de liquide rouge à l’issue d’une conférence de presse, un acte condamné par plusieurs capitales européennes.
Des mines dans le détroit d’Ormuz, une menace persistante
Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est un point de passage incontournable pour le transport maritime mondial, notamment pétrolier. Donald Trump a réagi avec fermeté en ordonnant hier la destruction de tout navire iranien repéré en train de poser des mines dans cette zone. « Les États-Unis contrôlent totalement le détroit d’Ormuz », a-t-il affirmé, alors que des explosions suspectes y ont été signalées ces derniers jours. Emmanuel Macron, présent au Conseil européen informel à Chypre, a pour sa part plaidé pour une « réouverture du détroit d’Ormuz dans la durée », excluant toute solution de force ou de blocus ciblé.
Selon BMF - International, cette situation rappelle les tensions de 2019, lorsque l’Iran avait menacé de bloquer le détroit en représailles aux sanctions américaines. Cette fois, le contexte est différent : les câbles sous-marins, infrastructures critiques pour l’Internet mondial, pourraient devenir une cible privilégiée.
L’Iran, une menace crédible pour les câbles sous-marins ?
La question de la capacité de l’Iran à saboter les câbles sous-marins ne relève plus de la spéculation. Plusieurs experts, dont Thomas Couvin, ancien plongeur-démineur de la Marine nationale, rappellent que Téhéran dispose de moyens techniques pour intercepter ou sectionner ces câbles, notamment via des plongeurs ou des drones sous-marins. « Les câbles sont vulnérables, car ils sont posés à des profondeurs accessibles à des plongeurs entraînés », explique-t-il. Bernard Guetta, eurodéputé, a d’ailleurs souligné que le régime iranien, « moins solide qu’on ne le croit », pourrait être tenté par une telle action pour tester la réaction internationale.
Côté américain, Donald Trump a assuré que Washington « surveillait étroitement » la situation, sans préciser si des mesures préventives avaient été prises pour protéger ces infrastructures. Une attaque contre les câbles sous-marins aurait des conséquences mondiales, perturbant non seulement les communications, mais aussi les transactions financières et les services en ligne.
Un régime iranien affaibli mais toujours dangereux
Le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, vit « totalement caché » et souffrirait de problèmes d’élocution, selon des sources diplomatiques citées par BMF - International. Cette situation, couplée au nombre record d’exécutions en 2025 (1 639 selon les dernières estimations), révèle une fragilité interne du régime. Bernard Guetta a d’ailleurs rappelé que « un régime fort n’exécute pas autant de personnes », suggérant une instabilité croissante à Téhéran.
Dans ce contexte, les provocations régionales – mines dans le détroit d’Ormuz, attaques contre des navires ou tentatives d’intimidation – pourraient être interprétées comme des tentatives de diversion ou des signaux de faiblesse. Reza Pahlavi, figure de l’opposition iranienne, en a fait les frais hier à Berlin, où il a été aspergé de liquide rouge lors d’une conférence de presse. Un incident condamné par plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, qui a convoqué l’ambassadeur iranien en signe de protestation.
Une bataille de communication entre Téhéran et Washington
L’escalade actuelle s’inscrit dans une guerre d’influence entre l’Iran et les États-Unis, avec des coups portés sur le plan médiatique autant que militaire. Donald Trump a multiplié les déclarations belliqueuses, tandis que Téhéran dément toute implication dans les incidents récents. Un pétrolier apatride, arraisonné par les forces américaines, illustre cette bataille de communication : chaque camp accuse l’autre de propagande.
Selon BMF - International, la communauté internationale reste divisée sur la réponse à apporter. Si l’Union européenne prône la diplomatie, les États-Unis affichent une fermeté qui rappelle la politique de « pression maximale » menée sous l’administration Trump. Reste à savoir si cette stratégie suffira à dissuader Téhéran, ou si elle risque au contraire d’aggraver les tensions.
Pour l’heure, ni Washington ni Téhéran ne semblent prêts à céder, laissant planer le risque d’un incident aux conséquences imprévisibles. L’histoire récente montre que les crises régionales ont souvent dégénéré par accident – et les câbles sous-marins pourraient bien être la prochaine cible.